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Politique : en Isère comme ailleurs, les femmes sont toujours plus ou moins hors jeu

Isère le 10 mars 2017 - Sevim SONMEZ - Politique

Politique : en Isère comme ailleurs, les femmes sont toujours plus ou moins hors jeu
DR - Les maires sont plus nombreuses dans les communes iséroises de moins de 1 000 habitants

Pour la date symbolique du 8-Mars, celle de la Journée internationale des droits des femmes, l'Insee Auvergne Rhône-Alpes vient de publier une étude intitulée « Les femmes et la politique locale ». Malgré une féminisation imposée par la loi de la parité, le monde de la politique reste empreint d'inégalités. L'Isère est dans la moyenne nationale.

C’est un important travail de recherche documentaire et de statistiques qui a débuté en novembre 2016 pour aboutir à cette publication. Des milliers de données ont été récupérées auprès du Haut conseil à l’égalité homme-femme, de l’observatoire des inégalités, au fichier national des élus.

Cette étude est composée de deux parties. La première concerne la répartition homme-femme à l’échelon local, départemental et régional. Et il suffit de regarder la composition l’exécutif de la Région et du Département pour constater que les présidents sont des messieurs depuis des décennies, voire depuis toujours. Alors si les femmes peinent à se frailler un chemin jusqu’à la présidence, la parité est toutefois respectée au niveau des assemblées. Mais elle n’est pas vraiment le résultat d’une initiative du microcosme politique. Non, elle a été imposée et rendue obligatoire par la loi.

Or, « certaines personnes continuent à penser que le monde politique est réservé aux hommes, déplore Nathalie Béranger, conseillère municipale de l’opposition à Grenoble et présidente de l’Afei*. Notre association a été créée huit mois après que le premier vote ouvert aux femmes en mars 1945. Avant nous nous battions pour obtenir la parité, aujourd’hui pour que la place des femmes en politique soit reconnue. Bien souvent quand elles font un discours en public, les hommes leur coupent la parole ou reformulent leurs propos pour les déstabiliser. » Préparer ses discours, ne pas rester passive et reprendre la parole lorsqu’elles sont interrompues, et ne surtout pas douter de ses capacités, tels sont les conseils donnés par cette association qui est un lieu d’échange et de partage d’expériences. 120 communes sur les 526 que compte l’Isère adhèrent à l’Afei.

Une lente féminisation en Isère

L’Insee a démontré qu’en Isère,  les femmes maires sont plus nombreuses dans les communes de moins de 1 000 habitants (18,7 %) que celles de plus de 1 000 habitants (16,5 %). « Pour les élections uninominales, donc les mandats les plus importants comme la présidentielle, la parité est inexistante, certains partis politiques préférant payer des pénalités plutôt que de présenter des candidates », souligne N.Béranger.  

Quant à la répartition des compétences au sein des assemblées départementales ou des conseils municipaux, les femmes sont reléguées aux thématiques du quotidien comme le social, la famille, l’éducation ou la culture. Les commissions stratégiques comme les finances ou l’économie étant très souvent attribuées aux hommes. « Même s’il est difficile de changer la nature humaine, il faut que les femmes politiques foncent et arrêtent de douter d’elles, insiste la présidente de l’Afei. Les hommes eux acceptent toutes les attributions et évaluent ensuite. »

La deuxième partie de l’étude s’intéresse à la catégorie socio-professionnelle des élus et relève trois points : plus d’employées et moins de retraitées chez les élues municipales et 20 % sont cadres, un pourcentage identique pour les hommes. L’arrivée des femmes a rajeuni les assemblées municipales et régionales, en moyenne 59 ans pour les femmes contre 61 ans pour les hommes. Cet écart passe à 5 ans pour le Département (53 ans contre 58 ans).

Malgré des inégalités toujours présentes, le département de l’Isère se situe dans la moyenne en termes de parité. « Heureusement les mentalités évoluent avec l’arrivée de la jeune génération d’hommes politiques. Aujourd’hui, une assemblée sans présence féminine renvoie une mauvaise image, celle d’élus ringards. Raison pour laquelle, les femmes sont plus présentes », conclut N. Béranger également conseillère régionale. 

Sevim Sonmez

* Association des femmes élus de l’Isère

 

Lois et constats

8 juillet 1999 : principe de parité en politique inscrit dans la Constitution. 6 juin 2000, 1ère loi parité pour les élections régionales et pour les municipales (plus de 3 500 habitants), parité stricte pour les européennes, sanction financière pour les partis ne respectant pas la parité aux législatives. 11 avril 2003 : parité stricte aux régionales. 17 mai 2013 : elle s'applique dès le seuil de 1 000 habitants pour les élections municipales, parité stricte (binôme) pour les élections départementales.

En Isère, on compte actuellement 2 sénatrices sur 5  (Annie David - PC, Eliane Giraud - PS), 4 députées sur 10  (Geneviève Fioraso, PS ; Marie-Noëlle Battistel, PS ; Michèle Bonneton, EE Les Verts ; Joëlle Huillier, PS). 17 conseillères régionales iséroises sur 33 (50 %), 29 conseillères départementales sur 58 (50 %),  90 maires sur 533 (17 %), 937 adjointes (2016), 3 877 conseillères municipales (2014). 



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