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Feurs : Johann Cesa (PS) demande des « explications » sur la carrière de Quentin Bataillon

Loire le 29 août 2014 - Louis Thubert - Forez - article lu 1723 fois

Feurs sera-t-elle une nouvelle ramification de l'affaire Bygmalion ? Le 20 août, Europe 1 sort un scoop : un ex-collaborateur de Bastien Millot serait le prochain directeur de cabinet de Jérôme Lavrilleux, l'homme qui a avoué à la télévision que l'UMP avait un système de surfacturation pour la campagne des présidentielles 2012.

Le nom du nouveau « dir' cab' » de Jérôme Lavrilleux ? Quentin Bataillon, pas encore 21 ans, et conseiller municipal forézien depuis mars 2014. Toujours selon Europe 1, Quentin Bataillon

Aussitôt, la machine politique s'emballe à Feurs. Johann Cesa, à la tête du groupe d'opposition  Génération Feurs envoie un communiqué demandant des éclaircissements « sur les anciennes activités professionnelles » de M. Bataillon, ou sa démission. L'UMP riposte. Jean-Pierre Taite, maire de Feurs et membre du parti de droite, récuse l'idée d'une explication au micro de France Bleu : « Quentin Bataillon a des choix de vie privée qui lui appartiennent, je ne suis pas son père. Les fhèmes nationaux qui font la une des journaux n'ont pas leur place au conseil municipal. »

Dans un communiqué, le député et président de la fédération UMP de la Loire, Dino Cinieri, parle carrément de « politique de caniveau » et demande au PS de « balayer devant sa porte ».

L'affaire semble en train de retomber. Contacté par téléphone, Johann Cesa déclare : « On peut avoir travaillé pour quelqu'un comme Jérôme Lavrilleux et ne rien avoir à se reprocher. Quentin Bataillon n'était certainement qu'un stagiaire parmi d'autres chez Bygmalion. » L'élu PS déplore tout de même : « Jean-Pierre Taite répond à la presse, mais pas à moi. Je lui avait envoyé un mail pour en savoir plus, il n'a pas voulu me parler. »

De la rédaction en free-lance

Quant au principal intéressé, il a accepté de rencontrer L'Essor Affiches, mais refuse toute demande de la presse nationale. « Je n'ai pas été stagiaire, j'ai travaillé en free-lance pour Bygmalion à la rédaction de tracts et de profession de foi pour les législatives 2012 ». Pas sur la campagne de la présidentielle, donc. Le jeune homme, qui a été assistant parlementaire pour Françoise Grossetête avant de rejoindre l'équipe de Jérôme Lavrilleux, défend son employeur actuel : « Dès son arrivée au Parlement Européen, il a su prendre les dossiers en main. » Pour lui, cela reste du domaine de la vie privée.

Visiblement, le côté autodidacte de Jérôme Lavrilleux a séduit Quentin Bataillon. Ce dernier a déjà été directeur de campagne à 17 ans, en 2011, lors de l'élection d'Henri Nigay au Conseil Général. Les deux hommes ne sont pas passé par des études longues type Sciences Po : Jérôme Lavrilleux a un BTS, Quentin Bataillon étant en licence de droit – qu'il validera au fur et à mesure, son mandat et son travail de directeur de cabinet lui prenant beaucoup de temps.

Quentin Bataillon est plus prudent sur Bastien Millot, qu'il dit avoir rencontré « en tant que militant ». Malgré cela, difficile de voir en lui un Florian Bourges, le stagiaire de Clearstream à l'origine de fuites. Ironiquement, Quentin Bataillon, encarté, formé par l'UMP, travaillant pour un député qui y est affilié, regrette « l'arrivée des partis dans la politique forézienne ».

Louis Thubert



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