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Fin de vie : la loi Léonetti par Léonetti

Isère le 10 octobre 2015 - Caroline Thermoz-Liaudy - Société - article lu 167 fois

Fin de vie : la loi Léonetti par Léonetti
Caroline Thermoz-Liaudy - Jean Léonetti est venu expliquer les changements dans le texte sur la fin de vie

L'ancien ministre Jean Léonetti était à Grenoble le 29 septembre, pour expliquer dans un amphi plein à craquer de la faculté de médecine, ce qui allait changer dans la nouvelle mouture de la loi Léonetti-Clayes.

Le sujet a toujours fait polémique, et aujourd’hui entre la nouvelle lecture parlementaire et le second procès de Jean Mercier à Saint-Etienne, il est particulièrement d’actualité. Jean Léonetti s’est déplacé à Grenoble, pour défendre son idée de la fin de vie. « Aujourd’hui la mort est médicalisée. La médecine progresse, alors nous devons nous poser la question de sa limite. Jusqu’où la médecine est-elle encore raisonnable ? Est-ce parce que je peux le faire, que je dois le faire ? » Le scientifiquement possible est-il compatible avec l’humainement souhaitable ? 

L’éthique entre forcément en ligne de compte à l’heure où la dérive possible est la mort à la carte. « Il n’y a pas de réponse toute faite quand il y a conflit de valeurs. Ça ne peut pas être la morale contre la science [...] J’affronte des valeurs fondamentales mais variables, quand on est bien portant, on se dit qu’on ne supportera pas certaines situations, et quand on y est, finalement on supporte. » La loi, depuis 2005, ne dit pas quoi faire, mais pose le débat. « Il faut du dialogue entre le patient, les soignants, et l’entourage ».

Le texte part de 3 obligations médicales : je ne t’abandonnerai pas, je ne te laisserai pas souffrir, et je ne te prolongerai pas plus que nécessaire. « Ai-je le droit de calmer la douleur même si ça doit raccourcir la vie ? Dans la loi de 2005, la réponse est oui, surtout que parfois soulager prolonge la vie. Il ne faut plus opposer le curatif et le palliatif. En fin de vie, la loi dit que la qualité vaut plus que la durée. » La nouvelle loi met en particulier l’accent sur les directives anticipées et dit aussi que le droit à la mort n’est pas l’équivalent du droit  à la vie. « En revanche dans la loi de 2015, si un patient est en fin de vie à court terme et que le corps médical ne peut pas le soulager, le texte valide le droit de dormir avant de mourir. » C’est donc la sédation qui sera le changement majeur.

Toujours pas d’euthanasie prévue en France, ni de droit au suicide assisté. « Il faut se mettre du côté de la loi possible. A titre personnel, on peut comprendre toutes ces situations, mais le législateur ne peut pas ouvrir un droit à mourir». Dans l’assemblée ce jour-là, pas d’opposant au texte, mais des professionnels et des citoyens qui pensaient au contraire que le texte n’allait pas assez loin.

Caroline Thermoz-Liaudy
 

 



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