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Hydrogène : « c'est maintenant qu'il faut y aller ! »

Isère le 30 juin 2016 - Laurent Marchandiau - Industrie

Hydrogène : « c'est maintenant qu'il faut y aller ! »
Laurent Marchandiau - Pascal Mauberger, président de l'Aphypac (Association Française pour l'Hydrogène et les piles à combustible.)

Concentrant 80 % des acteurs de la filière hydrogène de l'Hexagone, la région Auvergne Rhône-Alpes a accueilli la 4e édition des Journées Hydrogènes. Pendant deux jours, plus de 200 professionnels du secteur étaient présents à Grenoble afin de présenter les projets, mais aussi évoquer les perspectives de cette filière émergente.

L’hydrogène, une énergie verte, non polluante et maîtrisée. Et pourtant, malgré la concentration d’acteurs en France, cette source d’énergie est encore loin d’être démocratisée. C’est dans ce contexte que s’est déroulée à Grenoble, le 29 et 30 juin, la quatrième édition des « Journées Hydrogène dans les Territoires » regroupant plus de 200 participants. Une filière émergente où l’Hexagone et principalement la région Auvergne-Rhône-Alpes a sa carte à jouer tant à l’échelon national qu’européen voire mondial.

« La région concentre plus de 80 % des acteurs du secteur en France, il y a un gros nid sur ce territoire et en particulier sur notre département », indique Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes Métropole. Et pour cause ! « Nous accueillons tous les maillons de la chaîne de valeur de la filière. Nous possédons les capacités à devenir leader sur notre territoire, en France comme en Europe ! »

Un enjeu de la transition énergétique​

Un avis partagé par le président du conseil départemental de l’Isère, Jean-Pierre Barbier. « Au-delà de la loi sur la transition énergétique, il faut que les moyens nous soient donnés par l’État pour pousser et porter cette filière d’avenir. » Car pour l’instant, seul le marché de la mobilité commence à décoller avec l’hydrogène avec des initiatives comme Hyway qui a pour ambition de déployer la plus grande flotte de véhicules à hydrogène en France et en Europe.

Si les participants se sont réjouis du nombre de dossiers en cours d’étude pour la filière, certains freins restent à lever. « Le stockage hydrogène en France est limité par des normes réglementaires drastiques. C’est un frein important à son déploiement sur le territoire et contribue à son coût élevé ! Le principe de précaution inscrit dans notre Constitution crée des craintes qui ne devraient pas exister et occasionne des freins à l’innovation », indique Jean-Pierre Barbier. D’autant plus qu’il ne faut pas opposer voiture électrique et hydrogène.

« L’hydrogène est une source d’énergie permettant d’alimenter les moteurs électriques en offrant une autonomie supérieure aux batteries, de l’ordre de 500 à 600 km », explique Pascal Mauberger, président de l’Aphypac (Association française pour l’hydrogène et les piles à combustible.) Un secteur ou l’investissement privé ne suffira pas, l’appui des pouvoirs publics s’avère essentiel quant à la démocratisation de cette source d’énergie d’avenir. « Pour l’instant, aucun projet en France n’est fléché alors que l’Allemagne investit déjà plusieurs centaines de millions d’euros dans la filière hydrogène. C’est maintenant qu’il faut y aller ! », conclut Pascal Mauberger.

Laurent Marchandiau



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