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Gauthier Blin : E-réputation, « Il faut se garder de parler pour ne rien dire »

Loire le 29 août 2014 - Mathieu Ozanam - Actualités - article lu 3195 fois

Gauthier Blin : E-réputation, « Il faut se garder de parler pour ne rien dire »
(©DR)

Quelle définition donnez-vous à la « e-réputation » ? Il s’agit de l’ensemble des signaux émis sur une personne physique ou moral et la façon dont ils sont perçus par une entité : le grand public ou les clients.

Quelle définition donnez-vous à la « e-réputation » ?

Il s’agit de l’ensemble des signaux émis sur une personne physique ou moral et la façon dont ils sont perçus par une entité : le grand public ou les clients. La e-réputation a cela de nouveau que le web 2.0 est interactif avec une implication des internautes. L’intérêt de la e-réputation c’est toute la question de la communication, pas toujours perçue de façon positive après l’hypermédiatisation de la personne de Nicolas Sarkozy qui s’est beaucoup investi sur les réseaux sociaux avec la volonté de s’adresser directement aux Français.

Est-ce que les réseaux sociaux, par l’immédiateté des messages diffusés, n’estompent pas le temps de la réflexion et le recul nécessaire avant une prise de parole publique ? Il est également parfois difficile de savoir « qui parle » quand la personne publique et la personne privée se mélange ou quand la personne publique a à la fois des responsabilités dans plusieurs collectivités ?

On a vu lors des législatives de 2012 comment un seul message a mis le feu aux poudres quand la compagne du président de la République a soutenu le concurrent de son ex épouse en twittant. Ce que je dis aux politiques c’est, qu’ils le veuillent ou non, ils sont sur le web. Ils pensent parfois qu’il suffit de supprimer un message qu’ils ne souhaitent plus voir apparaître, mais alors les internautes ressentent négativement cette attitude comme étant une forme de censure. La problématique que je présente dans mes formations c’est d’éviter le « gap » entre l’élu, ce qu’il veut transmettre et la façon dont il est perçu. Il est important qu’il y ait une cohérence entre les signaux émis.

Certains élus twittent au cours d’une séance de conseil municipal ou à l’Assemblée nationale. Il leur arrive de se faire rappeler à l’ordre par des internautes qui leur reprochent de ne pas être suffisamment attentifs. Qui a raison ?

Avant le lieu du débat c’était l’Assemblée nationale, mais combien de personnes regardent les retransmissions des débats à la télévision ? Et encore plus quand ils ont lieu la nuit. En s’interpellant par tweets interposés au cours des séances, les députés déplacent le débat sur les réseaux sociaux. Et puis très honnêtement quand une séance s’éternise, lequel d’entre nous ne s’autorise pas une pause avant de reprendre le travail ?

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre sur les réseaux sociaux ?

Des élus me disent qu’ils souhaitent aller sur les réseaux sociaux mais sans en avoir le temps. Il faut accepter d’être accompagné, de se donner le temps et les moyens dédiés. Il faut prendre le temps de dialoguer et s’entourer de collaborateurs tout comme ils le font sur d’autres dossiers même si c’est difficile pour des élus politiques de déléguer ce qui contribue à leur réputation. L’autre règle c’est de ne pas mettre trop d’informations : deux messages par jour c’est bien, quinze ça devient inaudible. Il faut mettre des messages tôt le matin ou tard le soir car le reste de la journée les Français sont en train de travailler et ne les voient donc pas. Une fois qu’on a compris ces règles, alors on gagne en visibilité. Sur les réseaux sociaux la question de la crédibilité se pose. Concrètement : est-ce que la personne est crédible pour parler ou non ? Il faut se garder de parler pour ne rien dire.

Propos recueillis par Mathieu Ozanam


Les politiques ligériens sur les réseaux sociaux

Le plus actif sur les réseaux sociaux est sans conteste le député socialiste Régis Juanico. Il compte 6 935 abonnés à Twitter et a déjà écrit ou retweeté 4 915 messages. Sur Facebook, il totalise plus de 4 300 mentions « j’aime ». En 2e position arrive le député socialiste Jean-Louis Gagnaire avec 1 976 abonnés sur Twitter et 3 589 tweets rédigés. Il a ouvert son compte en février 2010. Le sénateur socialiste Maurice Vincent arrive en 3e position avec 1 677 abonnés pour 2 004 tweets. A droite Gilles Artigues est suivi par 1 066 personnes sur Twitter et s’il s’est astreint à une cure depuis la fin juillet, il est l’un des plus fréquents utilisateurs de ce réseau social avec 3 023 messages avec un compte ouvert en mars 2012. Le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau n’a plus utilisé son compte Twitter (1 080 « followers ») depuis la campagne. Il est un adepte de Facebook où il compte 4 997 « amis » et 790 personnes le suivent.

[Mis à jour : lundi 1er septembre 2014]



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