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Finance - Banque de France : vers une reprise timide en France en 2014 ?

Isère le 22 mars 2014 - Laurent Marchandiau - Actualités - article lu 1136 fois

Finance - Banque de France : vers une reprise timide en France en 2014 ?
Le déficit public devrait se résorber selon la Banque de France. Aujourd'hui, il atteint les -4,1 % en 2013 et devrait être de -3,6 % en 2014 (probablement -4%). A contrario, la dette publique s'établirait cette année à 95,1 % du PIB (contre 92,7 % en 2013) et reviendrait à 91 % en 2017 soit supérieure de 0,8% au niveau de 2012. En photo, Gérard Lioté, directeur départemental de l'Isère de la Banque de France (© Laurent Marchandiau)

Le thème – « Vers une accélération de la reprise en 2014 ? » - abordé par la Banque de France à la Chambre des métiers et de l’artisanat de Grenoble était pour le moins optimisme.

Au niveau mondial, les indicateurs semblaient également bons : une croissance mondiale de 3,4 % en 2013 contre 2,9 % l’an précédent, tirée par les pays émergents, hausse du commerce et de la production industrielle, prix des matières (alimentaires et industrielles) stabilisés et des déficits publics qui se normalisent lentement… Et pourtant ! Si le redémarrage économique tant attendu se fait sentir – le FMI (Fonds Monétaire International) s’apprêtant à réviser à plus de 2,5 % sa prévision de croissance pour les États-Unis – c’est beaucoup moins le cas en zone euro. « Ce n’est qu’au 3e trimestre que la reprise s’est fait réellement sentir dans la Zone Euro », note Gérard Lioté, directeur départemental de l’Isère de la Banque de France. Et de poursuivre : « depuis deux ans, la Zone Euro ne contribue plus au rebond du commerce mondial. » Malgré cet état de fait, les déficits publics au sein de la Zone Euro se normalisent induisant une atténuation des tensions sur les taux souverains. Alors que l’économie allemande reprend progressivement des couleurs, la France connaît une reprise (très) timide avec un déficit commercial se diminuant tandis que les exportations stagnent.

2013 : une année en demi-teinte pour Rhône-Alpes

Dans ce contexte, la région rhônalpine s’en sort correctement. Fondée sur une étude auprès de 2800 entreprises régionales, l’industrie tend à repartir sur le chemin de la croissance voyant une progression de son chiffre d’affaires de 2,6 % par rapport à 2012. Les services aux entreprises résistent (+0,3 %) alors que le BTP plonge avec un chiffre d’affaires en baisse de 1,3 % en 2013. À l’image de la situation nationale, les exportations semblent en panne dans la région particulièrement dans l’industrie (-1,5 % du CA export en 2013.) « En dépit de CA en baisse en 2013, 31 %  des entreprises industrielles interrogées ont réussi à améliorer leur rentabilité d’exploitation », précise Frédérique Marty, responsable des services aux entreprises à la Banque de France à Grenoble. Une amélioration de la rentabilité qui s’est notamment faite par l’ajustement des effectifs, les entreprises de ce secteur ayant moins recours au travail intérimaire. Les services aux entreprises malgré une baisse du CA dans l’ingénierie et études techniques de -1,6 % en 2013 (contre +7,8 % en 2012) se maintiennent voyant même le CA des agences de travails intérimaires progressé de 1,9 % l’an passé alors qu’il régressait en 2012 (-7,9%). Le secteur de la construction a résisté sauf dans le gros œuvre (CA en perte de 3,4 M en 2013) tiré par les travaux publics (CA en hausse de 6 %). Le second œuvre stagne. « La rentabilité pour les entreprises rhônalpines demeure tendue. Les derniers mois, mieux orientés, laissent présager une amélioration pour cette année », souligne Frédérique Marty. Et Gérard Lioté de conclure : « Une accélération de la croissance en France est possible en 2014 : les déficits publics se réduisent, le déficit de la balance commercial se résorbe de même que celle des transactions commerciales courantes. » Une note d’optimisme qui ne pourra se faire qu’à deux conditions : une meilleure compétitivité et une résorption de la dette publique qui atteindra selon les estimations 95,1 % en 2014 contre 92,7 % en 2013 !


Des avis mitigés

En parallèle de la présentation des résultats de la Banque de France, plusieurs chefs d’entreprises sont intervenus afin de les commenter. Morceaux choisis.

S’il est une chose de sûre, c’est que le secteur du luxe ne connaît pas la crise. En atteste Jean-François Perrin, président du conseil de surveillance des tissages Perrin et Fils : « Notre secteur se porte bien notamment en raison de la vigueur des exportations vers la Chine. » Un constat beaucoup moins vrai concernant le numérique en France qui représente 600 000 salariés. « 80 % des entreprises concernées ont moins de 20 salariés. Ce secteur a enregistré une baisse de 0,3 % de son chiffre d’affaires en 2013 alors qu’aux États-Unis, il progresse de 4,8 % et 14 % dans l’offshore voir 25 % en Amérique du Sud ! », confie Gérard Mézin, vice-président de Cap Gemini. Et de poursuivre : « Nous sommes dans une économie de plus en plus administrée, loin de l’économie libérale. Actuellement, nous sommes avec la loi Florange, au 15e texte législatif imposé aux entreprises qui vient rigidifier la souplesse dont on a tant besoin ! » Pour Pierre Streiff, président de la fédération du BTP de l’Isère, « le secteur du gros œuvre a été lourdement impacté par la crise mais on espère que l’on remontera la pente cette année même si de nombreux dossiers liés à la commande publique sont en attente aujourd’hui en raison du contexte électoral. Alors une reprise dans le BTP, oui, mais pas avant la fin d’année voir le début 2015 ! »

Laurent Marchandiau



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