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Forte progression de la chirurgie ambulatoire au CHU de Saint-Etienne

Loire le 19 juin 2015 - Daniel Brignon - Sciences, Santé, Environnement - article lu 844 fois

Forte progression de la chirurgie ambulatoire au CHU de Saint-Etienne
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Le CHU de Saint-Étienne a ouvert le 22 avril une unité de chirurgie ambulatoire réorganisée pour répondre à la progression de cette activité. Avec 30 % des interventions effectuées en 2014 en ambulatoire, c'est-à-dire en hospitalisation courte de moins de 24 heures, le CHU se prévaut de figurer parmi les établissements publics français les plus en pointe. Il veut aller encore plus loin dans l'intégration de l'ambulatoire qui a révolutionné en profondeur la pratique hospitalière.

L’unité de chirurgie ambulatoire a été ouverte en 2008 avec l’ouverture des nouveaux services de l’hôpital Nord. 14 places à l’origine qui en raison de la progression ont été reconfigurées en 23 places depuis le 22 avril dernier dans ce service dédié à l’accueil des patients opérés en ambulatoire. La surface de l’Unité de chirurgie ambulatoire (Uca) n’a pas été augmentée mais l’aménagement amélioré et surtout le flux, sur l’expérience acquise par l’unité et celle du groupe de pilotage pluridisciplinaire qui anime le dispositif global.

8 000 patients à l'année

La capacité d’accueil est désormais portée à 40 patients par jour au lieu de 20, soit 8 000 patients à l’année, ce qui donne une marge de progression confortable au CHU stéphanois confirme le Dr Damien Grivet, référent chirurgical du groupe de pilotage, sachant qu’en 2014, 4 500 opérations ont été effectuées en ambulatoire, soit 33,5 % de la chirurgie. La chirurgie ambulatoire a progressé de 50 % par rapport à 2013 et devrait encore progresser sur une valeur approchante en 2015 où l’on prévoit d’accueillir, estime le Dr Grivet, 5 000 à 6 000 patients. Cela placerait l’hôpital en bonne position par rapport à l’objectif donné par l’ARS d’atteindre les 50 % de chirurgie ambulatoire en 2016.

Le développement de l’ambulatoire figurait parmi les objectifs du plan de retour à l’équilibre de l’hôpital, comme « une donnée fondamentale d’optimisation économique », convient le Dr Grivet, qui souligne surtout le gain de confort et de sécurité pour le patient et l‘effet qualitatif sur l’ensemble de l’activité de l’hôpital.

« Il peut y avoir des craintes relatives à la sécurité dans une hospitalisation de moins de 24 heures, en réalité c’est le contraire qui se produit. La sécurité est accrue grâce à un parcours de soins jalonné de sécurités : une prise en charge du patient en amont de l’intervention, un suivi après le retour à domicile par le chirurgien en lien direct avec le patient », explique le Dr Grivet. « Il y a très peu de cas de patients qui prolongent leur séjour à l’hôpital après une intervention prévue en ambulatoire, c’est de l’ordre de 1 %, la raison en est que l’opération a été préparée et les risques anticipés. »

Le patient « sélectionné » pour une chirurgie ambulatoire, sur des critères environnementaux (état physiologique), sociaux (entourage et autonomie), capacité de compréhension et d’adhésion à la démarche, suivra un « parcours » rigoureusement planifié après une consultation du chirurgien et de l’anesthésiste validant la démarche. Il sera appelé la veille de sa convocation, admis à une heure précise, comme l’est l’intervention rigoureusement programmée. « Il n’y a plus d’attente », prévient le Dr Grivet, pour le  patient qui connaît même par anticipation son heure précise de sortie de l’hôpital.

Les flux à l’intérieur de l’UCA ont été optimisés ainsi que la programmation des interventions au bloc, ce qui a conduit l’hôpital, aidé d’un staff dédié à la programmation, à optimiser l’utilisation de son plateau technique.

Les procédures d’anticipation mises en œuvre pour l’ambulatoire ont été transposées sur les pratiques de la chirurgie traditionnelle. La réflexion et la montée de compétences autour de l’ambulatoire a amené un gain en termes « d’optimisation chirurgicale, d’amélioration des parcours et des flux, autrement dit de qualité et de sécurité pour l’ensemble des activités de l’hôpital », est convaincu le Dr Grivet qui dit-il « continue le travail » d’amélioration de la prise en charge. La réorganisation de l’unité où ont été revus et optimisés les flux, en est l’un des témoignages.

Daniel Brignon

Dix disciplines éligibles

L’amélioration des techniques de chirurgie moins invasives, avec la coelioscopie, mais aussi les progrès dans les protocoles d’anesthésie ont permis d’élargir le champ des interventions en ambulatoire.

Elles se sont pratiquées d’abord dans des disciplines telles que l’ophtalmologie, étendues aujourd’hui à dix disciplines, dont la gynécologie et même l’urologie. Le CHU de Saint-Étienne s’est d’ailleurs illustré à travers, l’année dernière, une première chirurgicale européenne : l’ablation totale du côlon en ambulatoire, opération qui a été reproduite depuis.



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