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Isère /Livre/Ninon Vallin, le destin d’une voix

Rhône le 24 novembre 2014 - Eric Séveyrat - Isère rhodanienne - article lu 785 fois

160 pages qui feront référence sur cette grande dame, dont l’auteur, ancien chargé de cours à l’université de Lyon, artiste lyrique lui-même, s’évertue, depuis toujours, à honorer le souvenir, de façon vivante, en collectant des témoignages, des enregistrements d’époque, et toutes sortes de « reliques » et documents .

Mais aussi en montant des manifestations lyriques, comme directeur artistique du Festival Ninon Vallin, dont il est à l’origine en Isère. A force d’insister, ce « Vallinomaniaque » réussit avec talent à faire (re) connaître cette grande dame oubliée, du calibre d’une Sarah Bernhardt ou d’un Caruso pour l’art lyrique. La lecture de « Ninon Vallin, La voix d’un destin » est simple et fluide, agrémentée de très nombreuses photos, manuscrits, affiches d’époques, encadrés et digressions qui permettent au lecteur de feuilleter, de « picorer » ça et là quelques « miettes » de la vie foisonnante de cet étonnant personnage de Ninon Vallin (née le 8 septembre 1886 à Montalieu-Vercieu (Isère)-morte le 22 novembre 1961 à Lyon). Immense cantatrice de la première moitié du XXè siècle, elle était tout autant aventurière, elle effectua une grande partie de sa carrière à l’étranger, notamment en Amérique-du-Sud (Argentine, Uruguay, Argentine, Mexique). Issue du même coin du Dauphiné que Berlioz, elle effectue ses études au conservatoire de Lyon, d’où elle sort premier prix d’art lyrique avec les félicitations du jury en 1910. Elle avait déjà, en 1909, interprété son premier rôle « Ruth » au théâtre de Bourgoin. Dans les années trente, elle acquiert une propriété, la « Sauvagère » à Millery, dans le Rhône, où elle séjournait et faisait venir de nombreux musiciens et artistes.
De la Maison blanche à Montalieu-Vercieu
Elle dû s’en séparer en 1959, pour venir vivre ses dernières années dans un petit appartement à Sainte-Foy-les-Lyon. Elle aura foulé les planches des plus grandes scènes d’opéra du monde, de Milan à Caracas, en passant par Paris, le Canada ou la Nouvelle-Zélande. Elle interpréta des œuvres de Massenet, Charpentier, Fauré, Puccini, Bizet, Debussy…Il reste de nombreux enregistrements des œuvres lyriques de Ninon Vallin, et quelques images dont deux films de 1938 et 39. Patrick Barruel-Brussin donne méticuleusement les références les plus exhaustives possibles dans son ouvrage (un nouveau double CD sortira en décembre sur le label Ninon Vallin dont le « lavage technologique » a été effectué avec des étudiants de Lyon 2) : « Ninon Vallin a su initier des vocations, précise Patrick Barruel-Brussin. Pierre Boulez a 17 ans quand il la rencontre. La vie de cette femme est incroyable. Divorcé en 1916, elle prend un cargo et part en Amérique du Sud. Elle mène une existence d’une grande modernité. Elle apprit la langue des indiens péruviens, le Quechua. Elle était capable de chanter à la Maison Blanche le 4 juillet 1938, puis, quelques jours plus tard, de venir chanter à la fête de la Paroisse de Montalieu-Vercieu. Elle donna un concert à l’Alhambra avec Edith Piaf en 1948, créa des œuvres contemporaines, reprises par Luis Mariano, Georges Guettary, Gene Kelly… »
Avec cet ouvrage, Patrick Barruel-Brussin, rend hommage à cette grande dame qui le passionne, mais en aura t-il jamais fini avec Eugénie Vallin, dont la vie et l’oeuvre semblent d’inépuisables sujets ?
« Ninon Vallin, La Voix d’un destin », Patrick Barruel-Brussin, éd°EMCC, 160 pages, 10 €. Contact Ed° LivresEMCC : 04 78 29 76 22. lperrin@le-tout-lyon.fr.
Eric Séveyrat



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