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L'Isère s'interroge sur l'argent public acordé à l'investissement privé

Isère le 26 novembre 2015 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Collectivités locales - article lu 244 fois

L'Isère s'interroge sur l'argent public acordé à l'investissement privé
Caroline Thermoz-Liaudy - La majorité a voté le projet sensé soutenir l'économie locale

Le Département doit-il financer des projets immobiliers privés, dans le but d'encourager la création de richesses ? C'est l'une des questions qui a mobilisé l'assemblée départementale le 20 novembre dernier, autour d'une dérogation en faveur de deux hôtels.

C’est la vice-présidente en charge du tourisme, Chantal Carlioz qui a présenté le texte, proposant une dérogation au règlement du Département en faveurs de deux projets touristiques, l’un à Uriage, l’autre à Villard-de-Lans. Projets qui avaient trait à l’hébergement et à la restauration de luxe, synonymes pour la majorité, de ressources supplémentaires, de création de richesses, et de dynamisme économique. 

Ainsi  était  proposé  d’allouer 120 000 € à  la SCI  « Le  Magnifique »  pour la réhabilitation de l’ancienne résidence médicalisée « Le Splendid » à Villard-de-Lans afin d’en faire un hôtel trois étoiles prêt à  accueillir sa  clientèle  toute  l’année. Toute l’année car les skieurs ne sont pas les seuls visés. Dans le but de développer le tourisme d’affaires, le « Magnifique » pourrait accueillir des séminaires. L’autre projet est bien connu dans la région : Le Grand Hôtel des Terrasses d’Uriage, dont la seconde enveloppe de 120 000€ servirait à rénover les chambres existantes, et la création d’un second hébergement.

Les arguments en faveur des hôtels ne manquaient pas dans le bouche de Chantal Carlioz : « Les séjours multiplient par deux les retombées économiques pour le tourisme, par rapport aux skieurs qui sont de passage », ou encore « la règle, qui date de 2007 est amenée à bouger car la loi NOTRe a fixé le partage de la compétence tourisme. »

Le vote a eu lieu en session, et sans surprise la majorité a voté en faveur de son adoption, en mettant en avant la volonté de renforcer l’attractivité touristique et la création d’activités. Mais le débat a été long, et notamment animée par l’élue communiste Sylvette Rochas, qui s’interrogeait sur la façon d’expliquer aux Isérois que leurs impôts allaient contribuer à  financer des établissements de prestige, dans lesquels la plupart ne pourra pas séjourner.

De son côté, Olivier Bertrand (EELV) et son groupe ont proposé, non pas de rejeter, mais d’amender la dérogation (amendement finalement rejeté). « On ne remet pas en cause les arguments de madame Carlioz, mais quelle équité ? Certains, s’ils avaient su qu’il y aurait des dérogations, auraient fait des propositions. Nous proposons donc qu’il s’agisse d’une aide remboursable car ces établissements sont amenés à faire des bénéfices. Comme un prêt à taux zéro de  deux fois 120 000 € ». Guillaume Lissy (PS), expliquait lui, que son groupe « voterait pour, mais parce qu’il est écrit que c’est exceptionnel ».

Caroline Thermoz-Liaudy
 



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