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Intercommunalités : Saint-Étienne Métropole fait son marché

Loire le 08 octobre 2015 - Daniel Brignon - Collectivités locales - article lu 2472 fois

Intercommunalités : Saint-Étienne Métropole fait son marché
Un Roannais réuni, un Forez reconnu et une Métropole en quête d'espaces

Le préfet Fabien Sudry l'avait laissé entendre, le nombre des EPCI pourrait être divisé par deux. C'est en effet ce qui apparaît exactement dans sa proposition de nouveau Schéma départemental de coopération intercommunale adressé aux élus du département qui doit être présentée en Commission éponyme vendredi 9 octobre. De 17 intercommunalités dans la Loire leur nombre passerait à 6 voire émargerait à une 7e par le transfert de 8 communes du Pilat à une communauté d'Ardèche.

Saint-Étienne Métropole prend de l’embonpoint comme il était prévisible, en élargissant son périmètre sur trois fronts, du côté du Pilat à une moitié des Monts du Pilat, correspondant à l’ancien canton de Saint-Genest-Malifaux ; à l’ouest, à une partie du Pays de Saint-Bonnet-le-Château (les communes de Saint-Maurice-en-Gourgois, Rozier-Côtes-d’Aurec, Aboën et Saint-Nizier-de-Fornas ; et pour faire bonne mesure, à une avancée en Forez comprenant les communes de Chamboeuf, Saint-Bonnet-les-Oules et Saint-Galmier, soustraits du Pays de Saint-Galmier et la Gimond soustraite de Forez-en-Lyonnais pour atteindre et même dépasser la taille critique de 400 000 habitants qui est nécessaire à la collectivité pour prétendre à s’ériger en métropole. Le nouveau périmètre proposé, englobant exactement 410 108 habitants, répond à cette ambition métropolitaine que le préfet a suivi en cherchant un appoint de population autour de l’agglomération au risque d’incises ou d’enclaves.

Le Forez reconnu

Pays de Saint-Galmier, pour ce qui en demeure, et Forez-en-Lyonnais seraient réunis à Feurs en Forez, Collines du Matin (Panissières) et Balbigny pour constituer une grande collectivité forézienne de la rive droite de la Loire, réunissant 66 224 habitants dans 49 communes de ces 5 EPCI réunis.

La constitution d’une communauté de poids dans le Forez, rive droite, satisfait Jean-Pierre Taite, maire de Feurs, qui en est le cœur. « Le Forez devait exister et le Forez existe. Avec beaucoup de bon sens deux communautés logiquement l’incarnent. C’est une reconnaissance du Forez », convient-il, avec cette réserve ou plutôt une interrogation sur la place de Saint-Galmier réputée, dans le plan, étirer Saint-Étienne Métropole en enclave dans la nouvelle communauté forézienne. Monique Girardon, présidente de Pays de Saint-Galmier, reconnaît qu’« on aurait tous souhaité le “Forez fort“ », d’un seul tenant d’est en ouest, mais ajoute-t-elle immédiatement « l’essentiel est préservé. Si on n’a pas un Forez d’un bout mais partagé en deux communautés, c’est effectivement reconnaître le Forez comme une entité qui a une place légitime dans le département. Il est acté que le Forez n’est pas voué à la disparition. Un Forez d’un seul tenant nécessitant la fusion de 8 EPCI, aurait représenté beaucoup en une fois et il est clair que les deux Forez devront travailler ensemble à construire ce territoire commun. Pour autant cette carte me choque, poursuit Monique Girardon, par le coup de canif sérieux porté au Forez. On a enlevé au Pays de Saint-Galmier deux communes en 2013, Andrézieux-Bouthéon et La Fouillouse et désormais trois communes, dont Saint-Galmier, gagnés encore à Saint-Etienne Métropole ». Les maires qui ne sont pas positionnés nettement contre cette hypothèse, confie à mots couverts la maire de Veauche, ont aidé le préfet à trouver de l’espace à l’élargissement de la métropole.

