Fermer la publicité

François Lamiraud au sommet d'un cycle

Loire le 18 septembre 2015 - Daniel Brignon - Sports - article lu 199 fois

François Lamiraud au sommet d'un cycle
Daniel Brignon

Le cycliste stéphanois François Lamiraud s'apprête à livrer le dernier grand combat de sa carrière, contre lui-même. Il s'attaque au record de France de l'heure qu'il détient pourtant depuis le 11 avril dernier. Une récidive tentée à 1 900 m d'altitude au Mexique, pour s'assurer d'avoir tout donné avant de se retirer, accompli, de la compétition.

Il n’aura jamais été professionnel, il en a caressé le projet mais les contacts ne se sont pas concrétisés. « Passer pro, j’en ai rêvé, confie François Lamiraud, quand de 2007 à 2010 je marchais fort et courais avec des pros. Ça ne s’est pas fait, mais je n’en ai aucun regret. » Passer pro impose des contraintes, de la disponibilité surtout, que le sportif a esquivées tout en évoluant au haut niveau mais en gardant sa « liberté ». La liberté en l’occurrence de tenter cette aventure du record de l’heure. « En étant pro, je n’aurais jamais pu vivre cette année-là », particulièrement faste pour le coureur au sommet de sa carrière sportive.

Originaire de Blois, François Lamiraud a tâté du haut niveau déjà dans son premier club, Blois CAC 41. Il est devenu Stéphanois à son arrivée en 2001 au Pôle espoir où il s’entraîne pendant quatre ans sous la direction de Dominique Garde, avant d’en être entraîneur à son tour, brevet d’État en poche, pendant quatre autres années. Pendant ce temps il concourt dans des clubs de la région, successivement le CR4C de Roanne, le Vélo club caladois, le Team pro Immo Cournon d’Auvergne enfin le Vulco-VC Vaulx-en-Velin.

« La piste est mon premier amour »

Son palmarès : 141 victoires de courses ou d’étapes. Champion de France espoirs de course aux points en 2005, il arrive 4e au championnat d’Europe Omnium en 2007. Sélectionné Équipe de France piste il est 13 fois médaillé aux championnats de France de cette spécialité.

« La piste est mon premier amour, rappelle-t-il, j’aime les efforts intenses et solitaires. » Voilà de quoi s’attaquer au record de l’heure, un projet nourri depuis deux ou trois ans, mis en œuvre cette année avec une préparation intense et un staff spécifique de douze personnes : une mécanique horlogère mise en place pour ce challenge. « Pendant six mois avant la course je n’ai vécu que pour ça en prêtant attention à tout : la nourriture, le sommeil, tous les moindres détails qui comptent dans la réussite. » Le mental en particulier compte pour une part capitale pour dominer ce genre d’épreuve. Dans l’heure de course, « les 20 dernières minutes sont terribles. C’est là que le mental prend le relais des jambes », confie le recordman en se remémorant sa course à Roubaix le 11 avril dernier. Il a parcouru en une heure 49,408 km, deux kilomètres de plus que le dernier détenteur du record de France de l’heure, Roger Rivière en 1958.

Il n’en restera pas là : « Le 12 avril au lendemain de mon record, dans un coin de ma tête j’ai ressenti le désir d’aller plus loin. J’avais l’impression d’avoir encore de la marge. Jamais je n’ai flirté avec les limites extrêmes pour exploser pendant la course », explique François Lamiraud qui, derechef, s’attaque à son propre record. Il veut tenter de franchir cette fois les 50 km dans l’heure et faire homologuer un nouveau record de France, fût-il couru sur une piste étrangère, en l’occurrence le vélodrome d’Aguascalientes, au Mexique, réputé être la piste la plus rapide du monde, en raison notamment de l’altitude : 1 887 m. « En altitude la pression atmosphérique étant plus basse, la résistance à l’air est moindre et l’on va plus vite, commente le cycliste qui s’y prendra en deux fois les 20 et 24 septembre prochain. On est souvent meilleur la deuxième fois », pense le coureur, parfaitement confiant qui veut, outre le record de France, établir au Mexique la meilleure performance mondiale amateur.

Ce sera le dernier grand challenge sportif de haut niveau pour le cycliste qui s’apprête dès la rentrée en octobre à décrocher du haut niveau en rejoignant un club de niveau régional, à Sorbiers, où il réside et travaille à la société qu’il a créé en 2010 de vente de matériel de vélo haut de gamme.

« Ce qui m’intéresse désormais, c’est le coaching, l’entraînement des jeunes proches de la compétition. J’ai énormément appris au cours de cette année plus qu’en dix ans de compétition classique et j’ai des choses à partager », conclut le coureur.

Daniel Brignon

Lieu :

Un endroit silencieux, ensoleillé, proche de l'eau... mais avec un peu de wifi !

Date :

Chaque jour est une chance

Personne :

Valérie, ma compagne. Et mes parents

Phrase :

The more i work, the luckier i get

Ambition :

Vivre en bonne santé



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide