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Florentin Dumas : « Agriculteur, le métier le plus complet du monde »

Rhône le 06 février 2015 - A. G.-P. - Économie - article lu 298 fois

Florentin Dumas : « Agriculteur, le métier le plus complet du monde »
D.R. - A 24 ans, Florentin Dumas affiche des objectifs ambitieux

Février est le Mois de l'installation en agriculture en RhôChaque année, environ 1 200 agriculteurs s'installent en Rhône-Alpes. Les installations bénéficiant des Dotations aux jeunes agriculteurs (DJA) se réalisent à 60 % sous forme sociétaire, dont 40 % en GAEC (Groupement agricole d'exploitation en commun), et 20 % en EARL (Exploitation agricole à responsabilité limitée). Les chambres départementales d'agriculture, la Région Rhône-Alpes et l'Etat mettent à disposition des outils pour informer et aider les agriculteurs dans leurs démarches d'installation, par le biais de point accueil installation, d'un réseau départ installation, de stage de reprise d'exploitation agricole et de divers financements.

Fils d’exploitants agricoles à Saint-Symphorien-de-Lay dans la Loire, Florentin Dumas n’a pas tracé son avenir professionnel par pure tradition familiale. Car il s’agit bien d’un choix que le jeune homme a opéré par passion pour l’agriculture. A sa sortie de l’Isara - l’école d’ingénieurs en alimentation, agriculture et environnement de Lyon - en 2013, il a déjà un plan de carrière bien défini. « Mes études m’ont permis de découvrir d’autres facettes du monde agricole mais ce qui me plait avant tout, c’est l’exploitation. »
Il guette alors les opportunités de reprise et de création et rencontre Cécile et son frère Pierre-Olivier Grand, éleveurs laitiers à Poleymieux-au-Mont-d’Or. Au sein de leur exploitation, il effectue une période de salariat de six mois et enchaine avec un stage de reprise, accompagné par le dispositif régional d’installation et de transmission qui lui permet de clarifier son projet. « Cette phase de test a été primordiale. Elle m’a permis de découvrir l’existant et d’amorcer une réflexion sur les évolutions potentielles de l’exploitation. »
Florentin se sent très vite accueilli comme un associé par des partenaires prêts à développer leur ferme. « Ils attendaient un peu de dynamisme pour donner un nouvel élan à leur exploitation. » Il s’installe le 1er janvier 2015 au GAEC des Vaches dorées qui produit 450 000 litres de lait par an, avec un troupeau d’une cinquantaine de vaches Prim’Holstein et autant de génisses.
A 24 ans, Florentin Dumas affiche des objectifs ambitieux à horizon de cinq à six ans : « Produire 600 000 litres de lait et doubler le troupeau en le faisant passer progressivement vers la race suisse Simmental, plus rustique et mixte lait et viande. » D’autres projets également, avec la mise au point d’un système de foin ventilé qui offre un fourrage de qualité et supprime l’ensilage. Une augmentation de la part d’herbe et une diminution du maïs dans l’alimentation du bétail qui va flirter avec l’agriculture biologique à laquelle le jeune agriculteur est sensible. « Mais c’est encore trop tôt pour faire franchir le pas à la ferme. Je suis partisan de la révolution en douceur ! »
A côté de la production laitière, le GAEC vend aussi des fruits, abricots et cerises, et de la viande en direct, un créneau qui devrait lui aussi évoluer peu à peu. Car, nonobstant ses objectifs et des contraintes imposées par la traite des vaches deux fois par jour toute l’année, Florentin aspire à une vie « normale », avec des loisirs, des vrais week-ends et des vacances. « Entre une et trois semaines de congé par an », espère-t-il. Et un week-end sur trois pour se reposer des longues journées de travail, que malgré tout, pour rien au monde, il ne voudrait changer. La diversité de ses fonctions lui permet de s’épanouir pleinement : « Je suis dans la réflexion et dans l’action. Le matin, je suis un éleveur laitier ; dans la matinée, je conduis le tracteur ; l’après-midi, je m’occupe de la gestion au bureau, avant de prendre l’habit du jardinier pour effectuer des travaux de taille et enfin, le soir, je reprends ma tenue d’éleveur pour traire les vaches. »
Dans sa commune de la métropole de Lyon, Florentin ne connaît pas la routine. Et comme l’oisiveté n’a pas de place dans sa vie, il s’occupe, à ses heures perdues, de la jeunesse associative en milieu rural et chante dans une chorale lyonnaise, tandis que loin des travaux de la ferme et d’une époque révolue où l’exploitation agricole était une affaire de famille, la compagne de ce jeune agriculteur se destine à une carrière de musicienne.



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