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Handysoie tisse des ponts

Isère le 07 décembre 2015 - Sevim SONMEZ - Industrie - article lu 238 fois

Handysoie tisse des ponts
Carine Chevallier - Une personne handicapée de l'Esat, et sa référente, qui travaille ponctuellement pour Handysoie

Située à Pont-Evêque depuis 2011, la société Handysoie allie à la perfection atelier d'artisanat textile et démarche solidaire.

C’est le constat navrant de la perte de vitesse des ateliers textiles vieillissants et souffrant du désamour des repreneurs, qu’Hélène Dabbadie a décidé de créer sa propre entreprise alliant savoir-faire et insertion. Cette juriste d’affaires qui a travaillé pour la Maison Hermès pendant plus de 20 ans, décide de reprendre un atelier existant.

Après une formation à l’Ecole de management de Lyon qui la conforte en ses capacités de gestionnaire d’entreprise, elle décide en décembre 2011 de créer sa propre affaire. Sa rencontre avec ViennAgglo est déterminante : elle a ainsi trouvé un local et bénéficié d’un accompagnement. En 2012, 17 employées ont été embauchées en CDI et après trois promotions, elles sont aujourd’hui 24. « L’objectif d’Handysoie est de répondre aux besoins de la maison Hermès dont les volumes grossissaient. J’ai également voulu casser les frontières entre la confection masculine et féminine, tout en remettant debout des personnes éloignées de l’emploi », explique Hélène Dabbadie. L’entreprise réalise des cravates en soie, les ourlets des tapis de plage et des foulards par roulottage à la main. Un travail de couturière pour lequel les salariées ont été formées après avoir été recrutées selon la méthode par simulation. La MRS privilégie les capacités nécessaires au poste de travail plutôt que la formation scolaire.  

Si la première promotion 2012 a été recrutée en externe, les deux autres (2013 et 2015) l’ont été en interne par le biais de la Handyshool, créée en octobre 2012 et animée par une formatrice. Chaque nouvelle salariée s’est vu attribuée une tutrice principale, tout en tournant avec plusieurs, sur différents postes afin de tester avec quelle tutrice les gestes étaient les plus compatibles. De quoi acquérir aussi de la polyvalence. Dès les deux premiers mois, les couturières sont formées à tous les postes et effectuent un « tour de chauffe » sur l’ensemble des produits afin de permettre, lors de la professionnalisation, de déterminer un savoir-faire majeur et un savoir-faire mineur. Certaines cumulent plusieurs savoir-faire, permettant de pallier l’absence de collègues. 

Mais la chef d’entreprise va plus loin en accueillant des personnes handicapées mentales dans le cadre du programme « Esat hors les murs » de l’Atelier de l’Isère rhodanienne (AIR). La structure également située dans la zone d’activités met à disposition deux personnes encadrées par un référent à la disposition d’Handysoie, trois matinées par semaine, pour le conditionnement des cravates.  « A présent, mon projet est de diversifier mon activité et de diminuer ma dépendance économique avec Hermès », conclut Hélène Dabbadie.

Sévim Sonmez



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