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Galerie de portraits au musée de la Mine

Loire le 06 février 2015 - Daniel BRIGNON - Expositions - article lu 226 fois

Galerie de portraits au musée de la Mine
Daniel Brignon - L'un des portraitds mis en scène par la photographe

La première exposition accrochée dans le « nouveau Couriot » présente des visages, des portraits de mineurs du bassin stéphanois saisis dans leur univers familial mis en perspective avec des photographies de sites miniers ou industriels de la région. Une exposition signée Farida Hamak, complétée d'un ouvrage où les sujets se livrent dans le récit de leur propre histoire dans ses aspects de la vie quotidienne.

Le vernissage de l’exposition « Mineurs, ici » avait des airs de réunion de famille. Les 24 sujets de ces portraits sont presque tous là, entourées de leurs proches. Ils se découvrent dans la galerie de photos tandis que Farida Hamak se glisse de groupe en groupe accueillant chacun par son prénom et des embrassades émues.
Ces 24 anonymes ont un nom désormais identifié sous leur portrait et une histoire propre délivrée dans l’ouvrage qui reprend leurs propos recueillis par la photographe.
C’est l’histoire d’une rencontre, celle de Farida Hamak, la photographe de guerre, à la recherche cette fois d’une mémoire plus secrète, celle d’anciens mineurs anonymes, leurs épouses, leurs fils ou filles, voire leurs petits-enfants. La photographe les a rencontrés et s’est entretenue longuement avec eux avant de prendre la pose pour un portrait.
Sur une idée d’Abdellah Zerguine, galeriste de Regard Sud à Lyon, le projet soumis au musée de la Mine était justement de porter un regard sur la mine par le prisme de ses acteurs au quotidien, et leur itinéraire particulier. Des itinéraires qui pour beaucoup convergent vers le bassin minier depuis la Pologne, l’Italie, le Maghreb, la Grèce, l’Espagne, ou alors des campagnes françaises.

Une lente pérégrination dans le paysage minier

Farida Hamak a passé 18 mois à parcourir les paysages du bassin minier et rencontrer ces témoins anonymes de la mémoire minière auxquels elle rend hommage. « J’ai voulu rendre hommage à ces hommes et surtout ces femmes, les oubliées, jusqu’à leurs enfants et petits-enfants qui incarnent la relève. C’est de l’humain où je suis rentrée dans cette histoire, apportant une contribution à la mémoire », poursuit  Farida Hamak qui relève la simplicité et la chaleur du contact qu’elle a eu : « ce qui ressort de leurs propos est la fierté, la solidarité, le partage. Quelle que soit leur origine ils se retrouvaient réunis dans bien des circonstances jusqu’aux fêtes religieuses amplement partagées. C’est un témoignage qui prend une valeur d’actualité aujourd’hui ».
L’exposition, présentée au musée de la Mine de Saint-Étienne a vocation à circuler dans le territoire du bassin minier, dans les villes de Firminy, Saint-Chamond, La Ricamarie, Le Chambon-Feugerolles, qui ont apporté leur concours à ce projet, par ailleurs soutenu par la Région et la Drac dans le cadre de l’appel à projets « Mémoires du XXe siècle ». La publication qui accompagne l’exposition y apporte la substance des témoignages à la première personne, tirés des entretiens et mis en forme par Frédérique Chapuis. Une contribution à la mémoire, pièce inédite à la collection du musée.
Daniel Brignon
« Mineurs, ici », jusqu’au 28 février, grand lavabo du musée de  la Mine de Saint-Étienne.

Farida Hamak

Farida Hamak a six ans lorsque ses parents quittent l’Algérie pour la France. Après avoir débuté des études littéraires à la Sorbonne, elle part en voyage. Elle entre comme reporter de guerre à l’agence Viva en 1980. Alors qu’elle vit entre Damas et Beyrouth, ses images sur la guerre civile libanaise sont publiées dans un livre collectif, Paix en Galilée, Beyrouth (éditions de Minuit, 1982). Elle collabore avec l’agence Sipa Press avant d’arrêter la photo d’actualité en 1990 pour devenir rédactrice en chef de mode du bureau parisien d’Al Khaleejiah-France, le premier groupe de presse du Moyen Orient.
C’est cette double pratique de la photographie (capter les images de guerre et celles de la beauté) qui, dorénavant, fait la singularité du travail d’auteure de Farida Hamak. Elle réalise un livre (2004) puis un film (2005), Ma mère, histoire d’une immigration, qui remporte de nombreux prix. Dans le livre Au détour du Jourdain (2007) elle retrace l’histoire mouvementée de ce territoire Avec les femmes immigrées de Chalon-sur-Saône, elle réalise Sans détour (2009).



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