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Théâtre : itinéraire d'un Palestinien israélien

Loire le 11 avril 2015 - Florence Barnola - Spectacle, Théâtre - article lu 272 fois

Théâtre : itinéraire d'un Palestinien israélien
JM Lobb - A portée de crachat mis en scène par Laurent Fréchuret

À l'affiche du théâtre Copeau le 3 avril dernier, « À portée de crachat » est un monologue de Taher Najib que l'on pourrait qualifié de « documentaire ».

De quoi s’agit-il ? Le comédien, danseur, metteur en scène palestinien né dans un territoire occupé qui vit en Israël, raconte dans ce texte une tranche de sa vie qui n’aurait pas eu lieu sans notre contexte géopolitique. L’auteur a accouché de ce premier texte en 2005 en hébreu (langue qu’il parle aussi bien que l’arabe) afin de l’adresser aux Israéliens. L’histoire la voici : en 2000, il joue au théâtre de Ramallah. Il démarre son récit par une description d’une coutume masculine : le crachat, vécu comme un art de vivre. Il ne comprend pas cette habitude, s’y sent étranger. « Zuzu où es-tu ? où est-elle encore allée ? », interroge le protagoniste dans son appartement à quelques encablures du théâtre où il officie. Zuzu surnom de « zehout » signifie « identité » en hébreu. Dès le début de la pièce l’artiste nomade cherche son identité.

Quand vient la Seconde Intifada… l’air de la capitale palestinienne se charge de poudre, l’acteur s’envole alors vers Paris et l’insouciance qu’il vivra six mois durant. Nous sommes le 10 septembre 2002, un an plus tôt les tours jumelles new-yorkaises étaient détruites par Ben Laden. À l’aéroport Charles-de-Gaulle, être palestinien avec un passeport israélien n’est pas une équation facile… Dans l’avion qui le ramène chez lui, on le regarde comme l’ennemi public numéro un. À Tel-Aviv, la sécurité l’attend au pied de l’avion… L’après 11 septembre en fait un suspect d’office.

Le parti pris de mise en scène de l’ancien directeur du CDN de Sartrouville, Laurent Fréchuret, donne au texte toute sa dimension. Le plateau est nu, le metteur en scène fait confiance à son interprète. L’écriture forte et sensible trouve toute sa justesse dans l’interprétation de Mounir Margoum à la fois séduisant et touchant. Et nous emportons avec nous vers notre chez soi cette lancinante interrogation « Zuzu où es-tu allée ? »

Florence Barnola



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