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Jacques Mahul (Focal) : « Je réinvestis dans les nouvelles technologies »

Loire le 10 juillet 2014 - Denis Meynard - Actualités - article lu 2827 fois

Jacques Mahul (Focal) : « Je réinvestis dans les nouvelles technologies »
Jacques Mahul va installer le siège de Good Sound à Saint-Etienne (© Denis Meynard)

Le fondateur de Focal, numéro un français des hauts parleurs et des enceintes acoustiques haut de gamme, présente le fond d'investissement qu'il a créé et baptisé Good Sound.

Pourquoi avoir choisi le nom de Good Sound ?

Il fait référence à l’univers du son d’où je viens, mais je ne vais pas investir dans des entreprises concurrentes de Focal, dont je reste vice-président en charge des relations extérieures et de la stratégie, car je n’y tiens pas et parce qu’une clause de non-concurrence me l’interdit. Par ailleurs Good Sound correspond à la traduction en anglais des deux syllabes du nom de la commune de Bonson où j’habite.

Quelle est la vocation de ce fond ?

C’est une société d’investissement tournée vers les nouvelles technologies. Notamment l’audiovisuel et les télécoms, à la fois par goût personnel et aussi parce que j’y suis connu et j’y ai un réseau. Good Sound est un « family office » qui dispose d’un capital de 6,3 M€, adossé à une famille, autour de moi et de mes enfants que je compte associer pour une participation directe dans la gestion, la participation opérationnelle, ou sous forme d’expertise. Aucun d’entre eux n’a pu trouver sa place au sein de Focal pour différentes raisons, notamment de timing. Mon fils aîné, dirige un centre de calcul à l’université de Clermont-Ferrand. Mes trois filles, aujourd’hui âgées de 25 à 30 ans, étaient encore jeunes lorsque j’ai engagé le processus de cession.

La création de Good Sound obéit aussi à des considérations fiscales. Cela me permet un report de l’acquittement des plus values sur la vente de mes actions, si j’investis 50 % du capital social de la société, dans les deux ans, sur le territoire de l’Union européenne. Je privilégierai la complémentarité des projets entre eux.

Quelles cibles privilégiez-vous ?

Cela ira de l’accompagnement de start-ups à des prises de participations substantiellement minoritaires dans des sociétés qui ont besoin d’un second souffle, avec un poste au conseil d’administration ou au conseil de surveillance. Mais a priori ma volonté est de ne pas m’impliquer au plan opérationnel. La participation à une création ex-nihilo ? Ce serait un peu la cerise sur le gâteau.

Au départ, tout en m’appuyant sur des compétences extérieures, je vais m’occuper de la gestion du fond pour lequel je vais prendre un bureau à Saint-Etienne. Par la suite, faire appel à quelqu’un qui aurait le profil d’un ex-cadre bancaire pourrait se révéler un bon choix.
Le ticket minimum sera de 250 000 €, en direction d’entreprises industrielles ou de service plutôt que du commerce. J’exclus les secteurs de la santé, de la pharmacie ou des biotechnologies que j’appréhende mal.

La perspective d’investir aussi en dehors de la France, en Europe, me plait. Mais les entreprises y ont des structures juridiques qui privilégient la transmission familiale, sans schéma participatif ouvert aux fonds.

Avez-vous déjà identifié des sociétés où investir ?

J’ai d’ores et déjà deux dossiers très avancés pour lesquels une prise de participation, à chaque fois de 500 000 €, doit intervenir avant la fin de l’année. Le premier concerne la société UbiCast, en région parisienne, spécialisée dans la captation d’images sur le web et leur retransmission enrichie pour une clientèle d’universités ou de conseils d’administration. La prise de participation suivante, également à la faveur d’une augmentation de capital, devrait concerner une société existante de l’audio-visuel installée en Province.

Propos recueillis par Denis Meynard

Focal, une transmission bien préparée

Avant de céder, fin avril, la participation de 41 % qui lui restait dans Focal, Jacques Mahul avait réalisé deux précédentes cessions de titres. La première étape de cette stratégie guidée par le souci de réussir sa transmission, en maintenant le management, a eu lieu en 2001, avec la vente de près de 20 % du capital. Une seconde est intervenue fin 2007, dans le cadre d’un MBO. Elle a permis l’arrivée de cash pour faire une acquisition et renforcer le groupe. « Au début de ma carrière, j’ai été marqué par la disparition d’Audax, le leader européen du haut-parleur, chez qui je travaillais à Montreuil, à la suite du départ mal préparé de son manager », explique-t-il.



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