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Gérard Filoche : « Personne n'honorera les dettes souveraines »

Loire le 29 janvier 2015 - Louis THUBERT - Politique - article lu 184 fois

Gérard Filoche : « Personne n'honorera les dettes souveraines »
DR - Gérard Filoche : "La victoire de Syriza est enthousiasmante pour le peuple grec"

Inspecteur du travail à la retraite, membre du bureau national du PS et proche de son aile gauche, Gérard Filoche était invité par la section locale à Feurs, mercredi 28 janvier. Nous l'avons rencontré.

Vous étiez présent dimanche en Grèce, lors de la victoire du parti de gauche radicale Syriza aux élections législatives. Dans quelle mesure cela va-t-il changer la donne en Europe ?

C'est une brèche. En soi, cela ne peut pas tout changer, la Grèce ne représente que 2 % du PIB de la zone euro1. Mais c'est une ouverture dans le mur de la dette, le mur de l'argent. C'est enthousiasmant pour le peuple grec.

Quelle conséquence cela peut avoir pour la France ?

Cela montre deux choses : tout d'abord, l'austérité ne marche pas. Ensuite, c'est un exemple d'unité de la gauche. Syriza regroupe 19 formations de gauche ! La gauche n'a pas d'autre moyen pour faire changer les choses que d'arriver au pouvoir. Et aussi des actions sociales, des grèves branche par branche. Mais ce n'est qu'en parvenant au pouvoir, comme Syriza, qu'on y arrivera.

Vous parlez d'unité de la gauche, mais Alexis Tsipras, le leader de Syriza, a passé un accord avec les Grecs Indépendants, un parti souverainiste grec, ni avec le KKE (parti communiste grec) ni avec le PASOK (parti socialiste grec)...

Cet accord, c'est un accord technique, pas politique. Si le KKE l'avait voulu, l'accord aurait été passé avec le KKE. Les Grecs Indépendants ont un point commun avec Syriza : ils sont anti-austérité.

Est-il possible de refuser d'honorer ses créances quand l'Union européenne intime de le faire ?

Oui, c'est possible de ne plus payer la dette. D'ailleurs, c'est plus possible pour la France que pour la Grèce. Il faut taper du poing sur la table ! Personne n'honorera les créances, c'est la vérité, il faut le dire. C'est déjà arrivé au cours du XXe siècle, en Argentine, en Equateur... Il faut dire : "les dettes souveraines ne sont actuellement pas remboursables, comment fait-on à partir de là ?" Et ensuite fixer des taux d'intérêts préférentiels pour les Etats, à 1%, 0,5%.

Une victoire de la gauche radicale peut-elle arriver en France ?

Non, en France ce n'est pas possible. Il faudrait une alchimie dont nous n'avons que les premiers éléments : les Verts, le Front de Gauche, la gauche du PS... Pour le moment tout le monde est coupé en morceaux. Et il n'y a pas de lutte sociale, pas depuis 2010. Cette année là, il y avait 8 millions de manifestants contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy. Les gens n'ont pas gagné contre lui, alors ils ont voulu gagner politiquement deux ans plus tard, mais ils se sont fait floués.

Propos recueillis par Louis Thubert

1 En 2013, selon l'Insee



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