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Grenoble : quel plan d'actions pour le CCAS ?

Isère le 24 juillet 2015 - Caroline THERMOZ-LIAUDY - Région grenobloise - article lu 456 fois

Grenoble : quel plan d'actions pour le CCAS ?
Ville de Grenoble-CCAS - Quel CCAS à Grenoble en 2020?

Alors qu'au conseil municipal du 20 juillet, l'assemblée devait débattre (sans vote) du plan d'actions qui sera engagé en faveur de l'action sociale, l'opposition a regretté l'absence de programme.

Tous les groupes d’opposition ont parlé d’un texte « non opposable » puisque défendant les droits fondamentaux pour tous (même si Mireille d’Ornano, élue FN, a fustigé le « pour tous »). Mais tous ont aussi regretté que les idées généreuses n’aient pas été accompagnées de suggestions d’actions et de financement.

La présentation du plan stratégique pour le centre communal d’action social (CCAS) était précédée par la présentation de l’Analyse des besoins sociaux 2014 (ABS), par M.Denoyelle, adjoint à l’action sociale. Un exposé qui faisait état d’une ville contrastée, avec des différences selon les quartiers, mais où l’on trouve des habitants pauvres dans chaque secteur, y compris dans le nord de la ville. On trouve cependant davantage de moins de 20 ans dans les quartiers sud d’habitat social, et une plus forte représentation des + de 65 ans dans le secteur 3, aux Eaux claires notamment, bien que les secteurs 1 et 5 vieillissent aussi. Sur le plan démographique toujours, plus de jeunes familles dans des quartiers neufs tels que Bonne ou Bouchayet-Vialley.

Des idées reçues se vérifient

La précarité elle, prend des aspects différents : familles monoparentales, personnes seules et isolées, travailleurs pauvres. Bref, Grenoble n’échappe à aucun profil de l’éventail, avec quelques idées reçues qui se vérifient : le nord de la ville est peuplé d’un grand nombre de cadres, alors que les personnes faiblement diplômées se retrouvent davantage au sud. « Les formes de pauvreté ont évolué et il y en a partout, y compris au nord. C’est pourquoi il faut y construire des logements sociaux. Et faire attention à la pauvreté des enfants grenoblois, puisque près de la moitié vivent avec moins de 60 % du seuil médian », intervient Olivier Noblecourt (RGP), ancien directeur du CCAS sous la précédente majorité.

C’est donc à la suite de l’exposé du plan stratégique que les tensions ont débuté. Son objectif global : lutter contre les inégalités par l’affirmation de droits fondamentaux. Des droits fondamentaux établis comme étant les suivants : le droit à des moyens convenables d’existence, au logement et à l’hébergement décent, à la socialisation et l’éveil du jeune enfant, à la santé et au bien vieillir. Pour cela, quelques pistes sont évoquées : l’accès à un service public garantit, accent sur l’information et l’accompagnement, le soutien des garde d’enfants aux horaires atypiques, l’engagement de Grenoble dans la démarche « ville amie des ainés » de l’OMS…

Un programme bien vide selon les différentes oppositions. « Ce plan stratégique n’est pas stratégique. […] Ce document est peu opposable puisqu’il n’y a ni bilan, ni actions. Ce ne sont que des intentions même si elles sont louables. Mais on ne voit pas ce que sera le CCAS en 2020 », explique Lionel Filippi (Les Républicains-UDI-SC). « Pourquoi un débat sans vote ?, regrette Olivier Noblecourt (RGP). Tout ça pour ça ? Il n’y a pas de choix politique, pas de calendrier, pas de prospective budgétaire. […] » Et de signaler l’absence du programme « Parler-Bambin », créé à Grenoble, et qui est abandonné alors même qu’il vient d’être labélisé par le président Hollande et repris par d’autres grandes villes. « Et le souhait d’augmenter le nombre d’enfants de plus de 3 ans en crèches, alors que le gouvernement relance l’école à 2 ans. Des enfants à l’école plus tôt, c’est plus de places disponibles en crèches ! » poursuit l’ancien directeur du CCAS, décidément très remonté. Vincent Barbier (Les Républicains-UDI-SC) lui déplorait l’arrêt des navettes pour que les aînés puissent déjeuner tous ensemble, remplacées par des repas livrés à domicile. « On favorise l’isolement ».

Un plan cependant assumé par la majorité qui défend une approche collective de la ville et une ambition de faire de la politique différemment.

Caroline Thermoz-Liaudy
 



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