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I Wheel Share, une appli pour partager la ville

Loire le 28 octobre 2015 - Mathieu Ozanam - Tech et Médias - article lu 340 fois

I Wheel Share, une appli pour partager la ville
I Wheel Share - Audrey et Lucas Sovignet ont présenté l'appli mobile au Chambon-Feugerolles au cours de la quinzaine Shandifférence

Deux Ligériens, sœur et frère, ont imaginé ensemble une application mobile qui sera bientôt disponible en téléchargement. Elle doit permettre de cartographier les problèmes d'accessibilité rencontrés en ville par les personnes en situation de handicap.

Audrey et Lucas sont sœur et frère. C’est au cours de vacances passées ensemble qu’Audrey se rend compte de la difficulté pour Lucas, victime d’un accident de la route quelques années plus tôt, de se déplacer en ville avec son fauteuil roulant. Trottoirs trop hauts, cinéma avec une accessibilité pour entrer, mais pas pour en ressortir, etc. C'est ce qui a décidé Audrey Sovignet, graphiste et développeuse web et d’applications, à travailler sur un projet de réseau social grâce auquel les contributeurs pourront identifier les points noirs, mais aussi les bons points, repérés dans l’espace urbain.

Ce qui n’était qu’une idée prend véritablement forme quand elle remporte le prix d'entrepreneuriat féminin Biilink, remis par la ministre Fleur Pellerin en mars 2014. « Le prix était doté de 25 000 €, mais à la condition de créer une entreprise », explique Audrey Sovignet. Elle crée I Wheel Share, SAS hébergée au sein de la SocialFactory de La Rûche, une  pépinière de start-ups à vocation sociale à Paris. Une campagne de crowdfunding lancée sur Ulule permet de communiquer sur le projet et de réunir 15 000 € en 44 jours.

L’utilisateur qui aura téléchargé l’appli sur son téléphone sous iOS ou Android pourra indiquer sur une carte les obstacles rencontrés, ou au contraire partager les expériences positives. Un site permettra également de renseigner cette cartographie une fois rentré chez soi. Les handicaps moteurs ou sensoriels (vue et ouïe) sont pris en compte avec à chaque fois une catégorisation rapide : « ça roule » ou « bâton dans les roues », « bien entendu » ou « dialogue de sourd » par exemple. Un champ de texte est prévu pour laisser un commentaire libre. Une soixantaine de béta-testeurs l’utilisent depuis le mois de juin et son lancement est programmé pour la mi-novembre. Audrey Sovignet a pris son bâton de pélerin pour aller à la rencontre des futurs utilisateurs en particulier dans les centres de réadaptation. L'objectif serait à moyen terme de rassembler une communauté de 5 000 membres.

Opérations « buy-cotts » et « market place »

En fonction de son accueil, d’autres développements sont envisagés pour que I Wheel Share devienne un réseau social sur lequel les internautes pourront prendre contact pour demander davantage de précisions s’ils le souhaitent. Le modèle économique de cette application gratuite repose sur le développement de services complémentaires. I Wheel Share se propose d’organiser des buy-cotts, sorte d’opération anti-boycott qui se présente comme «une main tendue aux commerçants ».  Un bar ou un restaurant qui présente des défauts d'accessibilité choisit d'organiser une soirée dont une partie de la recette sera affectée à ces travaux de mises aux normes. Une première opération de ce type est prévue à Paris. L'idée est aussi « d'aller chercher des personnes pas forcément engagées dans des associations ».

Autre piste envisagée : la géolocalisation d’événements sportifs ou culturels (expositions, concerts) pourrait être mise à profit par les organisateurs souhaitant faire la promotion de leur manifestation accessible aux personnes en situation de handicap. Les entreprises qui recrutent pourraient également demander à figurer sur la carte interactive pour indiquer qu'elles sont accessibles à tous.

Enfin, au printemps 2016 une place de marché en ligne doit proposer des produits et des services « qui incitent au dépassement de soi, des produits qui engagent à vivre ». Plus de 70 fournisseurs ont été identifiés. La différence avec les enseignes du secteur sanitaire et social ? « Ces produits sont ceux que n’importe qui dans le grand public peut utiliser, mais adaptés à tous parce que faciles à manipuler. Nous voulons proposer des produits qui engagent à vivre. »

Mathieu Ozanam

 



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