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Portrait de... Fabien Boudarène : la cigale en crampons

Loire le 23 septembre 2014 - Florence Barnola - Musique - article lu 3442 fois

Portrait de... Fabien Boudarène : la cigale en crampons
Florence Barnola

Il a démarré sa carrière sur les terrains de l'ASSE. Fou de musique depuis toujours, l'ancien footballeur jongle aujourd'hui entre deux activités Il entraîne des équipes rouchonnes, monte des auditions pour le directeur de casting de The Voice, tout en préparant un album.

Fabien Boudarène arrive clefs de voiture en main, le sourire et l’allure sportive. Il n’a pas eu le temps de fumer une cigarette mais par gentillesse accepte d’y repenser plus tard. Nous avons rendez-vous place de la Terrasse avant un entraînement en fin d’après-midi à Roche-la-Molière.
Depuis le 4 août, il entraîne les Séniors 2 et les 19B Rouchons. «  C’est tout nouveau pour moi, je découvre, je ne connaissais pas ce monde là. Je suis ravi mais c’est du boulot. Tout ce qui est relatif au terrain reste facile, mais après il y a tout le côté organisationnel, gérer les présences et les absences. »
Dans le même temps, il vient de faire partie pour la première fois du jury de pré-sélection pour l’émission de TF1 The Voice, Kid et adulte. Cela s’est déroulé en août à Roche-la-Molière. D’ici peu, Fabien va recommencer l’expérience à Lyon où il auditionnera pour une nouvelle école de comédie musicale parisienne. « Bruno (Berbéres, le directeur de casting de la célèbre émission de télé-crochet, NDRL) m’a mis dessus » dit-il simplement. L’ex-footballeur a lui-même tenté de candidater pour la saison 1 : « j’ai passé les trois castings jusqu’au final des auditions. J’ai perdu devant le producteur de TF1. »
Déjà dans le milieu sportif il était connu pour avoir sa guitare à la main en toute occasion : « moi je suis un garçon de vestiaire. Je fais partie de ces joueurs dans le vestiaire qui mettent l’ambiance. Je n’étais pas le dernier pour aller faire la fête.» Petit, il s’amusait avec la guitare de son père : « elle avait une corde, je faisais du boogie-boogie. » Autodidacte de la musique - « je ne connais aucune note » - il joue néanmoins du violon, de la trompette, de la batterie… « J’aime bien toucher à tout, je suis curieux de tous les instruments. »

« Ma mère a ramassé quand on commençait à perdre »

Fabien Boudarène ne se prend pas au sérieux et garde la tête froide. « On ne peut compter que sur soi-même. J’en ai fait l’expérience quand j’étais footballeur, les copains on les a quand on l’est. Une fois qu’on n’est plus sous les projecteurs, il n’y a plus personne. » Sans amertume, il raconte la brutalité de certains supporters de foot : « dès qu’il n’y a plus de résultats, on ne peut plus se balader dans la rue. Si on fait des courses et que par exemple on achète du saucisson, on se fait critiquer… On se fait casser la voiture… Ils s’en prennent aux gamins à l’école tout ça parce qu’on a perdu un match : “ton père, il a été nul !“… Ma mère a ramassé quand on commençait à perdre. »

L’année dernière encore il jouait dans l’équipe de Feurs. Né à Saint-Etienne, à la Métare, le ballon rond est dans les gènes. Son père jouait en amateur ainsi que son oncle qui a gagné la Gambardella en 1970. « Dans le quartier il n’ y avait pas autre chose à faire à part partir en prison ou prendre de la drogue. Nous, on a choisi le foot. » Fabien commence à jouer à Beaulieu puis à l’Olympique de Saint-Etienne à 5 ans. « Chaque année j’étais surclassé. » Les études ne l’intéressent pas vraiment. « Dans mon sac j’avais les chaussures de foot et pas de cahier. Je rentrais des entraînements l’après-midi et le soir je jouais avec mon frère. » Autre passion à cette époque, l’art plastique, il ne manquait pas de dessiner en cours. Ce goût pour les Beaux-Arts, il l’a gardé et peint aujourd’hui des tableaux à l’acrylique ou au pastel.

L’étincelle qui va permettre à la carrière footballistique de Fabien Boudarène de démarrer s’appelle Baligand : « quand j’avais 13 ou 14 ans mon entraîneur de l’Olympique m’a fait passer milieu de terrain. Du moment où j’ai pris cette place tout s’est enchaîné : pré-sélections, équipe de France jeunes, l’ASSE … » Pour les néophytes, l’ancien footballeur résume : « le milieu défensif rattrape toutes les bêtises des autres. On le voit jamais, il court tout le temps et fait tout le travail pour l’équipe. » A 15 ans il se fait remarquer par Jean-Michel Larqué et Christian Larièpe qui le prennent à l’ASSE. L’année d’après il s’entraînait avec les pro et jouait son premier match en tant que titulaire. Il y a joué de 1996 à 2001 année où il part à Sochaux. « On m’a recruté par rapport au match Saint-Etienne/Marseille, 5 à 1, il y avait Jean Fernandez dans les tribunes… C’est à Sochaux où je me suis éclaté : équipe de France, match Coupe d’Europe… »

Aujourd’hui Fabien prépare son premier album pour lequel il a choisi de mettre quelques unes des 52 chansons qu’il a écrites. « C’est acoustique, calme, romantique ». Il mènera aussi l’année prochaine un grand casting pour The Voice dans l’agglomération stéphanoise. A suivre donc.

Florence Barnola

 

Date : Le 29 mars 2002, la naissance de Fanny, ma fille

Lieu : Mon studio d’enregistrement à Saint-Etienne

Personnalité : Eric Cantona

Phrase : « Bien mal acquis ne profite jamais »

Ambition : Rendre les personnes qui me sont chères heureuses



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