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Hommage - Catherine Dasté : « Un père merveilleux »

Loire le 16 octobre 2014 - Daniel Brignon - Culture - article lu 1236 fois

Hommage - Catherine Dasté : « Un père merveilleux »
Les masques réalisés par Jean Dasté que conserve précieusement sa fille (D.R.)

Vous êtes entrée dans les pas de vos parents et de votre grand-père au théâtre ? J’ai décidé de faire du théâtre après avoir décidé de ne jamais en faire.

Vous êtes entrée dans les pas de vos parents et de votre grand-père au théâtre ?

J’ai décidé de faire du théâtre après avoir décidé de ne jamais en faire. C’était à la suite d’un spectacle de théâtre nô où étaient mon père et ma mère, tellement beau que je me suis dit si c’est ça le théâtre, j’en fais. Mon père a voulu m’engager tout de suite dans sa troupe, ma mère a souhaité que je suive une école, ce que j’ai fait pendant deux ans. Ensuite j’ai joué chez mon père à Saint-Etienne.

Vous retenez de votre père plutôt le comédien ou le metteur en scène ?

En premier lieu le comédien. Il adorait être sur scène. Mon père éprouvait vraiment la joie de jouer, il y prenait un grand plaisir. Quant au directeur qu’il a été il n’en avait pas du tout la prétention. Il ne jouait absolument pas le rôle du patron. Ce que je retiens, c’est surtout sa bienveillance. Il était réconfortant.

Et le partenaire de scène ?

Une anecdote vous en dira davantage. Nous jouions ensemble Le Bourgeois gentilhomme, lui le Bourgeois, moi sa fille. Il y a une scène où j’arrivais en disant, alors qu’il est habillé en Mamamouchi, « Ah mon père, comment vous voilà fait ! » et je devais rire. Or, je n’arrivais pas à rire, alors lui venait vers moi se tenant de profil. D’un côté de son visage tourné vers le public il n’avait pas d’expression, de l’autre tourné vers moi, il faisait des grimaces extraordinaires et j’éclatais de rire.

Il était malicieux ?

Il était très blagueur. Dans le métro pour me faire rire il se mettait à marcher sur les mains. Sauf que tout le monde nous regardait et j’étais plutôt gênée. Quant il est allé voir Copeau au Vieux Colombier pour être engagé, il a quitté le bureau de Copeau en parcourant tout le couloir en faisant la roue, de joie.
Pour m’amuser encore il imitait le coq ou le chien, un chien qu’il appelait Farroo, nom qui est resté à mon père dans le cercle familial. Il a été pour moi un père merveilleux. C’était quelqu’un d’exceptionnel, joyeux, gentil.

Proche de son public qu’il allait rechercher sur les places publiques ?

Il avait en effet un très bon contact avec le public et allait volontiers au devant des gens. Je me souviens que quand il était à Saint-Etienne il aimait aller dans les bistrots pour parler avec les gens. J’entends encore ces propos au fort accent stéphanois « le Jean, il aime bien les canons ».

Propos recueillis par Daniel Brignon

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