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French Tech : Saint-Etienne sort les crocs

Loire le 23 octobre 2014 - Marine Graille - Tech et Médias - article lu 1419 fois

French Tech : Saint-Etienne sort les crocs
Une dizaine d'agglomérations françaises se sont positionnées dans la course au label French Tech. Dont 4 rien qu'en Rhône-Alpes. Tout le monde sera-t-il gagnant ? Saint-Etienne peut-elle faire cavalier seul ? Quels sont les atouts de son « éco-système » ?

« La labellisation French Tech n'est pas un concours de beauté, c'est un vrai processus d'accompagnement pour les entrepreneurs », prévient Dominique Paret, directeur chargé de l'innovation à Saint-Etienne Métropole.

Depuis un peu plus de trois mois pourtant, les équipes « French Tech Saint-Etienne » valorisent tous les atouts de l’agglomération stéphanoise en matière de d’innovation, de numérique, de dynamisme mais aussi d’entrepreneuriat. « Le numérique représente pas moins d’1,5 Md€ de chiffre d’affaires, plus de 700 entreprises et environ 10 000 emplois sur notre agglomération », rappelait le président de Sem G. Perdriau, lors de la venue de la délégation ministérielle chargée d’un audit auprès des candidats au label. Les points forts de la candidature de Sem au label French Tech ne sont donc (presque) plus à prouver : un espace urbain dans lequel sont concentrés tous les acteurs et activités numériques avec le quartier Manufacture ; un grand nombre de PME industrielles spécialisées dans la mécanique et la santé… Selon D. Paret, la force de la candidature stéphanoise réside aussi dans le fait d’avoir « travaillé sur une spécificité, à savoir le design, alors que beaucoup agglomérations candidates se sont concentrées sur le numérique et les logiciels numériques ». « Nous ambitionnons de devenir le référent design de la mission French Tech et ceci en réseau avec les autres sites labellisés », arguait G. Perdriau. Certes mais avec 4 candidatures en compétition en Rhône-Alpes ne faut-il pas s’attendre à des lendemains qui déchantent ?

Pas de fusion de Lyon et Saint-Etienne… dans un premier temps

La concurrence entre les agglomérations postulantes n’existerait pas selon les différents acteurs de French Tech d’autant plus qu’il n’existe aucune limitation du nombre de candidats. Malgré tout, il n’a pas été question de « fusionner » les dossiers stéphanois et lyonnais. Chacune des deux agglomérations a souhaité dans un premier temps se lancer seule. Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d’Azur sont les régions avec le plus de métropoles candidates avec respectivement 4 et 3 candidatures. Un nombre important qui interroge. Dans un courrier de deux pages envoyé à Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat auprès du ministère de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique, Jean-Louis Gagnaire, vice-président à la Région Rhône-Alpes vante les qualités des 4 métropoles rhônalpines candidates au label (Saint-Etienne, Grenoble, Lyon et Annecy) mais avertit aussi la représentante de l’Etat. « Nous n'altérerons pas à une stratégie gagnante développée depuis une décennie si la labellisation de l'Etat ne prenait pas en compte l'ensemble des quatre projets rhônalpins dans le cadre de l'écosystème "French Tech Rhône-Alpes". C'est la condition pour que l'engagement de la Région soit au rendez-vous, notamment avec la participation au financement des actions et investissements issus des différents projets. »
« On croit qu’il y a deux candidatures distinctes de Saint-Etienne et de Lyon mais en réalité derrière il y a programme métropolitain. On est sur des dynamiques de développement et de proximité. Nos deux écosystèmes sont complémentaires. Nous n’avons pas attendu pour que nos deux métropoles travaillent côte à côte », insiste D. Paret.
Pour Fabien Soler, directeur adjoint de Numélink, si les deux agglomérations de Rhône-Alpes n’ont pas fusionné dès le départ car dans « le cahier des charges de French Tech était que les candidats devaient être des agglomérations distinctes, or Lyon et Saint-Etienne ne font pas partie de la même agglomération ». Un élément dont visiblement Marseille et Aix-en-Provence n’ont pas tenu compte puisque les deux agglomérations n’ont pas hésité à s’unir dès le début pour postuler à la labellisation. Malgré tout « s’il doit y avoir regroupement entre Saint-Etienne et Lyon nous avons déjà entamé un travail en amont », confie F. Soler, dont la structure associative qui regroupe des entreprises de Rhône-Alpes et même au delà, soutient bec et ongles la candidature stéphanoise. « 80 % de nos adhérents sont issus de la Loire, il est était évident pour nous d’apporter notre soutien à Saint-Etienne. »
Les premiers retours de la délégation ministérielle sont plutôt optimistes même s’il reste quelques points à améliorer. « Nous avons eu une petite critique sur notre écosystème qu’ils ont estime trop "foisonnant" et donc pas assez polarisé. Nous allons simplifié davantage notre projet afin qu’il soit plus intelligible », résume D. Paret. Le directeur de la mission French Tech, David Monteau, attend également « de connaître qu’elle va être la stratégie de Saint-Etienne par rapport à Lyon ». « Avant l’audit, on pouvait nous voir trop petits et je crois que la délégation a été surprise par la mobilisation des entrepreneurs. Je crois d’ailleurs que nous avons gagné des points par rapport à l’instruction du projet », croit D. Paret.
Côté financement, le label French Tech Métropole n’apportera pas directement d’argent aux métropoles distinguées mais fera office de « label qualité » pour les écosystèmes. 200 M€ seront par contre consacrés un appel à projets d’accélérateurs de startups même pour celles qui ne se trouvent pas dans des métropoles labélisées French Tech. Enfin 15 M€ permettront de renforcer la visibilité et l’attractivité internationale de l’écosystème français des startups.
Les premiers noms des métropoles obtenant le label devraient être connus d’ici fin octobre début novembre. Il sera alors possible de savoir si Saint-Etienne rugira de plaisir.

Marine Graille


1 000 soutiens à la candidature stéphanois

Apporter du poids et de la crédibilité à la candidature de l’agglomération stéphanoise, Saint-Etienne-Métropole lancé un appel au soutien. Plus 1 010 signatures, pour la plupart d’entrepreneurs ligériens, ont été recensées. Par eux : Jean-Charles Naouri, Pdg du groupe Casino ; Xavier Court, associé cofondateur de vente-privée.com ou encore Pierre Andurand, président de Thalès Angénieux.



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