Fermer la publicité

J.-C. Tissot (Gauche démocrate et socialiste) : « réorienter les dépenses à l'économie »

Loire le 07 mars 2015 - Xavier ALIX - Politique - article lu 207 fois

J.-C. Tissot (Gauche démocrate et socialiste) : « réorienter les dépenses à l'économie »
XA - J.-C. Tissot, pour l'instant seul candidat connu au PS à la candidature de la présidence du Département

Le groupe d'opposition « Gauche démocrate et socialiste », qui compte 11 conseillers PS sur 12 élus, n'est pas parvenu à rassembler l'ensemble des forces de gauche ligérienne sous une bannière unique. Malgré un programme qui se veut très à gauche et que son président, Jean-Claude Tissot, détaille dans cet entretien.

Vous espériez réunir au sein de listes communes PS, EELV et Front de gauche. Vous n’y êtes parvenus que très partiellement…

Certes, mais je ne sais pas si on peut parler d’échec. L’objectif était effectivement de rassembler le plus possible pour présenter, à gauche, une voix unique, moins dissonante et contrer le FN. Rappelons-le : il faut obtenir 12,5 % des inscrits pour être d’un second tour où je crains ne voir apparaître que les deux listes en tête du premier… Avec le Front de Gauche, nous ne sommes pourtant pas si éloignés : nous avons voté la même chose à plus de 99 % durant 6 ans ! C’est dommage et préjudiciable pour eux comme pour nous. J’en prends acte. Nous n’avons pas plus de divergences avec EELV avec qui nous avons d’ailleurs travaillé ensemble des points de notre programme. Là aussi, il est dommage de ne pas être parvenu à davantage d’union. Notamment dans le Roannais…

Conséquence : le FN n’est-il pas désormais une menace avant tout pour votre formation plus qu’il ne l’est désormais pour la droite ?

Je ne pense pas que le FN soit plus menaçant à cette élection qu’une autre : en pourcentage à craindre certes mais sans doute pas en voix absolues. Le problème, c’est que les autres électeurs risquent de ne pas aller voter. On peut donc imaginer des « 21 avril » dans tous les sens. Y compris pour l’UPL (Droite, majorité actuelle, Ndlr). On se laisse trop endormir par ce « ronron » autour du FN. Continuons à la combattre de toutes nos forces.   

Vous présentez pour cela un programme résolument très à gauche… 

Même si, en gros, un tiers de nos listes présente de nouveaux visages, et pas forcément d’anciens suppléants, nous sommes plusieurs sortants, forts de leur expérience de terrain et de l’écoute des gens, à avoir longuement travaillé à ce programme. Il y a aussi des propositions de 2011 plus que jamais d’actualité : favoriser une gestion publique de l’eau, développer le numérique dans les collèges, les voies vertes… Quand j’ai dit que nous souhaitons « créer un mètre de piste cyclable pour chaque mètre de voirie rénovée », c’est un slogan. Evidemment, toutes les voies ne s’y prêteront pas. Ce que nous voulons, c’est que, fondamentalement, il y ait réflexion à chaque création ou rénovation de voirie, afin d’accompagner systématiquement la voie automobile quand c’est pertinent. Et non que ces pistes cyclables soient abordées comme du « bonus ».

Vous souhaitez aussi favoriser la gestion publique de l’eau. Par quels moyens, cette gestion relevant de la compétence communal ou intercommunale ?

Aujourd’hui, le Département aide les intercommunalités, les communes, les syndicats par des subventions sur la création de réseaux. Nous souhaitons conditionner cette aide incontournable à la mise en place de régies publiques. Une incitation forte qui fonctionne très bien dans d’autres départements comme dans les Landes depuis 20 ans. Le but, c’est la baisse des coûts. L’intérêt des Ligériens est notre objectif n°1. Maîtriser l’eau qu’on boit, c’est fondamental, comme l’alimentation. Là aussi, nous proposons, comme en 2011, la mise en place d’une plateforme d’approvisionnement départementale faisant l’intermédiaire entre producteurs agricoles locaux et les intendances des maisons de retraite du Département et des collèges. Les premiers, qui le demandent, n’ont pas accès au marché des seconds en raison de la complexité du code des marchés publics. La logique de plateforme peut les aider et s’ouvrir évidemment à d’autres acteurs publics. De même avec les transports, il faut une billetterie unique pour aller de Charlieu à Lyon en prenant le bus, le TER et le tram. Cela devait être le cas avec la carte OùRA mais l’idée  piétine. Encore faut-il avoir la volonté de travailler avec les autres…

« Nous finançons l’aéroport pour peu de bénéfices »

 

D’autres propositions que vous aimeriez souligner ?

Dans les collèges, créer des casiers systématiques afin de soulager les cartables et doubler le jeu des livres. Pour les personnes âgées, renforcer un soutien insuffisant afin de les aider à vivre à domicile le plus longtemps possible avec l’adaptation de leur logement, le soutien accru aux associations de maintien. Et des aidants familiaux aussi avec la mise en place d’accueils de jours pour les soulager.

Ces projets ont forcément des coûts. Comment les financer ?

Rien qu’en retirant les 1,2 M€ annuels donnés à la gestion de Bouthéon, il y a de quoi financer 60 000 heures de travail à domicile. 6 ans que nous le disons : nous finançons cet aéroport pour peu de bénéfices. Non pas qu’il ne sert absolument à rien mais l’attractivité dégagée ne justifie pas cet investissement public. Pour parler « économie » justement, la nouvelle organisation territoriale doit transférer cette compétence à la Région. Nous pensons que le Département peut ainsi réorienter  les 10 M € dépensés chaque année dans ce domaine - car rien indique que la part de ressource CVAE sera transférer à la Région - et cantonner son action économique à l’aide aux commerces ruraux et des quartiers urbains ainsi qu’à l’Economie sociale et solidaire qui représente déjà 12-13 % des emplois dans la Loire.

Propos recueillis par Xavier Alix



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide