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Hôpitaux en Loire Sud : les élus manifestent leur inquiétude

Loire le 16 février 2015 - Mathieu OZANAM - Sciences, Santé, Environnement - article lu 413 fois

Hôpitaux en Loire Sud : les élus manifestent leur inquiétude

Les travaux de réorganisation de l'offre publique de soins en Loire Sud ont été lancés à l'été dernier par l'Agence régionale de santé (ARS). Des élus se montrent inquiets de la méthode utilisée.

Au début de l’été 2014, la directrice de l’Agence régionale de santé Rhône-Alpes était venue à la préfecture de la Loire pour préparer la recomposition de l’offre publique de soins en Loire Sud. Puis à l’automne des groupes de travail ont été mis en place les médecins d’un côté, les élus et représentants des salariés de l’autre. Une concertation qui doit aboutir à la rédaction d’un « contrat de modernisation de l’offre de soins en Loire Sud ». Quatre axes de travail ont été établis : la biologie, la chirurgie, l’obstétrique et les urgences.

Mais lors de la réunion du 23 janvier, qui devait être la dernière selon les élus qui y ont participé, le ton est monté. « Nous avions demandé à ce que les parlementaires soient présents à cette réunion, mais Mme Wallon (la directrice de l’ARS, Ndlr) ne les avaient pas invités », explique Jean-Pierre Taite, maire de Feurs et président du conseil de surveillance du centre hospitalier du Forez. Demande motivée par les implications législatives de la réglementation des hôpitaux. « Les réactions des participants ont été assez vives, corrobore Hervé Reynaud, maire de Saint-Chamond. Cela a conduit à surseoir à la réunion qui aurait dû être la dernière. » Au rang des participants figuraient en sus les maires de Montbrison Christophe Bazile, de Rive-de-Gier Jean-Claude Charvin, de Saint-Etienne Gaël Perdriau.

« Nous ne sommes pas pour le statu quo, assure Hervé Reynaud. Nous comprenons qu’il est impossible compte tenu des déficits, mais cela ne veut pas dire qu’il faut monter des superstructures qui concentrent toute l’offre de soins. On sait que les schémas de modernisation ou présentés comme tels sont souvent des schémas de restriction. » Les élus manifestent la crainte que tous les efforts soient portés par le secteur public de l’hospitalisation. « Nous savons qu’il faut travailler sur un autre projet médical. Mais il faut réfléchir à un projet qui ne soit pas uniquement médical mais également de territoires. On me dit que Saint-Chamond n’est pas loin de Saint-Etienne, mais les patients qui se présentent à Saint-Chamond viennent de plus loin dans la vallée. On se doit de garder un service public de santé de proximité. Par ailleurs si demain toutes les analyses sont réalisées au CHU de Saint-Etienne, que va devenir l’activité des laboratoires de ville de Saint-Chamond qui réalisent la moitié de leur chiffre d’affaires avec l’hôpital ? » Jean-Pierre Taite est sur la même ligne : « nous sommes prêts à entendre des choses, nous sommes prêts à évoluer, mais qu’on nous en donne les moyens. » Les départs pour le secteur privé de médecins réputés des centres hospitaliers publics ont frappé les esprits et les élus regrettent de ne pas avoir les moyens financiers pour les maintenir dans le service public.

Une concertation séparée

La façon dont est organisée la concertation les interroge. Jean-Pierre Taite souhaiterait ainsi pouvoir échanger avec les groupes de travail des médecins, indépendants de ceux des élus et représentants des salariés. « Un cabinet de conseil a été mandaté, mais qu’est-ce qui nous assure que les conclusions qui seront faites seront bien celles des médecins ? » Hervé Reynaud se demande lui dans quelle mesure les médecins ne sont pas utilisés pour « cautionner » les hypothèses de restructurations des services hospitaliers.
Des vœux ont été rédigés en commun et ont été ou doivent être présentés aux conseils municipaux de Saint-Chamond, Rive-de-Gier et Feurs avec la volonté d’alerter leurs concitoyens. Les prémisses d’un appel à la mobilisation de la population ? La prochaine réunion avec l’ARS a été fixée à la mi avril. Après les élections départementales.

Mathieu Ozanam

L'emprunt suisse

Jusqu’à présent le directeur du CHU de Saint-Etienne, Frédéric Boiron, préférait ne pas évoquer en public la question des emprunts toxiques contractés par son établissement. Changement de stratégie pour celui qui est également le président de l'Association des directeurs d'hôpital (ADH).
Frédéric Boiron a annoncé que les évolutions de taux entre l’euro et le franc suisse avaient contribué à alourdir la dette du CHU de 2,5 M€ avec un taux d’intérêt frôlant les 20 %. Le CHU de Saint-Etienne n’est pas seul dans ce cas : la dette des hôpitaux français aurait bondi de 500 M€.



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