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Fabrice Eulry : Le pianiste qui endiable le clavier

Loire le 27 septembre 2014 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Roannais - article lu 1237 fois

Fabrice Eulry : Le pianiste qui endiable le clavier
Fabrice Eulry (D.R.)

Compositeur, interprète, ce fou de musique afro-américaine ensorcelle par le jeu de ses mains sur le piano le public des plus grandes salles de concert.

Il nait à Carmaux (Tarn), le 4 septembre 1962. A trois ans, il écoutait du Ray Charles. Il se laisse très vite envoûter par cette musique. Elle influera sur ses créations musicales dont l’originalité est de s’appuyer aussi sur la tradition européenne. En 1981, il passe pianiste professionnel, soliste. Basé en province, il fait des passages remarqués sur les scènes de Lille. A Grenoble, il fait un tabac relaté par France 3. Il passe deux ans à la Nouvelle-Orléans en 1988-1989, puis revient en France, où il s’isole au cœur du Massif Central pour composer et aiguiser son jeun pianistique.
Sa notoriété monte en puissance. Remarqué par Carl Schlosser, il enregistre avec lui son premier CD en 1991, primé par Mainstream de l’Académie du Jazz. Le voilà introduit dans les milieux du musette, du folklore, et des clubs… Il passe au Petit Journal, Slow-Club, Caveau de la Huchette. Son nom se médiatise, salué par les critiques. Sa main gauche endiable le clavier. Les fous de musique de la Nouvelle-Orléans lui font confiance, tels : Gilbert Leroux, Marc Laferrière, Sidney Bechet junior (avec qui il enregistre pour M6 au Festival de Juan-les-Pins en 1994), le rocker Joël Daydé l’engage dans son orchestre, Ricky Norton l’invite sur deux albums. La presse le salue comme « le Chopin du boogie » (Le Figaro), le public l’adore. Il fait un buzz à la télé dans « Coucou, c’est nous », où il joue notamment avec Big Jay McNeely, un des inventeurs du Rock’n Roll au saxo.

Marathon : 24 heures au piano

Le Chopin du Boogie se produit au Moyen-Orient, en Afrique avec son orchestre. Boogie-Follies est le premier opus sous son nom propre qui connaît un magnifique succès et le fait grimper sur la scène de Bobino (Cesare Poggi séduit le fait jouer alors en Italie) et les plateaux de télévision chez Paul Vermuth ou Pascal Sevran. Tournées en Suisse, grâce au clarinettiste Jacky Milliet notamment… et surtout Claude Bolling avec lequel il se produit en duo. De retour de Tchéquie, Eddy Marouani, époustouflé par  l’aspect music-hall burlesque et souvent expressionniste des prestations de Fabrice Eulry, souhaite le produire. Il collabore avec Philippe Bouvard à Bobino. Trois semaines de spectacles en suite d’Anne Roumanoff ! 6 000 personnes saluent Déconcerto pour un seul homme. Ardisson et d’autres producteurs télé le sollicitent… Succès. Ressourcement au Québec.
Bouvard le rappelle à Bobino. Déconcerto pour un seul homme est rebaptisé : Fabrice Eulry et son piano fou. Michel Drucker l’invite sur le plateau de Vivement dimanche. 2005 : véritable marathon, il joue pendant 24 heures au Petit Journal Montparnasse. Ce qui lui vaut cinq colonnes à la « Une » du Parisien. En 2010, avec une trentaine de musiciens, il se produit à la Salle Cortot. Son style pianistique est marqué par une esthétique trans-styles. Outre-Atlantique, il joue à Boston au Faneuil Hall avec la harpiste Isabelle Perrin et en duo avec l’organiste Rhoda Scott Mars. Le 10 septembre 2015, il se produira à l’Olympia.
Mais un an avant, Fabrice Eulry, le pianiste au grand cœur, jouera à Roanne, invitant sur scène Les Starting Blocks, le groupe de rock créé par Guillaume Perrot, en hommage à ce dernier, son élève, qui devait participer à ce concert avant que la maladie ne l’emporte.

Béatrice Perrod-Bonnamour


Théâtre municipal de Roanne, dimanche 5 octobre à 15 h. Concert au profit de la recherche médicale sur l’ostéosarcome. Prévente : 20 €, sur place : 25 €. Réservations et informations sur Boogiewooguillaume@hotmail.com ou au 04 77 64 58 22.


Guillaume Perrot

« C’était un élève des plus prometteurs et des plus généreux, sa courte carrière était déjà riche », dit de lui Fabrice Eulry. Guillaume Perrot débute le piano à 12 ans. Elève de l’école de Musique de la Côte roannaise, il est ensuite élève du  Conservatoire de Saint-Etienne en piano jazz.
Son orientation : la musique afro-américaine : ragtime, boogie woogie, piano stride, blues...
Fabrice Eulry voit en lui une future étoile du piano et l’invite à son Festival international de boogie à la salle Cortot à Paris en 2007.
Avec de jeunes Stéphanois du Conservatoire de Saint-Etienne, il crée Les Starting Blocks. A leur répertoire : des reprises des années 1950 (Elvis Presley, Eddie Cochran, Little Richard, Chuck Berry, Gene Vincent...). Il monte un duo piano et voix interprétant des gospels et avec notamment Jacky Boyadjian. Atteint d’un ostéosarcome, au centre Léon Bérard à Lyon, Guillaume Perrot, joue pour les  malades, enfants et adultes de l’hôpital. La maladie l’a fauché à 26 ans.



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