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Gendarmerie : Didier Wioland le pacifiste

Rhône le 30 septembre 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1746 fois

Gendarmerie : Didier Wioland le pacifiste
(© Angel Sanhueza)

S’il déclare être né « par hasard » à Bitche, en Moselle, neuf mois après les événements de mai 68, le hasard n’est en rien responsable de la carrière dans la gendarmerie de Didier Wioland.

Avec un arrière-grand-père, un père, un beau-père, un oncle et un beau-frère gendarmes, la voie était tracée. « Les dimanches en famille, les discussions étaient assez vives autour de l’actualité sécuritaire ! », évoque-t-il avec le sourire.
Dès le collège, il suit ses études à l’établissement militaire de La Flèche. Attiré par l’enseignement, il tente sa chance à l’Ecole normale supérieure qui le recale. Qu’à cela ne tienne ! Didier Wioland est décidé à servir l’Etat et il intègre l’école militaire de Saint-Cyr où il choisit d’emblée la gendarmerie. A sa sortie, il est affecté en escadron de gendarmerie mobile et assure, en 1995, la mission du rétablissement de l’ordre en Polynésie française contre les opposants à la reprise des essais nucléaires.
Puis il devient commandant de compagnies d’élèves gendarmes, une fonction qu’il assume avec beaucoup d’enthousiasme, parce qu’il trouve là le véritable sens de son métier. « Le gendarme, héros humble du quotidien et disponible pour les autres, doit faire preuve d’initiative face à l’événement et il incombe à ses chefs de lui donner les moyens d’accomplir ses missions. La gendarmerie est une force armée où il existe une concertation entre la hiérarchie et les subordonnés. »
Lors du conflit des Balkans, il est le précurseur de l’enseignement linguistique au sein des écoles de sous-officiers de gendarmerie. Ensuite, à Colmar, il développe l’ensemble des accords bilatéraux de coopération en matière de sécurité intérieure qui traduisent concrètement les accords de Schengen.
Comme son nom ne l’indique pas, Didier Wioland est un pacifiste. Il se lève le matin pour établir la paix sociale. Il fut qualifié, un jour, d’artisan de la paix. « Le plus beau compliment que j’ai reçu ! », avoue-t-il. A Lyon, il arrive avec l’ambition de faire en sorte que la population puisse travailler, circuler et vivre en sécurité.
Comme en Autriche, où il vient de passer ses quatre dernières années. A l’ambassade de France à Vienne, il s’occupait de la coopération en matière de sécurité intérieure avec les ministères de l’Intérieur autrichien, slovaque, slovène et tchèque. « A Vienne, on ne s’inquiète pas pour ses enfants s’ils sortent après 21 h. Il n’y a pas de raison pour que cela ne s’applique pas à un département de population quantitativement comparable comme le Rhône. » Aussi, pour parvenir à ses fins, Didier Wioland met la priorité sur la lutte contre les cambriolages dont la courbe, régulièrement ascendante, est en cours d’inflexion depuis deux mois.
Outre les renforts, notamment de réservistes au mois d’août, des structures d’enquêtes temporaires spécialisées ont été instaurées contre les vols dans les débits de tabac et vols de fret chez les transporteurs. Il s’agit à présent de renforcer l’occupation de la voie publique par une présence visible et dissuasive sur le terrain, d’impliquer davantage la population par des dispositifs de participation citoyenne et d’alertes SMS personnalisées et de rechercher plus d’efficacité dans le démantèlement des filières structurées.
« Nous allons muscler les Gelac (Groupes d’enquêtes et de lutte anti cambriolages) qui permettent d’avoir une meilleure vision des phénomènes sériels ». Ambitieux dans ses objectifs, Didier Wioland l’est également pour les hommes et les femmes qu’il commande, mais aussi pour sa famille qui découvre Lyon en même temps que lui. Au gré des randonnées dans le Beaujolais ou sur les chemins de Compostelle, il aime transmettre à ses cinq enfants son regard contemplatif sur la nature.

A. G.-P.


La gendarmerie départementale du Rhône

Didier Wioland commande un effectif de 1 064 personnes et 374 réservistes, compétents sur 90 % du territoire du département. Celui-ci est découpé en cinq compagnies : Villefranche-sur-Saône, L’Arbresle, Givors, Bron et Lyon. Chaque année, 24 000 crimes et délits sont constatés. Le centre opérationnel répond à 130 000 sollicitations téléphoniques, soit 30 000 interventions terrain. Une brigade de protection des familles est chargée des violences intra-familiales.



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