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Festival de géopolitique de Grenoble : les relations russo-européennes en question

Isère le 20 mars 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Actualités - article lu 814 fois

Festival de géopolitique de Grenoble : les relations russo-européennes en question
En plus gros, les mots qui reviennent le plus dans la bouche des français que l'on interroge sur la Russie

Le thème de la 6ème édition du festival de géopolitique a été choisi il y a un an : « Eurasie, l’avenir de l’Europe ? » depuis, il a été rattrapé par l’actualité, et par les évènements en Ukraine et en Crimée.

« Le programme est bouclé depuis 4 mois. Les récents évènements vont surement modifier le contenu des discussions, mais il n’y aura pas de grosses modifications du programme, car nous ne faisons pas de festival de l’actualité. La géopolitique se pense sur le long terme », explique Jean-Marc Huissoud, organisateur du festival et professeur à Grenoble Ecole de Management (GEM). « L’année dernière, nous avions choisi ce thème parce que la Russie était jusqu’à présent en dehors du festival, il fallait combler ce manque. Et puis il y avait les JO de Sotchi, les Pussy Riots, et d’autres alertes, venues par exemple des pays baltes. »
Dans un esprit accessible, le festival se veut un point de rencontre des experts économiques, institutionnels ou enseignants, avec un public plus large, étudiants, lycéens, et citoyens, afin d’apporter, si ce n’est des réponses, des éclairages aux questions des grandes gouvernances mondiales. Il s’agira de questionner les rapports entre l’Europe et l’ex espace soviétique.
13 nationalités seront représentées lors de ce festival européen, avec quelques conférences en anglais, et un visionnage possible en direct via Internet. L’an dernier, plus de 8000 connexions avaient été enregistrées. Cent quinze intervenants répondront présents, issus d’un large panel professionnel, institutionnel et académique. En plus des tables rondes, des documentaires seront projetés, des expositions auront lieu (notamment sur la BD, instrument de discours politique et de propagande en Corée-du-Nord), et deux simulations de crises seront menées sur le principe du jeu de rôle, la première dans un conseil de sécurité, l’autre en conseil européen.
Un groupe de 10 étudiants de 1ere année travaille sur la communication auprès du public lycéen et étudiant, dont Célia Pouget. « On ne fait pas que du markéting ou de la finance, un décideur doit être ouvert. Il faut aussi décomplexer les étudiants, et faire naitre des vocations : le festival n’est pas réservé aux seuls spécialistes ».


Festival de Géopolitique - « Eurasie, l’avenir de l’Europe ? » du 3 au 6 avril à GEM. Entrée gratuite (inscription obligatoire) programme sur www.grenoble-em.com, visionnage en direct : www.festivalgeopolitique.com.


Les Français et la Russie

En parallèle de l’organisation du festival de géopolitique, GEM a  fait réaliser un sondage par Harris Interactive (entre le 24 et le 27 février), sur la vision des Français sur la Russie. En ressort un résultat assez attendu : 78% ont une mauvaise image, dont 59% une image plutôt mauvaise et 19% une image très mauvaise. On remarque une ambiguïté, puisque les Français interrogés montrent souvent un intérêt pour le pays, par sa taille, sa culture, sa langue, mais la personne et la politique de Vladimir Poutine font écran.
Toujours selon l’échantillon, la Russie n’aurait pas de place prédominante sur la scène politique internationale. Malgré un sentiment de force, et une impression de pays au rôle important, il n’aurait pas de capacité réelle dans l’estimation des Français.
Une vision nuancée par Jean-Marc Huissoud : « Les résultats sont certainement imprégnés du discours des médias. Le festival pourrait apporter un nouvel éclairage ».



Allibert Trekking : aventurier et géopoliticien

Gérard Guerrier est responsable d’Allibert Trekking, entreprise spécialisée dans le tourisme d’aventure. « Dans notre métier, on baigne dans la géopolitique, car on doit s’assurer de la sécurité de nos clients et de nos investissements. Nous ne sommes pas très présents dans le centre de la Russie, mais dans le pourtour (Caucase, Carpates), ou dans les pays de l’ex URSS. Des secteurs où le tourisme est difficile malgré la beauté des paysages et de la culture car les relations sont compliquées, par exemple entre la Russie et la Géorgie. Nos guides doivent être très prudents. Certains territoires ne sont pas encore suffisamment surs comme la Tchétchénie. Nous sommes par contre au Tadjikistan et en Ouzbékistan, malgré le conflit entre les deux pays, sur l’accès à l’eau, et malgré le souhait d’indépendance Ouzbèk, alors que les Tadjiks sont sous protection russe. Globalement, la situation politique morale d’un gouvernement ne nous intéresse pas, on s’intéresse aux gens. On n’aime pas Poutine, on aime les Russes. »

Caroline Thermoz-Liaudy



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