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Fruits et légumes moches : juste un coup marketing ?

Loire le 26 octobre 2014 - Emilie Massard - Actualités - article lu 1579 fois

Fruits et légumes moches : juste un coup marketing ?
La grande distribution fait actuellement la promotion des « fruits et légumes moches ». Dans l'objectif de lutter contre le gaspillage, elle les met en valeur sur ses étals. Véritable lutte contre le gaspi ou opération commerciale ?

Les fruits et légumes moches ont la cote.

Panneaux publicitaires, spots à la télévision, la grande distribution les met partout en avant, et surtout dans ses super et hypermarchés. Une place spéciale sur un étal, voire un rayon tout entier leur est consacrée. Pas question en effet de les confondre avec leurs homologues plus gâtés par la nature, puisqu’ils sont vendus moins cher. A l’origine de ces opérations, les enseignes de grande distribution elles-mêmes, mais aussi des groupements de producteurs, comme avec l’opération « Quoi ma gueule ? ». Collectif pour lequel l’objectif est de « redonner la place qu’ils méritent à ces « gueules cassées » dans nos rayons afin qu’ils ne soient plus écartés de nos circuits de distribution ».
La lutte contre le gaspillage est en effet l’objectif principal de la démarche, mettant en valeur ces produits pour éviter qu’ils ne soient jetés. L’initiative séduit les consommateurs, qui réclament le développement de ces opérations dans leurs supermarchés. Si elle se développe petit à petit dans les régions, généralement relayées par des groupes locaux, dans la Loire, les fruits et légumes moches ne sont pas encore arrivés en tête de gondole.
Même si l’idée paraît bonne, elle ne fait pas l’unanimité auprès des producteurs de la région, qui y voient un simple coup marketing de la part des enseignes. Le gaspillage, pour commencer, ne serait pas si important, selon Henri Mazenod, producteur de fruits à Saint-Paul-en-Jarez et président de la section fruits de la chambre d’agriculture de la Loire. « Ce n’est pas du côté des producteurs que le gaspillage est le plus important. Nous avons plusieurs circuits de distribution pour vendre les produits qui ne sont pas calibrés pour la grande distribution. Beaucoup de producteurs font de la vente à la ferme, ou sur les marchés, où la vente des produits de 2e choix a toujours existé. Nous vendons également nos fruits pour transformation (jus de fruits, soupes, plats préparés, etc.) à l’industrie agro-alimentaire, pour qui l’aspect esthétique du produit n’a pas d’importance. Et pour le reste, en ce qui concerne les produits impropres à la consommation, on les remet dans les  vergers pour faire de l’humus. » Outre l’argument du gaspillage qu’il ne trouve pas forcément pertinent, Henri Mazenod craint que ces opérations n’agissent sur les prix des fruits et légumes : « Avec des produits de 2e choix moins chers, est-ce qu’on ne risque pas de tirer encore les prix vers le bas ? ».

Emilie Massard



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