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Intercommunalités de la Loire : le 3e tour

Loire le 07 avril 2014 - Louis Thubert - Politique - article lu 1593 fois

Intercommunalités de la Loire : le 3e tour
Le siège de Saint-Etienne Métropole

En perdant la mairie de Saint-Etienne, la gauche perd également la présidence de Saint-Etienne Métropole (Sem).

Le nouveau maire Gaël Perdriau en sera donc en toute logique le prochain président. L’UDI Gilles Artigues a en effet renoncé en faisant l’union avec le candidat UMP à briguer cette fonction. Plusieurs villes ont basculé à droite dans l’agglomération stéphanoise, dont Saint-Chamond et Roche-la-Molière. Avec Saint-Etienne, ces trois communes offrent à elles seules un gain de 29 sièges supplémentaires à la droite par rapport à l’assemblée communautaire précédente.

En se projetant dans un scenario de politique fiction, si Saint-Etienne était restée à gauche, la droite aurait-elle pu tenter de présenter un candidat à la tête de Sem ? D’après nos calculs cela aurait été difficile d’un point de vue arithmétique, de plus il règne un consensus entre élus de communes de sensibilités politiques différentes quand il s’agit des affaires communautaires. Une certitude cependant : avec la réforme territoriale de 2010, le nombre de vice-présidents est passé de 23 à 15.

Qui fera les frais de ce resserrement des effectifs ? Le communiste Marc Petit, 2e vice-président aux transports et réélu maire de Firminy, pourra-t-il représenter sa ville aux côtés de l’UMP Gaël Perdriau ? Cela paraît peu probable. Hervé Reynaud, vice-président du conseil général de la Loire chargé des finances et des transports, élu maire de Saint-Chamond devrait devenir le 1er vice-président. Une fonction qui revient traditionnellement au maire de la commune la plus peuplée après la ville-centre. Mais avec quelle délégation ?
Georges Ziegler, vice-président du conseil général chargé de l’économie, pourrait-il être amené à devenir également vice-président avec la même compétence à l’agglomération ? Des compétences pourraient-elles être partagées entre la ville et l’agglomération par souci d’économie et d’efficacité ? Il sera également intéressant de voir au niveau des services ceux qui pourraient être mutualisés. La communication pourrait figurer au rang de ceux-ci.

Roannais agglomération

La fusion des intercommunalités dans le Roannais avait provoqué un large mouvement de rejet de la part de près de la moitié des élus des communes intégrées dans Roannais Agglomération. Les habitants de 14 communes avaient même été appelés à retourner aux urnes il y a très exactement un an, suite à la démission de leurs maires opposés à cette intégration. Aux municipales de 2014, leur mandat a à nouveau été remis en jeu. Deux maires sortants opposés à Roannais Agglomération ont été battus, pendant que deux maires sortant favorables ont également été battus. Cependant, il semble que désormais la quasi totalité des maires opposés, à quelques exceptions près, sont susceptibles de mettre fin à leur politique de la chaise vide. Qu’ils siègent eux-mêmes ou qu’ils se fassent représenter.

Loire Forez

Sans surprise, Loire Forez reste à droite. Si la majorité des conseillers communautaires sont sans étiquette, la victoire de la liste d'union de la droite de Christophe Bazile à Montbrison fait perdre à la gauche les quelques conseillers qu'elle avait. Même si, c'est le moins qu'on puisse dire, la communauté d'agglomération Loire Forez reste en dehors des grands partis.

Ce qui pourrait changer la donne pour l'exécutif par contre, c'est l'attitude des petites communes face aux deux villes de l'agglomération, Montbrison et Saint-Just-Saint-Rambert. Pour le moment, jamais la présidence de Loire Forez n'est allée à un élu montbrisonnais : de 2001 à 2008, c'était la Suryquoise Corinne Richard, et ensuite Alain Berthéas, premier adjoint à Saint-Just-Saint-Rambert. Ce dernier est candidat à sa succession. La construction de médiathèques communautaires dans ces deux villes, par ailleurs déjà pourvu en bibliothèques avaient suscité chez certains élus d’autres communes, le sentiment que Loire Forez se concentrait sur ses deux « villes centres » en oubliant les autres. La rumeur bruisse d’une volonté de promouvoir une autre candidature pour priver Alain Berthéas de son siège de président. A l'heure où les collectivités sont amenées à faire des économies, la mutualisation des postes et fonctions devrait se généraliser, à Loire Forez, comme ailleurs. A suivre.

Pays d’Astrée

Les changements sont nombreux pour la Communauté de communes du pays d'Astrée. Tout d'abord, le nombre de conseillers communautaires passe de 55 à 33, et seuls les communes n'ayant qu'un conseiller pourront avoir un suppléant. Et surtout, la présidence de la communauté de communes pourrait échoir à un autre maire que celui de Boën-sur-Lignon. Pierre-Jean Rochette, dont la liste a été élue au premier tour et qui accède à la mairie pour la toute première fois, a indiqué « vouloir se consacrer avant tout à sa ville ». S'il ne souhaite pas être candidat à la présidence de l'intercommunalité, elle pourrait revenir à un maire d'une autre commune que Boën... le maire de Sainte-Agathe-la-Bouteresse pourrait-il alors devenir le nouveau président ?

Mathieu Ozanam et Louis Thubert

 



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