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Gaëlle Sève, l'audacieuse

Rhône le 06 juillet 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1255 fois

Gaëlle Sève, l'audacieuse
(© Angel Sanhueza)

Depuis l’âge de onze ans, Gaëlle Sève se passionne pour le dessin et la peinture.

Fille d’un docteur en chimie nucléaire travaillant à Rhône-Poulenc et d’une mère au foyer, elle poursuit son parcours scolaire avec une seule idée en tête : intégrer l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Saint-Etienne. Obstinée, elle atteindra son objectif quelques années plus tard même si son destin est déjà ailleurs. L’étudiante vient de rencontrer Richard Sève, « un beau cadeau de la vie », souligne-t-elle avec émotion, un jeune pâtissier qui ambitionne de se mettre à son compte. « D’un coup, alors que j’imaginais ma vie autrement, j’entrevois les possibles de cette profession », précise l’entrepreneure dans l’âme. Allant toujours au bout de ses projets, elle abandonne le dessin pour se consacrer pleinement à cette idée et décide d’aller travailler pendant deux ans dans une pâtisserie – la Maison Tourtiller - pour apprendre le métier. Une fois prêt, le couple prend le parti d’investir hors du centre-ville en proposant de bons produits sur place, car « il y a 23 ans, on « descendait » à Lyon pour acheter un bon gâteau ». Culotés, toujours audacieux, ils prennent leurs premiers risques - et leur responsabilité - : « Nous avions fait le choix de ne pas solliciter nos familles et de nous lancer avec une caution bancaire personnelle et solidaire ». Sept ans plus tard, après avoir refait « le vaisseau amiral qu’est notre boutique de Champagne-au-Mont d’Or », le couple a besoin d’un nouveau défi. Toujours avec une certaine faculté à entrevoir l’avenir, ils investissent aux Halles de Lyon, alors pas encore rénovées et vieillissantes. Gaëlle Sève « veut décomplexer la pâtisserie haut de gamme » et imagine un corner « où l’on peut voir et gouter les chocolats et les pâtisseries, avec un service dynamique ». Parallèlement, Sève investit dans un nouveau laboratoire : « c’était quitte ou double » se souvient la présidente. Ce fut une réussite puisque ses effectifs se sont multipliés par deux tandis que les voisins du chocolatier aux Halles de Lyon enregistraient + 30 % de chiffre d’affaires. En 2008, le couple parie encore sur un axe en devenir et ouvre sur les Quais de Saône : « il fallait avoir la capacité d’être patient. Avec le projet d’aménagement des berges, aujourd’hui, nous sommes récompensés ». Croissance, développement rapide, près de vingt ans plus tard Gaëlle Sève a besoin de prendre du recul. « Nous avions pris beaucoup de risques et je ressentais le besoin de valider mes intuitions ». Elle s’engage dans une formation à EM Lyon et suit le programme Advanced Management Programme, à forte connotation internationale. Tandis qu’elle inaugure sa quatrième boutique, un corner aux Galeries Lafayette de Bron, elle passe son oral d’admission. Une période riche, dense où elle « travaille sur ses études de cas la nuit » mais surtout un vrai challenge intellectuel qui lui permet de prendre « de la hauteur, de réfléchir à sa stratégie tout en mettant en application immédiatement ses apprentissages ». Elle réalise enfin qu’elle « aurait pu commettre des erreurs » si elle n’avait pas pris ce temps d’étude et fait véritablement basculer son entreprise de l’artisanat à la moyenne entreprise, aimant « aider les autres à grandir ». Armée, elle est plus à l’aise dans les négociations, d’autant qu’elle a ouvert en fin d’année un autre corner, au Monoprix Croix-Rousse. A-t-elle eu un jour des regrets d’avoir abandonné le dessin ? « A aucun moment », affirme-t-elle, d’autant qu’au quotidien elle stylise les gâteaux, les packagings, les boutiques et imagine tous les projets artistiques du chocolatier continuant à courir les expositions au grès de ses voyages. Indépendante, elle est néanmoins très attachée à sa vie de famille et veille au bien-être de ses deux adolescents. La maitrise du risque en plus, elle continue à voir là où il faudra être demain : inclassable, insatiable, elle avance, toujours un pas devant.

Stéphanie Borg


Date :
30 novembre 2012, le jour de ma soutenance au Advanced Management Programme à l’EM Lyon, symbole de l’effort et du dépassement de soi

Lieu :
Ma maison

Ambition :
Faire en sorte que mes fils soient bien dans leur vie, proches des réalités du quotidien

Phrase :
L’émulation pour avancer

Personnalité :
Charlotte Perriand, architecte designer qui a su s’imposer dans un monde masculin ; une vraie créatrice doublée d’une aventurière



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