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Exposition : Alfred Bellet du Poisat : la révélation

Isère le 03 avril 2014 - Jacques Savoye - Actualités - article lu 996 fois

Exposition : Alfred Bellet du Poisat : la révélation
Le Stéphanois Jacques Beauffet est l'un des artisans de cette exposition exceptionnelle (D.R.)

A Bourgoin, Alfred Bellet du Poisat n’a fait que naître.

C’était le 6 octobre 1823. Mais c’est à Meyrié, non loin là, qu’il vécut jusqu’à l’âge de 7 ans lorsque son père, contrôleur des contributions directes, décida d’installer la famille à Lyon, place Louis le Grand, aujourd’hui place Bellecour. A 16 ans, il s’initiait à la peinture dans l’atelier d’Auguste Flandrin. Mais, en ce temps-là, un fils de bonne famille devait faire son droit. Répondant au désir de ses parents, Alfred s’y prêta,  rejoignant la faculté de Paris sans éteindre pour autant sa passion picturale. En effet, il intégrait l’Ecole royale des beaux-arts puis, au contact de nombreux artistes,  renonçait à la basoche. De retour à Lyon, en 1847, il pouvait d’autant plus se consacrer à son art qu’il vivait des rentes issues de la solide fortune familiale. Dans son atelier du quartier Saint-Paul, Alfred multipliait les toiles non sans fréquenter les artistes lyonnais (dont Ravier), participer à plusieurs salons et visiter Londres, l’Espagne, Genève, Rome et la Normandie.  A sa mort, en 1883, (il repose au cimetière de Loyasse) ce célibataire laissait une œuvre considérable : plus de 180 toiles et esquisses pour la plupart propriétés de collectionneurs privés.
Pour répertorier ce patrimoine, et révéler aux Berjalliens le talent méconnu de leur concitoyen, Brigitte Riboreau, conservatrice du musée de Bourgoin-Jallieu, et Jacques Beauffet, directeur du Musée d’art moderne de Saint–Etienne, ont entrepris une véritable enquête policière afin de débusquer les peintures de l’artiste. La famille de Félix Thiollier, à Verrières dans la Loire, celle d’Eleuthère Brassart à Montbrison mais aussi des galeristes et des musées (Bourg en Bresse, Grenoble, Dijon, Tours…) ont ouvert leurs collections pour cette exposition qui va du romantisme au mouvement impressionniste. Grâce à l’implication des uns et des autres (dont l’association des Amis du musée qui a contribué à l’achat de plusieurs toiles), ce sont plus de 170 œuvres tous formats (esquisses et compositions monumentales) que découvre un public étonné puis conquis par le talent et le style d’Alfred Bellet du Poisat dont le musée berjallien possédait déjà plusieurs toiles dont la célèbre « Jetée de Trouville » qui illustre affiche, catalogue et prospectus. Une exposition exceptionnelle qui se poursuit jusqu’au 24 août et qui sera agrémentée de plusieurs visites guidées et de conférences, dont une de Jacques Beauffet le 22 avril. Ici et là, l’entrée est gratuite. Et un salut d’Alfred, ça ne se refuse pas !

Jacques Savoye



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