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Françoise Grossetête (eurodéputée UMP) : « L'influence française passe par le travail »

Loire le 17 juillet 2014 - Sylvain Thizy - Actualités - article lu 324 fois

Françoise Grossetête (eurodéputée UMP) : « L'influence française passe par le travail »
(© UE)

L'ex-président du PPE Joseph Daul a laissé place à un parlementaire allemand, Daniel Cohn Bendit a quitté la présidence du groupe écologiste… La France est-elle marginalisée comme le titrait il y a peu Les Echos ? Aucun Français ne préside de groupe politique. Les médias sont trop catégoriques dans leur vision.

L'ex-président du PPE Joseph Daul a laissé place à un parlementaire allemand, Daniel Cohn Bendit a quitté la présidence du groupe écologiste… La France est-elle marginalisée comme le titrait il y a peu Les Echos ? Aucun Français ne préside de groupe politique.

Les médias sont trop catégoriques dans leur vision. Il faut connaitre le Parlement de l'intérieur pour voir si les Français sont marginalisés ou pas. Ma fonction, c’est le plus gros porte-feuille du PPE. (...) L'influence française elle passe effectivement par des postes à responsabilité mais beaucoup aussi par le travail individuel des députés. Je suis convaincue qu'un simple député sans aucune responsabilité peut être vraiment influent : il suffit qu'il soit très présent et qu'il travaille énormément sur ses dossiers ce qui lui donnera une expertise. C'est comme cela que se fait l'influence française ! Les Echos, bien que très sérieux, ont eu un jugement trop catégorique qui ne sert pas les intérêts français. Présenter à chaque fois ces questions européennes de manière préjudiciable, c'est contribuer à maintenir un sentiment eurosceptique chez les Français.

Qu'attendez-vous de Jean-Claude Juncker sur les commissions dont vous aurez la charge (santé, industrie, énergie) ?

Nous en avons beaucoup discuté au sein de notre groupe. Nous sommes quelques députés à essayer de faire comprendre à son ensemble combien les questions de santé étaient essentielles. C'est trop facile de dire : « la santé, c'est la subsidiarité ». La subsidiarité concerne, dans le domaine de la santé, les régimes de protection sociale par contre je défends depuis des années la nécessité de mettre en place une vraie politique européenne de la santé. Dans le domaine de la recherche pharmaceutique, l'antibiorésistance est un vrai défi par exemple. Nous sommes confrontés, l'OMS le dit, au risque de voir se développer des bactéries résistantes aux antibiotiques qui feraient que l'on pourrait voir se développer une épidémie contre laquelle nous n'aurions aucune arme. C'est un vrai danger et ce n'est pas fantasmé. (...) Montrons à nos concitoyens que l'Europe est concernée par ce qui est le plus important pour chaque individu : sa santé.

Votre point de vue sur la situation actuelle de l'UMP ? Vous demandez au parti un « effort important » dans un communiqué. Qu'est-ce que cela signifie ? Une refonte totale ?

Je suis catastrophée par cet esprit qu'il y a au sein de l'UMP de division. Personne n'arrivera à quelque chose, personne ne peut imaginer rebondir sur les cendres d'un parti, ce n'est pas possible. Je suis une ancienne UDF issue du Parti républicain démocratie libérale qui fait partie de l'UMP. C'est un grand rassemblement, il faut avoir un esprit de tolérance. L'essentiel est de se rassembler sur des valeurs et des idées. Commençons d'abord par redéfinir un vrai projet politique. Si nous ne sommes pas capables de faire cela, nous aurons tout faux. La situation est grave. J'ai ressenti trop d'esprit de haine chez certains : où sommes nous ? J'ai la chance de faire partie du bureau politique statutaire, j'ai vécu des réunions où il s'est dit un certain nombre de choses. Un bureau politique, c'est le lieu où l'on doit s'exprimer, échanger, dire ce que l'on a sur le cœur mais après il faut reconstruire, repartir sur de bonnes bases. Et ce n'est pas rebondir sur des personnes, c'est définir un projet politique. Il nous faudra un président. Faisons le meilleur choix en dehors de toute velléité. Le problème : tous ceux qui peuvent être candidats à quelque chose ont toujours une arrière pensée derrière. Il est normal d'avoir de l'ambition mais il faut que l'intérêt général prime. Quel est le meilleur choix ? Je ne me prononce pas. J'attends de voir ce que chacun proposera comme projet politique.

Propos recueillis par Sylvain Thizy

Ce qu’elle pense de Juncker

Françoise Grossetête a bien sûr voté cette semaine pour le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker comme son groupe l’avait appelé. « J'ai beaucoup apprécié son discours : c'était un vrai discours politique. Il a dit "la commission européenne doit être politique et non technocratique". C'est essentiel, la politique au sens noble du terme. On voit que c'est un homme d'expérience en politique et c'est une différence importante avec l'ancien président qui n'avait pas une aussi longue expérience. Si la commission n'est pas capable de répondre aux interrogations des citoyens qui ont fait les résultats des européennes, on aura tout faux et la prochaine fois nous aurons des résultats encore plus alarmant qu'en mai. »



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