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Geoffroy-Guichard, ça ne passe plus

Loire le 08 novembre 2014 - Xavier Alix - Sports - article lu 1233 fois

« Vous faites la chasse aux joints depuis cette année ? » « M’en parlez pas…», répond le stadier, visiblement agacé de devoir ausculter le moindre paquet de cigarettes alors que son voisin d’à côté annonce la couleur à un jeune homme visiblement peu en règle sur ce type de stupéfiant : « si je vois autre chose, c’est à eux que je vous envoie ».

Eux, ce sont les forces de l’ordre affectées ce jour là à ASSE/Metz. Et elles ne manquent visiblement pas de ressources humaines sur ce match décrété « à risques » au déplacement de supporters adverses interdit. Surprenant en l’absence d’antécédents, au moins récents, et d’un retour tout frais de Metz dans l’élite qui ne fait pas de la rencontre une de ces chaudes soirées du Chaudron.

« Il y avait des éléments de rapports laissant penser à un risque, justifie Noëlle Deraime, à la tête de direction départementale de la sécurité publique (DDSP) qui a accepté de nous recevoir dans les locaux « seventies » cours Fauriel, Mais non, nous n’avons absolument aucune consigne liée à la perspective Euro 2016. En ce qui nous concerne, rien n’a changé cette saison par rapport à la dernière, la deuxième que je connais. Et avant moi, rien n’avait changé non plus. Maintenant, la sécurité aux entrées, c’est l’affaire du club et de ses stadiers. Sur les palpations, nous sommes là seulement en appui, dans le tribunes Nord et Sud notamment et pouvons y procéder de manière aléatoire.» La présence policière dans et autour de l’enceinte relève de la tranquillité publique comme pour tout grand rassemblement. En fonction de la dangerosité évaluée du match, elle peut varier d’une centaine à plusieurs centaines de CRS, policiers nationaux, gendarmes, SDRT, correspondants hooliganisme. Présence facturée au club selon un barème établi.

Plus de charge de travail pour la police

Contactés par téléphone, les syndicats de police FO de la Loire et Alliance des CRS Rhône-Alpes confirment qu’aucune consigne particulière de sécurité n’a été transmise aux agents voyant plus un coup de vis lié aux débordements des dernières années (fumigènes, épisode de Nice), voire au durcissement de Vigipirate dans un contexte international alarmant. Mais pas une pression de l’UEFA sur l’Etat français et l’organisation de sa fédération de football à l’Euro. FO signale cependant que « les stadiers sont depuis cette année beaucoup plus intransigeants. On va jusqu’à nous présenter des gamins de 7 ans avec un opinel oublié dans la poche ! Cela amène clairement une plus grande charge de travail aux collègues du bureau de police du stade qui doivent auditionner ces personnes, les transférer. Ils sont désormais débordés les soirs de match. » Ce que confirme le témoignage relevé auprès d’un contrevenant retenu durant tout un match dans ce bureau pour un fait prohibé : les policiers ce soir là n’auraient pas caché que « l’Euro 2016 » leur amenait un défilé jamais vu de personnes à gérer. Théoriquement, les contrevenants peuvent se retrouver en garde à vue ou être convoqués ultérieurement par la Justice.

Bien sûr, port « d’armes » et introduction de stupéfiants comme de fumigènes dans l’enceinte sont un délit et l’étaient déjà. Mais selon nos propres observations et les témoignages de plusieurs supporters de nature très différente (âge, fréquentation de tribunes…) la sécurité aux entrées n’avait jamais été aussi tatillonne, notamment au sein des tribunes populaires Nord et semble t-il, encore plus au Sud, fief des ultras Greens Angels en conflit avec la direction du club. Jamais, des paquets de cigarettes n’avaient été ouverts, jamais on avait vu des petites filles de 10 ans palpées. Sans compter l’inflation des retenues temporaires d’abonnements assorties d’avertissement ou de privations tout court. L’UEFA, très tatillonne sur la sécurité et qui était encore en visite à Geoffroy mardi 28 octobre, met-elle la pression sur le club résident ?

Saint-Etienne Métropole qui a la charge du stade assure qu’aucune demande ne lui a été transmise en tant qu’hôte de l’Euro dans ce domaine hors cahier des charges sur la rénovation. Nous avons sollicité à plusieurs reprises l’ASSE mais le club informe qu’il ne souhaite pas communiquer dans le domaine de la sécurité…

Xavier Alix

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