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Grenoble emprunte 10 M€ : « la gestion des finances 2013 et 2014 était approximative »

Isère le 27 juin 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Région grenobloise - article lu 888 fois

Grenoble emprunte 10 M€ : « la gestion des finances 2013 et 2014 était approximative »
Hakim Sabri, adjoint aux finances et Eric Piolle maire de Grenoble (D.R.)

Il s’agissait de présenter les perspectives budgétaires et financières pour la ville, et pour la suite du mandat.

« Nous découvrons une gestion financière approximative » annonce en introduction Eric Piolle, avant d’ajouter quelques minutes plus tard : « Approximatif, c’est le terme le moins polémique que je puisse utiliser ».
Les explications arrivent ensuite des mots d’Hakim Sabri. « Il y a eu une chute brutale de l’épargne qui est passée de 9,54 M€ en 2012 à 3,8 M€ en 2013, alors que le budget primitif affichait une épargne nette à 8,1M€. Dans les exercices qui ont précédé l’année 2013, il y a eu des efforts de gestion qui étaient faits, et les différences entre le budget primitif et le budget réel variaient de 1 à 2 M€. Mais sur 2013 la différence est de quasiment 9 M€. » Une différence qui selon l’élu, n’est pas justifiable que par les charges imprévisibles. « Ça c’est pour 2013, mais les dérives se sont accentuées en 2014, et malgré tous nos efforts pour essayer de limiter  les conséquences, nous serons malheureusement obligés, pour boucler le budget 2014, d’avoir recours à l’emprunt, et un emprunt conséquent qui sera de l’ordre de 10M€ si ce n’est pas plus. Nous sommes dans la continuité de gestion du  service public et nous sommes obligés d’assumer un certain nombre de choses engagées par l’équipe sortante. » Au moins le message est clair, avec exemple à l’appui. « Sur le budget 2014, il y a eu une demande pour les besoins en financement des ressources humaines de 137M€, et ce sont 131M€ qui ont été votés. Or en 2013, il avait été voté 130,6M€. Ne mettre au budget que 400 000€ de plus pour des frais de personnels, sachant que derrière il fallait aussi prendre en charge la réforme des rythmes scolaires, ça n’était pas sérieux. Autre exemple, nous allons devoir verser 1M€ au symbhi pour l’aménagement des berges de l’Isère, et il n’a été inscrit que 200 000€.» Et quand on demande si on peut imaginer des changements de gestion de la part de l’ancienne municipalité à l’approche de la période électorale ? « On peut l’imaginer… »
Le prochain conseil municipal est d’ores et déjà annoncé comme lieu de débat pour expliquer ces comptes administratifs, de même que celui du 21 juillet où l’on va débattre du budget supplémentaire pour lequel on va recourir à l’emprunt.  Un audit a été commandé en interne, car comme le dit le maire : « Un audit externe aurait coûté 10M€ et aurait été taxé d’être une commande politique. » Et pour le reste du mandat, Eric Piolle précise : « Il va falloir cibler les gros cailloux, voir les détails, et faire des choix. Le coup de rabot partout c’est ce qui nécessite le moins de courage politique, et ça étrangle tout le monde. Il faudra choisir. »

Caroline Thermoz-Liaudy



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