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Il était une fois, Pascal Descamps…

Loire le 04 décembre 2014 - Florence Barnola - Actualités - article lu 384 fois

Il était une fois, Pascal Descamps…
(© FB)

Adorer.  Le verbe ponctue sa conversation.

Cet homme-là adore, même avec une angine soignée à la cortisone (métier oblige). Pascal Descamps chante, écrit, joue, songe en musique. « Pour moi la musique, c’est partager des émotions universelles. C’est le langage des émotions. » Il la chérit sous toutes ses formes, classique ou dite « de variété ».
Formé aux conservatoire de Montpellier et de Saint-Etienne, il a reçu de nombreux prix de piano, a joué des études de Liszt, des morceaux virtuoses…  Mais lui, il voulait jouer  de la musique de chambre, partager sa passion avec les autres. « Je savais que je ne voulais pas être concertiste. J’ai compris très vite que c’était réservé à quelques phénomènes rares, il faut faire des heures et des heures de piano par jour, je n’en avais ni la patience ni l’envie je crois. »
Et pourtant à cinq ans, le voilà arrêté devant ce que son père ramène à la maison. Ce piano, il va l’apprivoiser par le jeu, de manière organique. Il va l’escalader, monter dessus. Deux ans plus tard, face à l’évidence sa mère l’inscrit à des cours de piano. « Cela a été un coup de foudre absolu au niveau de l’instrument et de la musique. Les dimanche, je passais 5 ou 6 heures sur le piano, ma mère était obligée de m’arrêter pour que je fasse mes devoirs. »
Le monde artistique de Pascal émerge peu à peu, fait de force et de douceur, à son image.  « Mes parents n’étaient pas musiciens mais ils étaient mélomanes. Ils avaient quelques disques de classiques mais beaucoup de variétés. Ils étaient fans de Abba, Michel Berger, Véronique Sanson… » Les deux univers vont chez le jeune garçon se tutoyer au fil du temps et finir sans doute par se fondre…  Mais nous n’en sommes pas encore à la fin de notre histoire.

« Une méga claque dans la figure »

« J’ai découvert l’univers de la voix et je me suis spécialisé dans le fait d’être pianiste accompagnateur » après l’avoir été dans le chœur de l’armée française durant son service militaire. « Proactive » comme diraient les anglo-saxons, il compose des chansons, donne des cours de piano, enseigne au collège, au lycée, à la faculté… Tout en étudiant à la faculté de musicologie. « Je suis allé jusqu’à la préparation du doctorat. A 28 ans, à ma troisième année de thèse, tout était prêt. J’avais fini toutes mes recherches, j’avais déjà entamé la rédaction. Je me suis alors demandé ce que je voulais faire. Est-ce que je voulais parler de la musique ou en faire ? » A trois mois de la soutenance, il arrête tout. « A l’époque j’avais composé pas mal de chansons, j’avais envie d’enregistrer un album. » L’accouchement va s’avérer douloureux, le musicien se rend vite compte que le milieu est difficile, beaucoup de gens lui font des promesses sans lendemains. «  Je me suis pris une méga claque dans la figure. »
Il revient alors à ses premières amours, la musique classique : « j’ai donné des cours, j’accompagnais au piano des chœurs ». Trois ans après, il entre dans le chœur de l’opéra de Saint-Etienne. Tenace, il continue cependant de composer des chansons, et enregistre en 2005 un deuxième album, Tout est si calme où commence sa collaboration avec Dominique Magloire avec un duo. La déception est encore au rendez-vous… « Je n’étais pas prêt, aujourd’hui je le suis. A cette époque j’en voulais à la terre entière. C’est vrai que ce système est difficile mais il faut se remettre en question,  si on sait se transformer positivement ce système s’ouvre. »

« Je rêve des Etats-Unis, d’écrire de la musique de film. »

Un tournant va s’opérer en 2011. Il compose sa première musique sacrée, une messe en ut mineur. Rivages sera créée à l’église de Saint-Priest. L’auditoire est emballé. « La réaction du public a été incroyable, je n’avais jamais vécu ça en tant que musicien. Des gens sont venus vers moi avec les larmes aux yeux… J’ai eu l’impression qu’il y a eu un avant et un après. Rivages a fait céder des choses en moi, peut-être des choses que je retenais, que je ne m’autorisais pas à faire. » Sa musique va intéresser, si bien que certains veulent la faire connaître au-delà des frontières rhônalpines. En 2013, il compose dans l’été un Requiem. « En octobre, les sponsors se manifestent et me proposent un concert à Paris dans de très bonnes conditions. » Ce sera à la cathédrale Saint-Louis des Invalides. Entre-temps, il écrit des créations pour des ensembles comme un Ave verum corpus pour les 20 ans de Symphonia fin novembre dernier.
« Aujourd’hui j’ai plein de projets à mi-chemin entre l’univers du classique et la chanson… » il ajoute presque timidement « pour le cinéma, j’adorerais. Je rêve des Etats-Unis, d’écrire de la musique de film ». Il va au piano, s’assoit, pose ses mains sur le clavier et débute un thème de sa dernière composition « un opéra moderne, entre la chanson et le lyrique ». Alors surgissent des images qui défilent à la Sergio Leone. L’Ouest américain est tout proche, il suffit de se laisser porter par les notes ensorceleuses….
Comme le chantait Jo Dassin, elle l’attend depuis qu’il est né, l’Amérique !

Florence Barnola


Date :
2011, la création de Rivages

Lieu :
j’adore l’océan et les clairières foréziennes

Personnalité :
une personne qui n’existe pas et qui regroupe plein de composantes des gens que j’aime

Phrase :
« Appuyez-vous sur vos principes ils finiront bien par céder » (Oscar Wilde)

Ambition :
Une maison sympa avec beaucoup de terrain et des animaux partout. Et que ma musique soit connue internationalement



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