Fermer la publicité

Florence Levréro, à la découverte des primates

Loire le 21 août 2015 - Florence Barnola - Sciences, Santé, Environnement - article lu 501 fois

Florence Levréro, à la découverte des primates
DR - Florence Levréro a démontré que la voix des Mandrills porte une signature génétique et sociale

Enseignante-chercheuse dans l'équipe de neuro-éthologie sensorielle (ENES) à l'université Jean-Monnet de Saint-Etienne, Florence Levréro vient de finaliser une étude portant sur la signature génétique d'une voix chez les primates. Un ordre de mammifères que la scientifique connaît bien puisqu'il est l'objet de ses recherches au sein de l'UMR spécialisée en bio-acoustique.

L’étude sur les mandrills, espèce de primates forestière, vient de  paraître dans la revue scientifique Nature Communications. Une étude qui a duré 6 mois dont trois sur le terrain. Il s’agissait de « savoir s’il y avait une signature génétique et sociale dans la voix. Est-ce que les animaux, les gens avec qui on vit influencent notre manière de parler », résume Florence Levréro.

Pourquoi chercher une signature génétique dans les voix ? « Dans la nature on observe des comportements d’altruisme, de coopération entre individus. Ces comportements en général ne sont orientés que vers des individus apparentés, ses enfants, son cousin, sa demi-sœur, etc. La question de fond qui a motivé l’étude était de comprendre par quel mécanisme des individus pouvaient se reconnaître comme apparentés sans avoir jamais vécu ensemble. »

Depuis 2010, l‘enseignante-chercheuse originaire du Loiret travaille sur les différentes espèces de primates ainsi que sur les pleurs de bébés humains, au sein du département de Neuro-éthologie sensorielle à l’université Jean-Monnet. Son unité mixte de recherche (UMR) est spécialisée dans la bio-acoustique.

Depuis qu’elle est petite fille, Florence a voulu faire des animaux son objet d’étude. « J’étais très attirée par le monde de l’écologie donc l’étude des comportements animaux. C’était ma première motivation. J’avais une idée assez précise de ce que je voulais faire. Très jeune, j’ai eu envie de travailler sur les primates, je pensais déjà aller en forêt observer les animaux et je pensais déjà aux primates que je n’ai pu toucher qu’à bac +5. »

Arrivée à l’âge adulte, elle va à l’université pour faire de la recherche. « J’ai enchaîné les stages jusqu’à faire une thèse sur les gorilles. J’ai fait mes stages d’études master et ma thèse sur les gorilles de plaine au Congo où j’ai passé deux ans en forêt. » Puis, « j’ai un peu bifurqué parce qu’à l’époque je ne connaissais pas du tout la bio-acoustique, je n’étais que sur le comportement animal. J’étais attirée par les primates parce que c’est une espèce sociale proche de nous, complexe, mais j’aurais pu travailler sur un autre modèle. Quand je suis entrée à l’université, j’ai vraiment accroché sur l’esprit scientifique et l’approche de recherche. Je me suis rendue compte que l’espèce n’est pas si importante que cela. Ce qui est important ce sont les questions auxquelles on répond. »

C’est à la suite de sa thèse effectuée à l’université de Rennes qu’elle se spécialise en bio-acoustique et commence à travailler sur les oiseaux. «  Je suis allée en Afrique du Sud et j’ai travaillé en France aussi. » En 2010, elle obtient un poste de maître de conférence d’enseignant-chercheur à Saint-Étienne : « J’ai rejoint le labo de bio-acoustique. L’ENES n’est pas spécialisée en primates mais en communication vocale, du coup nous sommes différents chercheurs et nous travaillons sur différents sujets » ( poissons, humains, primates…)

Dans ses prochaines recherches, Florence Levréro souhaite élargir le champs de l’investigation et ne plus être uniquement sur le son. « Nous voudrions faire ce même genre d’étude en intégrant d’autres canaux de communication, nous allons nous intéresser à la communication multimodale. »

Florence Barnola
 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide