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Florence Badol Bertrand : Si Mozart lui était conté

Loire le 08 mai 2014 - Florence Barnola - Actualités - article lu 1652 fois

Florence Badol Bertrand : Si Mozart lui était conté
(© Georges Rivoire)

« Je me souviens du moment comme s’il s’agissait d’une photo.

À la rentrée 1987, nous étions tous les trois sur le tableau des admissibles à Paris : Emmanuelle admissible au violoncelle, elle avait 14 ans, Jérôme admissible en contrebasse et moi admissible en Esthétique. » Dans la fratrie Bertrand, on est musicien professionnel de la sœur aînée à la benjamine. « Nos parents étaient mélomanes. On allait aux concerts, on allait à l’opéra. J’avais 8 ans la première fois que j’ai vu Faust ». Florence Badol-Bertrand a le timbre de son instrument, les mots coulent, elle vous parle tout en douceur, chaleureusement et clairement.
C’est elle qui a ouvert le bal à ses frères et sœurs. « J’ai commencé très tard, j’adorais la musique évidemment, mais mes parents avaient décidé que l’apprentissage instrumental ne commencerait qu’à ma demande. » C’est par la danse classique que Florence démarre au conservatoire stéphanois, en 6e à la création de la classe en 1972 : «  Plus par amour de la musique que par habileté corporelle parce que je n’étais pas très adroite », excuse-t-elle en riant. « Ensuite je suis entrée en Histoire de la musique en 4e. Je voulais écouter et je voulais savoir pourquoi.» Son professeur était Mme Basson… C’est donc naturellement dans la famille des bois qu’elle entame sa pratique instrumentale en seconde.

« Inspirée par Saint-Saëns »

« Quand j’ai découvert le hautbois, j’ai découvert la possibilité de l’orchestre. Cela a été un stimulant extraordinaire. » L’instrument sera même son sujet de thèse. Florence va poursuivre ses études en Histoire de la musique au CNM de Lyon puis le Conservatoire national supérieur de musique de Paris où elle est inspirée par Saint-Saëns. Aujourd’hui elle y enseigne. « En même temps le conservatoire de Saint-Etienne je ne l’ai jamais quitté, je m’y suis trouvée tellement heureuse… » Elle vit avec sa famille dans la campagne ligérienne et continue de donner des cours au conservatoire de Saint-Etienne. « J’ai 30 ans de trajets de TGV hebdomadaires ! »
En plus de ses cours qu’elle dispense au CNSM, elle anime un atelier à Sciences Po et régulièrement présente des œuvres de Mozart à la Cité de la musique. « Je suis étiquetée, à la Cité, XVIIIe et Mozart. Par exemple récemment je suis intervenue dans le cadre du cycle Mozart enfant prodige ». En 1985, sa maîtrise portait déjà sur Wolfgang Amadeus : « Cela va faire 30 ans que je vis avec cette œuvre là. Je l’ai apprise, je l’ai en moi parfois à 15 jours près. » Elle a écrit deux livres sur son compositeur de prédilection, Mozart ou la vie, dans lequel elle a allié sa passion pour le hautbois, et Requiem au cœur de l’œuvre ultime de Mozart.  Pour elle, écrire ses ouvrages fut une liberté qu’elle s’accordait enfin : «  Cela a été une telle nourriture pour moi. J’ai toujours été un peu docile et scolaire ».
Pourquoi Mozart a-t-il trouvé grâce à ses yeux ? « Difficile à expliquer. D’abord il y a ce côté très touchant d’universel, il n’y a pas besoin d’avoir des clefs pour entendre Mozart. Il y a son humanité aussi, c’était quelqu’un comme les autres malgré son exception. Et enfin j’ai l’impression que je peux toujours trouver une situation qui va m’aider pour décoder les miennes ».

« Une peur du vide »

Entière dans sa passion, totalement dévouée à son art, elle s’est engagée dans différents projets « C’est peut être aussi une peur du vide », ajoute-t-elle. Elle fait partie du comité scientifique de l’édition monumentale Saint-Saëns qui paraîtra en 2018 (1er volume) et en 2028 (2e volume). Elle a également intégré un groupe de chercheurs et une fondation formés d’artistes de tout horizon à Mons, présidés par le fils de Roberto Rossellini.
Des trois enfants de Florence, l’aîné semble avoir attraper le virus. Pierre est corniste comme son papa. « Il est étudiant au conservatoire de Paris. Rémi, le benjamin est encore en première, il joue du trombone, et Marie a fait beaucoup de flûte, mais les chevaux ont pris le pas sur la musique », raconte cette maman fière de ses petits.
Elle avoue avoir un hobby : « Je crochète parfois, dans le train j’ai souvent un crochet et une pelote de laine ». Un bon moyen pour laisser vagabonder son esprit. Sur un troisième livre peut-être ? « Cette fois-ci, je crois que je vais repartir sur Mozart ! »

Florence Barnola

Date :
1756

Lieu :
Le vieux cimetière juif de Prague. Mozart devait passer tout près, en allant de son hôtel à l’opéra pendant la composition de Don Juan

Ambition :
Qu’un orchestre d’enfants soit mis en place à Saint-Etienne

Personnalité :
Mozart…

Phrase :
« Les lumières s’éteignaient et mon soleil se levait. Les musiciens arrivaient l’un après l’autre à l’orchestre. Heureux hommes qui peuvent restés assis là tous les jours »



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