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Ghislain Gresse, self-made man

Loire le 27 mars 2014 - Florence Barnola - Agglomération stéphanoise - article lu 1575 fois

Ghislain Gresse, self-made man
(© GR)

Il faut être professionnel pour être encarté ici.

Condition sine qua non pour consommer. Deux bâtiments. Le plus imposant est celui qui abrite l’alimentaire et là où siège la direction. Depuis son bureau offrant une vue imprenable sur les caisses et les rayons, le directeur vous voit arriver.
La porte franchie, il se lève, le teint hâlé, l’allure sportive, la quarantaine tout juste, et vous salue chaleureusement, l’œil pétillant. Il a l’air détendu bien qu’on le soupçonne à sa manière de bouger, d’être hyperactif. Une grande poignée de main à l’appui, il invite à s’asseoir dans un confortable siège-fauteuil en cuir autour d’une table ronde où trône une petite panière remplie de viennoiseries. Il se dirige automatiquement vers la machine à expressos. Ce percolateur domestique est le nerf de la guerre. Un nombre incalculable de cafés sort de cette machine, surtout le matin. Ghislain Gresse reçoit quotidiennement ses clients dans son bureau-salon aux trois-quarts vitrés. Dans une ambiance conviviale, ça discute, plaisante, échange conseils ou recettes... « Les restaurateurs peuvent passer une heure dans le bureau et faire les courses en dix min. »
Directeur de Métro Saint-Etienne depuis août 2013, il est resté auparavant 5 ans au Vietnam « pour la même boîte ».  A 42 ans, il y dirigeait pas moins de 19 magasins. Ghislain Gresse a commencé sa carrière professionnelle en 1994,  il avait 22 ans, comme chef de rayon avec un Bac pro et un BTS en poche. « Même si on ne fait pas de grandes études, il est possible de graver des échelons et de partir à l’international. C’est valable encore aujourd’hui pour les gens qui sont motivés et travailleurs. » Une petite astuce cependant… « Marquez vos rêves sur un papier et vous verrez !  Si vous vous donnez les moyens que ça arrive… Je m’étais dit que je serai directeur d’hyper à 30 ans, je l’ai été. Je me suis dit que je serai directeur régional à 40 ans, je l’ai été. » Le genre de remarque occulte qui vous rend curieux. « En fait c’est un livre de Bernard Tapie, écrit dans les années 80, qui disait : “si vous voulez réussir vos rêves, marquez votre objectif sur un papier à trois, cinq et dix ans.“ Après on se donne les moyens. » Depuis son premier emploi il consigne ses petites notes dans le même agenda : « un exacompta dans lequel j’écris toutes les phrases qui m’ont plu depuis 20 ans. » D’un haussement de tête, il balaie le mystère : « je l’ai gardé par superstition peut-être. »
Il ne doit son ascension qu’à « un concours de circonstances. Il faut travailler et être au bon moment, au bon endroit. Il y a toujours des gens qui vous tirent vers le haut. Il faut croire à sa bonne étoile », résume humblement celui qui a déménagé plus de 17 fois en deux décennies, allant de Poitiers à Boissy-Saint Léger en passant par Cracovie, Taïwan, Muscat, Hanoï, Saïgon… « Le Vietnam me manque, lâche-t-il, penseur, il faut y aller maintenant, d’ici quelque temps ça ne sera que des buildings. Aujourd’hui, il y a encore du charme. » Il se laisse alors envahir par les souvenirs… « Là-bas, vous savez que vous n’êtes pas en France. Vous arrivez sur le tarmac, ça sent l’Asie. Quand nous ouvrons nos vêtements encore 6 mois après notre retour, ça sent le Vietnam ! Il y a une odeur particulière…. Il y a les paysages, les buffles dans les rizières qui, qui… » Il s’arrête. « 5 ans ça marque une vie. Et puis nous y avons des amis très proches que nous revoyons encore. »
Ce directeur d’un site de 85 employés est aussi papa de jumelles de 10 ans et d’un fils de 14 ans. « Aujourd’hui je suis très bien à Saint-Etienne. L’objectif est de rester en famille et qu’on soit heureux. La vie est une question d’équilibre.» Il est né dans la Drôme à Dieulefit, de parents fonctionnaires. «  3 000 habitants, une ville paisible avec les cigales et la lavande. On a pratiquement pas bougé étant jeunes avec mon frère.» Aujourd’hui il possède avec sa femme une maison dans le village. « Ce sont les racines. Il faut toujours en avoir. Nos enfants ont été conçus à l’étranger. Nous leur avons donné à chacun un second prénom rappelant leur lieu de conception. Yang pour mon fils parce que c’était à Taïwan, et pour mes filles c’était à Oman donc l’une a pour second prénom Omane et l’autre Faïza qui veut dire “grâce et beauté“ en arabe. » De son aventure internationale, il en reste « des liens très forts, parce qu’on n’a pas de famille, on perd son chez-soi. Dans les moments un peu difficiles de travail ou autre, les copains deviennent très importants, votre seconde famille. » Pas besoin de petits-papiers pour s’en persuader.

Florence Barnola


Lieu :
Dieulefit, Saint-Etienne et le Vietnam.

Date :
14 août 1994

Ambition :
La famille

Personnalité :
Steve Jobs.

Phrase :
« Qui n’avance pas recule »



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