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La stratégie productive de Henitex-MCF

Loire le 14 mars 2015 - Aline VINCENT - Industrie - article lu 530 fois

La stratégie productive de Henitex-MCF

Henitex (Le Coteau), converteur jusqu'en 2004, date de la première acquisition d'un site de production avec les Ets Roux, a persévéré dans sa volonté d'intégrer la totalité de ses capacités de production de tissus pour le prêt-à-porter féminin en reprenant MCF l'année suivante. Un choix stratégique qui perdure depuis 11 ans.

Le groupe Henitex-MCF est l'un des premiers fabricants distributeurs de tissu maille fantaisie d'Europe. Henitex, créé en 1987, est resté converteur (vente au mètre du tissu fabriqué par des fournisseurs extérieurs) jusqu'en 2004 . Christian Schmitt y est arrivé en 1996 avant d'en devenir majoritaire en 1998 avec l'appui de Lucien Deveaux.

Evoluant sur le créneau de la maille destinée au prêt-à-porter féminin, porteur de créativité et de plus-value, les fabricants français disparaissant les uns après les autres, le dirigeant décidait de mettre un pied dans la maîtrise de la production. En 2004, il saisissait l'opportunité de racheter le tricoteur Roux du Coteau. L'année suivante, il reprenait MCF à Riorges. Enfin, toujours en 2005, il absorbait Viva Maille. Il décidait alors de rassembler l'ensemble de la production sur le site de la zone d'activités de La Villette à Riorges sur près de 7 000 m2 agrandis d'un entrepôt logistique. A noter que l'unité de production travaille essentiellement pour Henitex et le groupe Deveaux, mais aussi pour d'autres clients.

« Les grandes séries d'unis sont parties dans les pays à bas coût de main d'oeuvre, explique Christian Schmitt. « La solution désormais pour perdurer sur le créneau à valeur ajoutée de la maille fantaisie est devenue l'intégration de l'outil de production ». Le profil des clients se partage entre les grandes enseignes de prêt-à-porter (Promod, Zara, Mango, Camaïeu...) et les griffes haut de gamme (Kenzo, Alice et Olivia, Marc Jacobs...). Henitex au Coteau continue à prendre en charge la commercialisation du tissu, dont 70 % à l'export, de l'Europe (l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Suède, la Pologne, la Belgique...) au grand export (le Japon, les Etats-Unis, la Corée, la Chine, la Russie, le Mexique, la Colombie, l'Afrique su Sud, l'Australie...). « Les pays dans lesquels nous sommes le plus présents sont l'Allemagne et les Etats-Unis, précise le dirigeant. Une couverture géographique qui nécessite la maîtrise de plusieurs langues sur le plateau d'Henitex. La démarche commerciale est composée d'un mixe commercial salarié empreint de la culture de l'entreprise et lui consacrant 100 % de son temps et agent indépendant dédié à certains pays.

Maintien des prix

« Tout dépend de la densité de la clientèle dans les différentes zones ». Quant au service création, sur qui repose une grande partie de la stratégie, il comprend six personnes réparties pour moitié sur chaque site. L'une des spécificités du métier réside dans le manque de visibilité. « Nous travaillons à pas plus de 15 jours, et ce, depuis des années... On a donc toujours du mal à imaginer où on sera dans 5 ans seulement. Notre objectif est de toujours avoir en ligne de mire un seuil d'activité en dessous duquel il ne faut pas descendre. Nous devons être en mesure de maintenir toute notre organisation pour être prêts à répondre aux commandes, tant au plan du parc machines que du personnel, sinon, c'est la porte ouverte au déclin ». Autre recette : les investissements. 5 M€ en 10 ans. L'essentiel a été injecté dans des métiers circulaires neufs pour la grande majorité, très performants et porteurs d'innovations technologiques.

Enfin, pour une société qui exporte 70 % de son chiffre d'affaires, la parité monétaire euro/dollar favorable aujourd'hui à l'export, est sans impact pour Henitex dont la ligne de conduite est de maintenir ses prix. « On s'aperçoit sur le terrain que baisser un prix ne sert à rien, notamment sur les quantités achetées, quand on travaille pour des marques dont les quotas très précis sont fixés à l'avance ». Le groupe profite juste ponctuellement de cette opportunité conjoncturelle pour bénéficier de marges plus confortables.

Aline Vincent

Une holding, deux filiales

La holding Elmer dont Christian Schmitt est actionnaire à hauteur de 95 % est composée de deux  filiales. Henitex (Le Coteau) qui appartient à hauteur de 63 % à Christian Schmitt et 33 % à Lucien Deveaux et MCF (Riorges), dont ils sont actionnaires à parts égales. Deux SCI sont propriétaires de murs. L'ensemble regroupe une cinquantaine de salariés. En 2014, Henitex a réalisé un chiffre d'affaires de 8,5 M€, en progression de + 10 % tandis que MCF réalisait 2,3 M€ à + 2 %. « Les fluctuations restent variables d'une année sur l'autre dans une fourchette allant de + à - 10 % », souligne le dirigeant Christian Schmitt.



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