L’intégration de Saint-Galmier n’est pas dépourvue de sens, vue du côté de Gaël Perdriau, président de Saint-Étienne Métropole, au regard de « la cohérence des bassins de vie », qu’il aime à brandir, non sans légitimité au demeurant. Il verrait opportunément aplanir les excroissances du contour de la nouvelle communauté en intégrant d’autres communes comme, cite-t-il, Saint-Just-Saint-Rambert, dessinant un arc plus net sur sa périphérie.

Pour sa part le maire de Saint-Just-Saint-Rambert, Olivier Joly, se déclare « très déçu » de la proposition du préfet, déçu non pas de demeurer dans le giron de Loire Forez, option prise par la municipalité après la visite de Gaël Perdriau devant son conseil municipal pour défendre le projet de territoire de Saint-Étienne Métropole, mais de la dissociation du pays de Saint-Galmier d’« un Forez fort », constitué autour de Loire Forez que les élus avaient pressentis. « Le Pays de Saint-Galmier avait toute sa place au coté de Loire Forez Nous avons été écoutés mais pas entendus par le préfet. Entre Saint-Just-Saint-Rambert et Saint-Galmier, il y a une vraie complémentarité, davantage qu’entre Saint-Just et Noirétable. Dans cette carte, Loire Forez est ruralisé. Il y a une perte d’équilibre avec le péri-urbain voire l’urbain. Cette carte n’est pas cohérente en l’état. »

Loire Forez pour sa part, deuxième communauté forézienne, s’élargirait au nord en englobant le Pays d’Astrée et les Montagnes du Haut Forez, et au sud 14 communes du pays de Saint-Bonnet-le-Château pour atteindre 105 485 habitants.

Là encore la partition du Pays de Saint-Bonnet-le-Château ne satisfait pas les Monts du Forez méridionaux. La communauté de communes qui s’est réunie jeudi dernier s’est prononcée en faveur d’une proposition alternative par 21 voix sur 37 : le maintien de la communauté dans son intégralité avec une extension dans le cadre d’une communauté nouvelle en direction de l’Auvergne sur les bassins de Craponne en Haute-Loire et de Saint-Anthème dans le Puy-de-Dôme. Une autre alternative émerge, indique le sénateur Bernard Fournier, dans le cas où la partition serait quand même retenue, consistant à en modifier la découpe. Plusieurs communes de l’ancien canton de Saint-Bonnet-le-Château, au sud, Saint-Hilaire-Cusson-la-Valmitte, Estivareilles, La Tourette, seraient disposées à rejoindre, « pour rester ensemble », leurs voisines intégrées à Saint-Étienne Métropole.

Dans le Roannais le préfet a procédé par ajout, de quatre EPCI dans leur ensemble : Roannais agglomération et au sud : Pays d’Urfé, Vals d’Aix et d’Isable et Pays entre Loire et Rhône, pour former une communauté qui englobe la quasi totalité de l’arrondissement avec 125 449 habitants.

Seule reste autonome, au nord-est, Charlieu Belmont communauté, collectivité intégralement maintenue, comme c’est le cas aussi pour le Pilat Rhôdanien au sud-est du département.

Quant à la partie des Monts du Pilat qui n’est pas rattachée à Saint-Étienne Métropole sur le versant est, représentant 8 communes autour de Bourg-Argental, elle serait rattachée au Bassin d’Annonay en Ardèche selon la proposition du préfet.

Daniel Brignon

 

Le calendrier

Le préfet, Fabien Sudry, réunit la Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI), ce vendredi 9 octobre pour présenter son projet de Schéma départemental de coopération intercommunale (SDCI). La CDCI n’est pas appelée à se prononcer lors de cette première convocation.
En revanche les communes et EPCI devront émettre un avis dans un délai de deux mois.
Après quoi, selon les remontées et avis, le préfet révisera ou ajustera le schéma à nouveau présenté à la CDCI, qui cette fois sera invitée à se prononcer sur le projet définitif, qui devra être arrêté avant le 31 mars, date butoir pour entrer en vigueur au 1er janvier 2017.



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