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Gaëtan de Sainte-Marie, homme de terroir et de transmission

Rhône le 06 novembre 2015 - S.B. - Services - article lu 618 fois

Gaëtan de Sainte-Marie, homme de terroir et de transmission
D.R. - "J'ai toujours voulu lancer mon propre projet"

A la tête de PME Centrale depuis 15 ans, une centrale d'achats collaborative pour TPE, PME et ETI, Gaëtan de Sainte-Marie est un entrepreneur passionné de vins du Jura, sa terre d'origine, à laquelle il associe la transmission, un idéal important dans son parcours.

Biberonné aux vins du Jura par son grand-père et ses amis vignerons, Gaëtan de Sainte-Marie s’intéresse depuis toujours à leur fabrication. Fin connaisseur des différents procédés de maturation des crus jurassiens et du savagnin, le cépage emblématique, il ne manque jamais la période des vendanges, au mois de septembre, qu’il suit fidèlement d’année en année, accompagné de ses trois enfants.

Ce temps partagé reste fondamental pour maintenir son équilibre. « C’est une respiration dans une vie rythmée faite de beaucoup de déplacements et où l’on doit faire preuve d’agilité permanente. Le terroir, c’est le vrai temps du monde : près des caves, en forêt, dans les champs. C’est aussi un moment de transmission », souligne l’amateur de vins jaune ou de paille, ses préférés.  

Cet intérêt pour la transmission et l’accompagnement reste une des pierres angulaires de son histoire. « J’ai toujours beaucoup été aidé, accompagné. Je trouve normal de le faire à mon tour », assure-t-il, très engagé dans le mouvement du Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD) ou directement auprès d’entrepreneurs moins expérimentés, qu’il accompagne « selon leur projet et les équipes associées ».

Plus jeune, c’est d’abord l’un de ses oncles qui l’encourage à partir à l’étranger ; il ira ainsi faire des stages à Londres, à Santiago du Chili, parcourra l’Asie sac au dos pendant plus d’un mois et s’envolera ainsi après son diplôme de l’Esdes, pour l’Australie. « Le voyage, c’est la base pour un entrepreneur : cela implique écoute, remise en question et capacité à s’adapter à un univers qui n’est pas le sien. Quand on réussit à s’ouvrir à d’autres cultures, alors on peut tout réussir », poursuit-il.

Être chef d’entreprise est une évidence pour lui. Non parce que son père est aussi un entrepreneur, mais bel et bien parce que cela correspond à son état d’esprit. « J’ai toujours voulu lancer mon propre projet », indique-t-il. A 13 ans, au collège en Lorraine, il suit le programme de l’association Entreprendre pour apprendre (qui appartient au réseau mondial Junior Achievement Worldwide) et lance sa mini-entreprise. « Nous étions producteurs de variateurs de lumière. J’étais le patron, je gagnais à l’époque 36 francs par mois, les autres contributeurs 32 francs alors que les salariés touchaient 4 francs par heure de fabrication. Ils pouvaient gagner plus que le patron, c’était notre idée », s’amuse-t-il à l’évocation de ce souvenir.

Il est sûr de son choix. D’autant qu’il en a la confirmation à son arrivée en Australie, où il part pour le compte de Pechiney. « Les grandes entreprises, c’est formidable parce qu’elles sont capables de construire de gros projets. Mais ce n’était pas pour moi en tant que personne », commente-t-il.

C’est là que naitra l’ancêtre de PME Centrale, une entité qui s’occupait de la mutualisation des services informatiques de PME locales. Si le modèle australien n’a pas fonctionné - « c’était trop tôt pour ce marché » -, Gaëtan de Sainte-Marie reste persuadé que « les PME peuvent se regrouper pour peser autant que les grands groupes ». Toujours convaincu, il relance son projet de retour en France. Cette fois, son modèle se met à fonctionner. « Il faut se remettre dans le contexte, si aujourd’hui l’alliance est tout à fait normale, ce n’était pas le cas à cette époque. Mais cela fait désormais 15 ans que cela dure », lance-t-il, satisfait.

Aujourd’hui, il fédère 4 500 PME adhérentes autour de son projet collaboratif : « J’ai fait de la collaboration mon modèle de fonctionnement sans savoir que cela s’inscrivait dans un mouvement précis ». Fort de son savoir-faire, il prépare un livre sur le sujet. Encore un moyen de transmettre son expérience.



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