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Icalla révolutionne la reconnaissance automatique d'écriture manuscrite

Isère le 20 avril 2015 - Laurent Marchandiau - Tech et Médias - article lu 695 fois

Icalla révolutionne la reconnaissance automatique d'écriture manuscrite
Laurent Marchandiau - De gauche à droite : AbdelKarim Mars, Kamel H. Gaddas et Mohamed Belgacem, les fondateurs d'Icalla.

Plus puissant, plus fiable, capable de s'adapter aux différentes langues connues tout en conservant ses performances… C'est une nouvelle génération de logiciel de reconnaissance manuscrite que la jeune startup grenobloise Icalla développe. Entretien avec son président, Kamel H. Gaddas, également Pdg de l'éditeur de logiciel isérois, WinSoft.

Comment est née Icalla ?

À l’origine d’Icalla, deux ingénieurs tunisiens (Mohamed Belgacem et AbdelKarim Mars) venus poursuivre leurs études en master Industrie de la langue au sein du Laboratoire de linguistique et didactique des langues étrangères et maternelles (Lidilem) de l’université Stendhal à Grenoble. Ils élaborent une thèse dans le traitement automatique des langues et ont l’idée de mettre au point une technologie inovante portant sur le traitement automatique des langues. Jusqu’alors incubé à Gate One (ex-Grain), l’incubateur grenoblois, ils sont venus me rencontrer afin de me présenter leur innovation. En tant que Pdg de WinSoft, société spécialisée dans l’accompagnement des éditeurs de logiciels dans leur démarche d’internationalisation, leur technologie pouvait m’intéresser. Nous avons donc décidé de travailler ensemble d’où la création en août 2013 d’Icalla.

En quoi votre technologie est-elle plus performante que les logiciels d’OCR1 actuels ?

Contrairement aux logiciels actuels de reconnaissance manuscrite qui sont performants dans la reconnaissance de certaines langues et qui nécessitent un apprentissage constant, la  technologie développée par Icalla permet une reconnaissance instantanée des mots, quelle que soit la langue, et ce, sans apprentissage. Notre brique technologique s’appuie sur un réseau de neurones (intelligence artificielle).

Comment se déroule la reconnaissance d’un texte ?

Concrètement, pour chaque langue, nous prenons l’écriture d’un échantillon de 200 personnes environ que nous faisons apprendre à notre système. Suite à cette étape, il est capable de reconnaître tous types d’écritures manuscrites. À cela, s’ajoutent plusieurs dictionnaires (700 000 mots reconnus pour la langue française) et corpus de textes lui permettant d’identifier les mots les plus souvent utilisés par la personne, de corriger si besoin en temps réel, le texte. En somme, plus on écrit, plus notre reconnaissance s’affine et devient pertinente. Grâce à son réseau de neurones, notre technologie détecte instantanément le sens de la phrase et modifie en conséquence les mots reconnus en cas de doute en fonction de ce qui est saisi après.

À qui s’adresse votre technologie ?

Notre innovation concerne l’ensemble des acteurs disposant d’une base écrite et souhaitant la digitaliser. Nous proposons aux éditeurs de logiciels et de matériels notre brique technologique afin qu’ils l’intègrent dans leurs produits, que ce soient des applications pour smartphone, dans les GPS ou encore dans des objets connectés. Nous nous financerons par la vente de notre système sous la forme d’une licence annuelle et d’un quota par logiciel et/ou matériel équipé. Dans un premier temps, nous ciblons le marché français avant de nous attaquer à ceux de l’Asie du Sud-est et de l’Amérique-du-Nord.

Quelles sont vos perspectives ?

Dernièrement, nous avons procédé à une augmentation de capital de 100 000 € dont 50 % a été apporté par l’arrivée d’un nouvel investisseur, Rue des écoles (les 50 % restants provenant d’une prise de participation d’un éditeur de logiciels isérois.) Ces fonds vont nous permettre de développer de nouveaux services et de recruter. Un collaborateur dans le marketing commercial devrait être embauché dans le courant de cette année ainsi qu’un ingénieur informatique. Nous sommes en cours de préparation d’une levée de fonds de 1 M€ qui devrait intervenir d’ici 2016.

Propos recueillis par Laurent Marchandiau

Logiciel d'OCR : logiciel permettant la reconnaissance optique de caractères (OCR). Cette technologie fut inventée par un ingénieur allemand, Gustav Tauschek, en 1929.

De la reconnaissance manuscrite aux applications éducatives innovantes

Deux ans à peine après sa création, Icalla a finalisé son augmentation de capital avec l’entrée mi-mars d’un nouvel investisseur, Rue des écoles. L’éditeur parisien de ressources pédagogiques multi support (print et Web) à destination des élèves, parents et enseignants, a vu dans la jeune pépite grenobloise, l’opportunité d’intégrer dans ses futures applications, leur système de reconnaissance manuscrite. « Notre technologie de traitement automatique des langues, même complexes comme le chinois ou l’arabe, va leur servir à développer de nouveaux services tels que des applications d’enseignement à distance », confie Kamel H. Gaddas, président et co-fondateur d’Icalla. Déjà, la startup collabore avec Rue des écoles sur ce projet commun.



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