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Godot attendu à la Bâtie d'Urfé

Loire le 26 juin 2015 - Florence Barnola - Spectacle, Théâtre - article lu 44 fois

Godot attendu à la Bâtie d'Urfé
Christophe Raynaud de Lage - "En attendant Godot" est la pièce au monde la plus jouée

L'une des plus célèbres pièces de Samuel Beckett va se jouer à l'Estival de la Bâtie d'Urfé début juillet. La mise en scène est signée par le Stéphanois Laurent Fréchuret. Une très belle distribution sert cette grande œuvre philosophique du XXe.

Samuel Beckett est à Laurent Fréchuret ce que Edward Bond est à Alain Françon, ils sont entrés dans l ‘œuvre de leur dramaturge fétiche par plusieurs côtés et connaissent bien leur univers. Mais restent toutefois surpris à chaque fois de ce qu’ils découvrent. L’ancien directeur du CDN de Sartrouville a déjà monté six pièces de l’auteur irlandais, des romans, des poèmes, il est aujourd’hui prêt à aborder En attendant Godot d’une grande portée philosophique, métaphysique, extrêmement poétique et ludique. L’humour est férocement présent dans ce texte écrit après guerre, entre 1948 et 1949.

Samuel Beckett a écrit cette pièce en deux actes, en français. Il vécut plus de 50 ans à Paris. Alors que la Seconde Guerre mondiale éclatait, séjournant en Irlande il regagna l’Hexagone préférant « la France en guerre à l’Irlande en paix. » Il sera un résistant très actif. Cette période a indubitablement marqué ses œuvres.

Rire de peur d'en pleurer

« Mais à cet endroit, en ce moment, l’humanité c’est nous… Profitons-en avant qu’il ne soit trop tard. » Dans En attendant Godot, les personnages n’ont d’autres choix que de vivre l’instant présent s’ils veulent continuer à vivre, bien que le désabusement guette… La pièce met en jeu deux vagabonds, Vladimir et Estragon qui attendent un certain Godot sur une route de campagne avec un arbre à la tombée de la nuit.

Les détails sont essentiels, une pièce de Beckett est une partition, les didascalies doivent être respectées scrupuleusement avec ses silences. La musique de l’œuvre prend vie par le respect du rythme que l’auteur a imposé, les mots sont des notes. Les interprètes, dans cette mise en scène, Jean-Claude Bolle-Reddat en tête, font office de diamant sur le vinyle.
Le titre de la pièce dit tout. Peu importe le résultat, seul compte le chemin. Le texte est éminemment philosophique car il plonge dans le vide cyclique de l’existence. Deux hommes attendent, en arrivent deux autres (Pozzo et Lucky) démontrant par leur lien que l’homme peut assujettir son semblable puis ils repartent laissant les deux premiers dans l’attente d’un homme qui ne viendra jamais…Bien que l’optimisme dans ce texte ne soit pas évident a priori, le rire se tapit dans l’ombre prêt à surgir au détour d’une réplique ou d‘une situation.

Florence Barnola

 Cour d'honneur du Château de la Bâtie d’Urfé, jeudi 2, vendredi 3 et samedi 4 juillet.



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