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Françoise Gourbeyre : Opéra-Théâtre « Gaël Perdriau part de données objectives pour en faire un discours politique »

Loire le 30 avril 2014 - Mathieu Ozanam - Collectivités locales - article lu 2162 fois

L'ancienne adjointe à la culture du maire socialiste Maurice Vincent réagit à l'annonce de la mise à pied de plusieurs cadres de l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne par le nouveau maire UMP. Elle dénonce une revanche politique.

Quelle est votre réaction à la mise en accusation de la nouvelle équipe municipale de votre gestion de l’Opéra-Théâtre ?

Gaël Perdriau qui est élu pour être le maire de tous les Stéphanois est en train de porter un coup dur à l’Opéra-Théâtre. C’est un acte d’une extrême violence. Il a suspendu à titre conservatoire 9 personnes de l’équipe de direction et au-delà, faisant peser sur elles de lourdes suspicions.

Quand Maurice Vincent avait été élu en 2008, l’Opéra-Théâtre avait déjà vécu une transition difficile. On se souvient notamment du départ du directeur Jean-Louis Pichon qui avait ensuite déclaré dans la presse spécialisée qu’il avait été « poussé à partir » et qu’il voyait dans les projets de la municipalité « la mort programmée du lyrique ».

Quand nous sommes arrivés, nous avons fait le constat d’un commun accord avec Jean-Louis Pichon qu’il n’était pas l’homme de la situation car il n’adhérait pas à notre projet.  Nous avons maintenu le cap du lyrique, du symphonique et de la danse. Les spectateurs ont répondu en grand nombre. Permettez-moi de citer quelques chiffres : il y a eu 59 955 spectateurs lors de  la saison 2007-2008, un nombre équivalent lors de la saison 2009-2010. Pour la saison 2010-2011, avec l’arrivée de M. Bergeot, il y a eu 63 113 entrées. Et la saison 2011-2012 le record de 68 070 entrées a été atteint.

Le maire explique que le débat de la saison prochaine est compromise car aucun engagement formel n’a été signé pour les productions à venir. Pourquoi les contrats n’ont-il pas été signé ?

La saison est évidemment programmée, mais nous attendions la décision du maire Maurice Vincent pour envisager de lancer des travaux à l’automne. Nous avions réalisé une étude technique des besoins. Nous avions été alertés de l’extrême vétusté des équipements techniques dans la grande salle qui est en fonctionnement depuis 2001 après l’incendie de 1998. En d’autres mots cela signifie que l’équipement peut mettre en péril la sécurité de ceux qui y travaillent avec des problèmes techniques au niveau des cintres et du rideau de fer qui joue le rôle de coupe-feu entre la salle et la scène.

Gaël Perdriau fait également état de dérives budgétaires et d’un « trou d’un million d’euros, manquant au budget de fonctionnement ». Que répondez-vous ?

En premier lieu que nous avons porté cet opéra malgré les difficultés financières. J’ai passé le mandat à demander des efforts à tous les directeurs des équipements culturels, et l’Opéra-Théâtre au même titre que les autres. Ils ont accepté cet effort partagé pour maintenir le cap de la maîtrise budgétaire. Quand nous sommes arrivés, le budget 2009 de l’Opéra-Théâtre a été amputé de 500 000 €. Il ne nous a pas été possible de répondre aux demandes d’intégration au personnel municipal des choristes et des musiciens car cela dépassait nos capacités financières. Mais tous les choristes et les musiciens ont vu malgré tout leur statut d’intermittents maintenu.

Ensuite il manque non pas 1 M€, mais 600 000 €. C’est vrai que c’est une somme importante, mais il est possible de maintenir le cap et ce n’est pas en mettant un pied sur la tête de ceux qui dirigent l’Opéra-Théâtre que cela va faciliter la situation. Depuis 2012 L’Etat a marqué un retrait de ses subventions de 100 000 €, que nous avons retrouvés en 2013 en établissant une nouvelle convention. En revanche le Département de la Loire s’est retiré depuis 2012 ramenant sa participation de 500 000 € à 300 000 €.

A vous écouter l’Opéra-Théâtre est l’objet d’une controverse politique entre l’ancien et le nouveau maire ?

Gaël Perdriau part de données objectives pour en faire un discours politique. Il est évident qu’il y a de l’usure dans un bâtiment vieux de 46 ans. Quand nous avons été élus nous avons dû rénover des écoles et des bâtiments publics. Son attitude risque d’être fatale à l’Opéra-Théâtre et de fragiliser nos relations avec nos partenaires.

Propos recueillis par Mathieu Ozanam



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