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Saint-Etienne : Graffitis/tags vs municipalité

Loire le 14 novembre 2015 - Florence Barnola - Société - article lu 534 fois

Saint-Etienne : Graffitis/tags vs municipalité
FB - La municipalité stéphanoise préfère voir les tags et graffitis sur des espaces réservés

Le graffiti et le tag divisent. Leurs détracteurs les rangent dans le vandalisme, les amateurs les voient comme un moyen d'expression nécessaire liée à la liberté. La municipalité stéphanoise a décidé d'en faire la chasse tout en proposant des espaces réservés.

« Je ne fais quasiment que du tag parce que je peux le faire partout, n’importe quand, je n’ai besoin que d’un marker, un typex®, ou une craie. » Totipoten, peintre et dessinateur a depuis l’enfance une attirance pour l’expression de rue : « Quand j’étais petit j’étais fasciné par tout ce qui était sur les murs. Je ne faisais pas de différence entre une publicité et un graffiti, je regardais tout. » Il a commencé à tagger et graffer à l’adolescence « C’est aussi lié à la culture hip-hop, j‘en écoutais, j’essayais de trouver un nom et de l’écrire un peu partout. Aujourd’hui je réfléchis plus à ce que je fais. C’est une liberté dont j’ai besoin. » Pour lui, la rue appartient à tout le monde,  « du moment où on n’est pas nuisible. Je n’ai jamais voulu embêter les gens. » L’artiste voit plutôt ce phénomène comme un moyen de canaliser des énergies plus qu’un art. « Beaucoup de gens font ça sans prétention artistique. Je ne considère pas le tag comme de l’art. C’est de l’expression sauvage qui a une dimension sociale. »

« Cela un coût pour la collectivité, pointe Alexandra Custodio, adjointe en charge de la délégation Cadre de Vie à la mairie de Saint-Etienne. Notre équipe avec la délégation Culture travaille à trouver des lieux dédiés à ces expressions urbaines qui doivent être canalisées et organisées. »

En 2014, les interventions pour nettoyer tags et graffitis ont coûté 8 000€ (hors salaires des employés municipaux). Cette année le budget consacré est de 20 000 €. « Il n’y a pas de recrudescence mais on ne veut plus en voir. Le tag pour notre service est un fléau. Au même titre que l’affichage sauvage. C’est du non respect de l’espace public et du patrimoine privé. La liberté des uns s’arrête au respect des autres. » Ainsi deux équipes d’agents municipaux ont pour mission quotidienne de nettoyer tags, graffiti, affiches… « On intervient sur des surfaces taggées de moins de 15 m2 et à hauteur d’homme. » Les graffitis et tags à caractère racistes sont photographiés et envoyés au procureur. « Quand ils sont situés en hauteur, nous faisons intervenir des entreprises privées dotées de nacelles pour les enlever le plus vite possible. » En 2016, le quartier piéton Saint-Jacques va faire l’objet d’une surveillance particulière « C’est un quartier historique qui cumule tous les usages, commerces, restaurants, habitat… On va en faire un quartier expérimental, sans tags. Nous avons lancé un appel d’offres pour trouver une entreprise qui s’occupera de le nettoyer avec des techniques innovantes ».

Florence Barnola

 



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