Fermer la publicité

Finortho : le polissage cherche des talents

Loire le 20 décembre 2014 - Emilie Massard - Industrie - article lu 1589 fois

Finortho : le polissage cherche des talents
DR

Créée en 1990 et basée à Saint-Etienne, l'entreprise Finortho a su s'imposer dans le domaine du polissage technique à destination de l'industrie médicale. Elle affiche aujourd'hui une belle croissance qui lui permet de prévoir l'embauche de personnel supplémentaire. Seul problème : le manque de formations existant sur le territoire.

La société, fondée en 1990 à Saint-Bonnet-les-Oules, est rachetée en 2002 par Christophe Aleppée, aujourd’hui actionnaire majoritaire, qui dirigeait à l’époque une société d’implants médicaux. C’est à cette époque que la société est renommée Finortho et déménage à Saint-Etienne. Fort du savoir-faire et du réseau qu’a acquis l’entreprise, Christophe Aleppée s’associe à Alexandre Théoleyre, aujourd’hui président de la société, pour développer l’activité vers l’industrie médicale qu’il connaît bien et dont il sait que le polissage est un poste critique.Depuis 2008, la société travaille d’ailleurs exclusivement pour ce marché. Elle propose aujourd’hui une prestation complète autour du polissage, du sablage au marquage, et a fait de la finition d’implants orthopédiques sa spécialité.

L’entreprise, dont la moyenne d’âge est restée très jeune, s’appuie sur deux concepts importants pour réussir : l’innovation et la réactivité. Preuve de la reconnaissance de son savoir-faire, les clients n’hésitent pas à faire appel aux équipes de Finortho pendant la phase de conception pour des conseils. Finortho travaille majoritairement pour des clients français, qui eux-mêmes vendent leurs produits à l’étranger, en Europe, mais aussi à des pays qui sont en train de développer leurs technologies médicales, et qui commencent tout juste à s’équiper en implants. C’est donc un marché en pleine explosion qui s’offre à Finortho, qui affiche une croissance de 20 % en 2014, avec un chiffre d’affaires de 1,9 M€. Pour suivre cette croissance, la société a du effectuer un recrutement important. Elle est passée de 20 salariés en 2012 à 33 aujourd’hui. Et les besoins sont encore nombreux.

Mais l’entreprise se heurte à une difficulté majeure : il n’existe pas de formation de polisseur sur le marché local. « Sachant que le polissage représente 10 à 15 % de la valeur du produit final, on est sur des postes sensibles pour lesquels il ne faut pas se tromper lors du recrutement », note Jérôme Precheur, responsable qualité. Avec la collaboration du Pôle Emploi, l’entreprise a mis en place une action de formation préalable au recrutement (AFPR) pour former des demandeurs d’emploi avant de les embaucher. 8 personnes ont été recrutées en 2014. La société a également travaillé avec les méthodes de recrutement par simulation (MRS) qui lui permettent d’évaluer les compétences des candidats grâce à un test élaboré pour l’entreprise et pour le poste précis. Trois campagnes de recrutement ont déjà été réalisées par l’entreprise suivant cette méthode, et plusieurs autres sont prévues en 2015. « Nous sommes satisfaits des recrutements que nous avons fait jusque là, mais nous aimerions aller plus loin, ajoute Jérôme Precheur. On ciblait les candidats dans les métiers proches des nôtres, qui travaillent le métal comme les carrossiers par exemple. Mais le vivier se tarit, et les incertitudes concernant l’avenir du CFA par exemple soulèvent des inquiétudes. » C’est pourquoi Finortho s’est tournée vers les entreprises qui ont des besoins en polissage, pour identifier les besoins et souhaiterait créer une formation adéquate. « Aujourd’hui huit postes seraient à pourvoir sur le bassin de Loire Sud. On pourrait donc ouvrir une session de formation, et potentiellement une autre ‘année prochaine. On a donc entamé les démarches auprès de l’UIMM pour reconnaître le métier de polisseur comme étant en tension et débloquer des fonds pour la formation. On espère pouvoir ouvrir une session à la fin du premier trimestre 2015.»

Emilie Massard

L’impression 3D pour se diversifier

Pour diversifier ses activités, l’entreprise a fait l’acquisition en 2011 d’une machine à impression 3D. Intégrée à la salle blanche, la machine permet à l’entreprise de proposer à ses clients du matériel de pose sur-mesure, grâce à des essais réalisés au préalable sur des reconstructions numériques des os du patient. Ces blocs de coupe en plastique permettent un gain de temps important lors des interventions chirurgicales. Finortho a acquis une seconde imprimante 3D en début 2014 et prévoit d’en acheter une troisième pour faire des pièces en métal, envisager de pouvoir réaliser des implants sur-mesure, et pourquoi pas développer cette partie de l’activité vers d’autres secteurs.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide