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Hervé Revelli va coacher des chômeurs

Loire le 05 janvier 2015 - Denis MEYNARD - Collectivités locales - article lu 351 fois

Hervé Revelli va coacher des chômeurs
X.A. - « A chaque fois que je réussirai j'aurai le sentiment d'avoir marqué un but ou gagné un match »

L'ancien buteur vedette des Verts des années 1960-1970 a revêtu ce lundi un nouveau costume de coach à la Ville de Saint-Etienne.

Pour Hervé Revelli, qui a pris cet été ses distances avec le milieu de football, avec sa démission de la présidence de l’US Feurs, dont il avait été l’entraîneur quelques années auparavant, il s’agira cette fois de faire revenir sur le terrain du monde du travail des personnes restées sur la touche. A ce jeu-là, l’ancien peut se prévaloir de l’expérience acquise pendant et après la Coupe du monde de 98, lorsqu’il a travaillé sur les opérations d’insertion baptisées « Coup franc », puis « Remise en jeu ».

A 68 ans, l’ex-avant-centre de l’ASSE relève le défi depuis lundi au sein de la Direction des affaires économiques de la Ville de Saint-Etienne. Mis à disposition de la collectivité par la Fondation agir contre l’exclusion (Face), Hervé Revelli se met ainsi au service de la municipalité conduite par Gaël Perdriau, dont il était membre du comité de soutien aux dernières élections. Son frère cadet Patrick s’était, lui aussi, investi dans la vie publique locale, en étant le conseiller pour les affaires sportives et sociales de Maurice Vincent sous le précédent mandat.

« Oui ce travail de coach sera une activité à plein temps, mais je peux me le permettre comme je suis à la retraite et que je n’aime ni la chasse, ni la pêche ni la cueillette des champignons », ironise l’alerte sexagénaire originaire de Gardanne (Bouches-du-Rhône), désormais installé à Saint-Priest-en-Jarez. Catherine Bruyère, directrice de l’association Face Loire, qui a embauché, moyennant une subvention municipale, le meilleur buteur de l’histoire du club stéphanois (175 buts inscrits en championnat), où il a joué une douzaine d’années et avec qui il a remporté sept titres de Champion de France et quatre Coupes de France, est confiante dans le potentiel de sa nouvelle recrue, déclarant : « il a toujours l’envie et la fibre de la relation humaine ».

« Aider les gens à retrouver du travail, c’est une chose qui me plaît. Je l’ai déjà pratiquée pendant quatre ans avec le conseil général de la Loire, après la Coupe du monde de 1998. Cela avait très bien marché, explique l’intéressé. Mais à la longue ce contact permanent avec la pauvreté et les demandeurs d’emplois de longue durée m’avait épuisé, j’avais voulu arrêter », poursuit celui qui était ensuite reparti entraîner des clubs à l’étranger (Qatar, Ile-Maurice, Bénin, Tunisie, Algérie) et en France (Toulouse Fontaines, Châteauroux, Beaurepaire, et Feurs).

Il souligne qu’en dépit de la morosité économique, les entreprises sont « souvent à la recherche de personnels. La difficulté pour elles c’est de tomber sur les bons. Pour répondre à leurs besoins il faut être réactif, ne pas hésiter à sauter dans sa voiture et aller à la rencontre du patron. Du courage il en faut pour ce travail, mais ça ne me fait pas peur ! » ajoute-il, évoquant le suivi de chômeurs qui l’a conduit à « aller chercher certains à leur domicile, à 6 h 30 ou 7 h du matin, pour être sur qu’ils soient à l’heure à l’usine ». Il conclut : « mon gros souci, ça sera de pérenniser ces emplois en CDI (…) et chaque fois que je réussirai j’aurai le sentiment d’avoir marqué un but ou gagné un match ».

Denis Meynard



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