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Humbert vise le marché du successeur du Famas

Loire le 09 août 2014 - Denis Meynard - Industrie - article lu 8606 fois

Humbert vise le marché du successeur du Famas
Pierrick Mazodier, directeur général de la société Humbert. L'armée italienne a fait l'acquisition de 27 000 exemplaires de l'ARX-160 (© Denis Meynard)

Fabriqué à partir du début des années 80 au sein de Giat Industries (rebaptisé Nexter), le Famas pourrait bien être le dernier fusil d'assaut de l'armée française produit dans l'Hexagone.

La société Humbert (dont le siège a été transféré du cours Fauriel de Saint-Etienne, à Veauche dans les années 90) et sa maison-mère, le célèbre fabricant d’armes de chasse et de défense Beretta, se sont mis sur les rangs pour produire son successeur en Italie. Puis réaliser la maintenance opérationnelle dans la région stéphanoise pendant toute sa durée de vie.

La consultation préalable à un appel d?offres pour l?Arme individuelle du futur (AIF), qui doit d’intégrer à système Félin de fantassin du futur (dont Thalès réalise la partie optique et optronique), a débuté voici quelques mois. Tous les candidats intéressés qui se sont manifestés d’ici le 28 juin devraient être fixés vers le mois d’octobre. Sachant qu’une « short list » de trois à cinq d’entre eux sera sélectionnée pour répondre à l’appel d’offres.

Pierrick Mazodier, le directeur général de la société Humbert CTTS, est confiant sur le fait d’en faire partie. Le groupe auquel il appartient a une activité armurière dans la région de Brescia (Nord de l’Italie) depuis 1526. Il produit environ 1 500 armes légères (civiles et militaires) par jour et affiche un chiffre d’affaires de 630 M€ en 2013. Pour répondre aux spécifications de la Direction générale de l’armement (DGA), qui souhaite conserver le calibre de munitions 5.56 mm traditionnel, il propose l’ARX-160, produit depuis le début de la décennie à 40 000 exemplaires. Dont 27 000 pour l’armée italienne, le reste à destination de pays tels que l’Egypte, l’Albanie et l’Arabie Saoudite.

21 000 exemplaires livrables d’ici 2019

L’ensemble de la commande du futur fusil d’assaut de l’armée française porte sur 90 000 exemplaires, avec deux versions, plus 8 000 lance-grenades de 40 mm et, bien sûr, la maintenance de ces armes pendant toute leur durée de vie, soit une trentaine d’années. Les livraisons devraient s’étaler sur 14 ans, à partir de la fin 2016, avec une première tranche de 21 000 exemplaires budgétée sur la loi de programmation militaire en cours, qui s’achève en 2019. L’année 2015 devrait être consacrée à l’examen des propositions de l’appel d'offres, aux essais des matériels proposés et à l’analyse des résultats, qui conduira au choix d’une entreprise.

Une part important de ce contrat, évalué à environ 300 M€ sur l’ensemble de sa durée, porte sur la maintenance, la réparation, les pièces de rechange et la formation d’une partie des futurs utilisateurs. « C’est là que nous interviendrons, souligne Pierrick Mazodier, car la fabrication des pièces et l’assemblage des armes se fera en Italie. Par contre, nous prévoyons de nous occuper de tout le reste, y compris l’approvisionnement et la logistique. Les réparations les plus simples seront réalisées au sein de la société Humbert, les plus complexes - tel que le traitement de surface pour le bronzage des canons - seront confiées à notre réseau d’une trentaine de sous-traitants, qui se trouvent pour la plupart de la région stéphanoise. Ce qui entraînera la création de plusieurs dizaines d’emplois chez nous et chez eux. On est le seul fabricant européen qui possède une filiale importante dans l’Hexagone », poursuit celui qui dirige l’entreprise veauchoise.

Détenue à 34 % par le fabricant français de cartouches de chasse Sofisport Nobelsport, elle compte 46 personnes et affiche un chiffre d’affaires de 30 M€, dont un tiers dans les produits de défense, auquel s’ajoute 5 M€ de négoce de munitions.

Denis Meynard

Maintenance opérationnelle du Famas

Bien qu’il ne fabrique plus de Famas depuis de nombreuses années, le groupe Nexter continue à en assurer la maintenance opérationnelle pour l’armée française. Il recourt pour cela à la quinzaine de salariés de l’entité Nexter Mecanics, de Tulle (Corrèze), dont l’activité Armes de petits calibres était auparavant exercée à Saint-Etienne, puis à Saint-Chamond, avant de quitter la Loire. « Beretta fait partie des entreprises qui ont travaillé en sous-traitance pour Nexter sur cette maintenance opérationnelle, en fabricant 10 000 canons pour le Famas ces dernières années », déclare Pierrick Mazodier.



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