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Attentats de Paris : Grenoble en silence et les mots du préfet

Isère le 16 novembre 2015 - Caroline Thermoz-Liaudy - Actualités - article lu 824 fois

Attentats de Paris : Grenoble en silence et les mots du préfet
Caroline Thermoz-Liaudy - Des centaines de personnes étaient présentes Place de Verdun à Grenoble, pour une minute de silence à midi

« La France est en guerre…et la guerre est en France. » C'est par ces mots que le préfet de l'Isère, Jean-Paul Bonnetain, a lancé la minute de silence en hommage aux victimes du 13 novembre, devant des centaines de personnes à midi, lundi 16 novembre, place de Verdun. Interview.

Jean-Paul Bonnetain,préfet de l'Isère, après une minute parfaitement respectée, et qui précédait un chœur de « Marseillaise ».

Quelles mesures ont été prises dans le département dans le cadre de l’état d’urgence ?

Bien sûr, un renforcement des postures de vigilance. Un doublement du dispositif en patrouille ou en surveillance particulière. En uniforme pour rassurer la population, mais aussi beaucoup en civil pour des raisons d’efficacité. Et puis le gouvernement a publié une série de décrets qui renforcent les pouvoir du préfet pour qu’il puisse déclencher un certain nombre de mesures à toute heure du jour et de la nuit. C’est ce que nous avons fait cette nuit de dimanche à lundi sur un certain nombre d’objectifs.

A ce propos, les interpellations de cette nuit confirment-elles la présence dans l’agglomération, d’individus potentiellement dangereux dans un cadre terroriste ?

Nous visions une frange qui est à la frontière poreuse entre la délinquance et la radicalisation. Ce que nous faisons avait aussi pour objectif de saisir un maximum d’armes, l’arme est trop souvent utilisée à tout propos et à tout motif. Nous sommes intervenus à partir d’objectifs repérés, ciblés par les forces de police, de gendarmerie, de sécurité intérieure et de police judiciaire, pour perquisitionner et saisir ce que nous avions à saisir.

La France a-t-elle les moyens techniques et humains de surveiller près de 4000 personnes fichées aujourd’hui ?

La France a les moyens humains et la technologie. Mais les policiers et les gendarmes agissent dans le cadre législatif que la représentation nationale veut bien leurs donner. C’est là où l’action trouve ses limites, qui sont légitimes dans un pays démocratique - il ne s’agit pas de s’ériger en dictature - mais il y a place pour un vrai débat de société pour savoir où est la vraie menace. Ensemble, avec des citoyens qui ont aussi leur rôle à jouer. Certains hésitent à nous signaler des comportements en disant « c’est de la délation »…mais quand on voit quelque chose ou qu’on n’entend quelque chose et qu’on n’ose pas le dire, je ne suis pas persuadé que ça serve l’efficacité. Il y a la place pour un sursaut de conscience démocratique.

Propos recueillis par Caroline Thermoz-Liaudy

 


Le préfet présidait la minute de silence avant d'entamer la Marseillaise

Le sang-froid et l’émotion

En plein interview, une citoyenne grenobloise n’a plus pu contenir ses larmes et a interpellé directement le préfet de l’Isère. « On aurait dû faire ça avant (en parlant des perquisitions NDLR). » Réponse du préfet : « J’entends votre émotion et je la respecte, mais dans notre métiers, nous devons faire preuve de sang-froid et de détermination. Croyez-vous que nous soyons inactifs ? Tous les jours nous interpellons. Entre 2 3h et 4 h du matin, j’étais sur le terrain partout sur le territoire pour interpeller, présenter à la justice et saisir les armes. »
 



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