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Guy Carron, le cœur chaud et la tête dans le guidon

Loire le 07 août 2014 - Florence Barnola - Actualités - article lu 911 fois

Guy Carron, le cœur chaud et la tête dans le guidon
(D.R.)

« L’Angleterre ça a vachement bien marché », raconte Guy Carron en bourrant de tabac sa pipe qui ne le quitte jamais.

« Trois étapes, 5 millions de personnes ! » s’exclame-t-il tout en positionnant quelques « goodies » Tour de France sur le tréteau. Il s’assoit, se relève, s’agite, dit un calembour ou deux, revient à sa place.
Il est 10 h ce jeudi 17 juillet sur le parvis de la gare de Châteaucreux à Saint-Etienne. Jean-Marc, le neveu Jules et lui-même viennent de finir de mettre en place leur stand accessoires et autres produits estampillés Tour de France. Que l’on rencontre le dirigeant d’Olympic Cycles dans son entreprise ou sur ce campement de fortune durant l’événement sportif ultra médiatisé, le constat reste le même. Guy Carron est un plaisantin qui fait mille choses à la fois et qui est d’une grande gentillesse envers autrui. « Il faut me tutoyer, tout le monde se tutoie sur le Tour ». L’homme, sympathique, avenant, salue à tour de bras. «  Je vois tellement de personnes que j’oublie les noms et où je les ai rencontrées ». Les invitations à boire le café fusent. « J’adore le contact avec les gens », lance-t-il. C’est sans appel, on le croit, on le voit. Il règne sous cette tente une ambiance conviviale et détendue. « Le Tour, ce n’est pas seulement du sport mais c’est aussi l’aspect festif, social et humain », clame-t-il.
A deux pas de leur installation, des Véliverts, fabriqués dans les locaux Olympic Cycles. L’entreprise ligérienne se distingue aussi en étant licenciée officiellement par Aso depuis 5 ans pour vendre des vélos et équipements aux couleurs du célèbre événement sportif. C’est pourquoi la « Carron team » est autorisée à dresser pendant 3 semaines sa tente jaune sur les 21 étapes de la Grande Boucle. « Aujourd’hui on est là et également à Saint Symphorien-sur-Coise. Florian sera ce soir place Jean-Jaurès ». Angela et Guy Carron ont deux enfants. Leur fille Nathalie est enseignante. Florian, leur fils, reprendra l’entreprise familiale en fin d’année quand les parents prendront leur retraite, Guy aura alors 64 ans. « J’essaierai d’être présent quand même. Comme je suis toujours un passionné du Tour de France… ».

Globe-trotter, passionné de langues étrangères

Le couple Angela et Guy est indissociable d’Olympic Cycle. Ils ont fondé l’entreprise ensemble. « On a toujours été avec ma femme des passionnés du vélo ». Ils se sont connus étudiants. Si Angela vient de Regensburg, en Bavière, Guy est originaire de l’Ain. « Je suis Bressan ». Bien qu’il ne soit pas resté à Bourg-en-Bresse car « j’ai passé un tiers de ma vie à voyager ». Après s’être marié, de 1973 à 1976, il est professeur de français en Allemagne. Il effectue à la même période des aller-retours fréquents en France car il étudie à la Sorbonne en économie. Il entrera par la suite dans une école d’ingénieur à Amiens. « Tout ça c’était pour continuer mes études parce que je voulais être ingénieur en gestion. Je venais passer mes partiels en France.  Une fois mes études terminées, on a décidé de rentrer ».
Là commence son histoire avec la région ligérienne. Il travaille à Creusot Loire et poursuit sa formation « C’était une génération qui adorait apprendre. Je suivais des cours du soir à l’Ecole des Mines ». A cette période il part plusieurs fois en Inde et court l’Europe pour des missions. « En 1981, j’ai décidé de poser mes valises et de trouver un autre emploi. C’est là que je suis devenu directeur commercial dans une entreprise de pièces détachées de cycles ». Son tour du monde se poursuit alors. « Je ne sais pas dans quel pays je ne suis pas allé. Des Etats-Unis à l’Iran, la Chine et tout ça… » Il parle six langues : « en sérieux, je parle allemand, anglais, italien. Les autres je ne les maitrise pas à 100 % ». Par ailleurs, en moins d’une heure deux anglo-saxons s’arrêtent à son stand. L’une est Australienne et suit le chemin de Saint-Jacques. L’autre est Néo-Zélandais et cherche à rejoindre le Zénith pour l’arrivée de l’étape.
Guy n’hésite pas à chaque fois à discuter avec eux au-delà du renseignement fourni. « Je suis un passionné de langues étrangères depuis tout petit. J’apprends tout le temps, tout au long de la vie, on apprend. J’adore tout ce qui est grammatical. L’imparfait du subjonctif en italien ça, ça me plait. Pourquoi ? Parce que cela fait travailler la tête. Il faut essayer toujours dans les langues étrangères de ne pas penser français, il faut y aller direct.» Il connaît même le dialecte bavarois. « La Bavière était liée à Napoléon contre la Prusse. Dans le dialecte bavarois, il y a beaucoup de mots français. C’est intéressant, non ?!  »

« J’adore la mentalité des gens à Saint-Etienne. »

Angela et Guy ont allié leur vie familiale et leur passion du cycle en fondant en 1986, Ange création à Bard. « Les enfants grandissant, j’ai voulu encore poser les valises ».  Cette société devient Olympic en 1989 quand ils rachètent la marque et se relocalise à Saint-Romain-le-Puy. « La Loire m’a attirée, je trouve que les gens sont complètement différents par rapport à d’autres régions. Ils sont beaucoup plus ouverts, sympathiques. C’est une région qui a connu des problèmes, mines, sidérurgie, et les gens sont très solidaires toutes catégories sociales confondues. J’adore la mentalité des gens à Saint-Etienne. L’aspect rénovation de la ville aussi m’intéresse et la volonté politique de faire bouger la ville par rapport à certaines régions qui se meurent que l’on rencontre sur le Tour de France. »
On a du mal à l’imaginer à la retraite. Sa femme dit qu’ils vont reprendre le vélo qu’ils ont un peu négligé ces dernières années. Dès septembre, ils partent voyager de Bard à Berlin en bicyclette : « on va faire la Suisse, l’Autriche et l’Allemagne en grande partie en piste cyclable ».  En attendant la prochaine étape, Sappey-en-Chartreuse où ils poseront leurs cartons demain.

Florence Barnola


Date (s) :
1975 et 1976, la naissance de mes enfants. Et la naissance de mes trois petits-enfants.

Lieu :
Bar et Regensburg « j’adore c’est une ville médiévale très bien conservée »

Personnalité (s):
Ma femme, ma belle-mère : veuve, elle a élevé ses 6 ans enfants seule. Et elle y est arrivée.   Mon père qui disait toujours : « tout est possible, il suffit d’avoir la niaque ».

Phrase :
A cœur vaillant rien d’impossible

Ambition :
Que la France soit à l’image du Tour de France. Joyeuse et positive.



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