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Export : le facteur humain - La Belgique, ce « plat pays » si près de nous...

Loire le 17 juillet 2014 - Louis Thubert - Actualités - article lu 510 fois

Export : le facteur humain - La Belgique, ce « plat pays » si près de nous...
La bande dessinée franco-belge s'est imposée comme une référence (Photo : Mathieu Ozanam)

Si proche, et pourtant différente… On aurait presque tendance à oublier que la Belgique, peuplée de francophones (mais pas que) est un pays bien à part de l'Hexagone ! Les liens culturels qui unissent nos deux pays sont nombreux et forts.

Les Belges « exportent » volontiers leurs chanteurs chez nous – Jacques Brel hier, Stromae aujourd'hui – et les liaisons Thalys entre Paris et Bruxelles feraient presque croire que, comme durant la période 1795-1814, Belgique et France ne font qu'un.
Pourtant, si minimes soient-elles, des différences existent. « C'est assez similaire à la France, mais les rapports sont tout de même plus posés. Ici, il y a plus de stress », témoigne Christine Sarrault, chef de vente à l'export chez Eurotungstène. L'entreprise grenobloise, spécialisée dans les poudres métalliques pour les outils diamantés et les matériaux réfractaires, filiale d'Eramet, a envoyé Christine Sarrault en Belgique la semaine du 16 au 20 juin 2014. « Les Belges vont privilégier le côté technique, notamment lors des négociations, poursuit la chef de vente. Le prix vient en dernier, ce qui ne veut pas dire que ce ne soit pas pris en compte. » La qualité est, selon plusieurs interlocuteurs, primordiale outre-Quiévrain.
« Les Belges sont un peu exigeants », confie-t-on chez les Tissages Recorbet, leader français du tissage à façon, installé à Croizet-sur-Gand, dans le nord de la Loire. Selon les Tissages Recorbet, il est fréquent que les clients belges renvoient un échantillon pour le moindre souci, et ils sont très pointilleux quant à leurs demandes particulières. « S'ils ont décidé que quelque chose n'allait pas, ça ne va pas. Ce n'est pas un rabais qui fera changer les choses », poursuit notre interlocuteur, qui s'est rendu sur place plusieurs fois, mais a aussi rencontré des Belges en visite en France.

« Ce ne sont pas les Japonais »

L'Europe se diviserait-elle définitivement entre deux, une moitié latine au Sud, à laquelle appartiendrait la France, et une moitié saxonne au Nord, comprenant la Belgique ? C'est ce que laisse entendre Dominique Lafaurie, commercial pour Egoparis, société rhôdanienne vendant des meubles de luxe aux entreprises. « Ils ont un fonctionnement très germanique », indique Dominique Lafaurie. Et à la peau des Français colle une image plus latine : « ensoleillée » et sympathique... mais pas forcément fiable. Alors, que faire ?
Les témoignages sont unanimes : la rigueur est de mise. « Il faut savoir être patient, analyse Christine Sarrault. Les contacts se tissent petit à petit, et la confiance belge ne se gagne pas en une fois. Un travail de fond est nécessaire, pour montrer qu'on est des gens sérieux. »
Selon notre contact chez Recorbet, la rigueur est aussi de mise, et il faut savoir être « rapide et efficace ».
Malgré cela, les Belges sont assez bienveillants envers la France. « Il y a vraiment une francophilie, y compris chez les Flamands », déclare Dominique Lafaurie. Les façons d'être sont très proches des nôtres : « Les relations ne sont pas particulièrement différentes », indique-t-on chez Recorbet. « Ils ont le tutoiement plus facile qu'en France ». « Ce ne sont pas les Japonais ! » lance aussi M. Lafaurie.
Et si en France, les « blagues de Belges » sont légion et mettent en scène nos voisins dans des situations peu reluisantes dues à une stupidité qui serait la leur, les Belges ont leur propre humour. « Ils ont beaucoup d'autodérision », explique Christine Sarrault. Elle cite ensuite la crise gouvernementale qui a agité le royaume en 2010 et 2011 (1), que les Belges ont considéré avec recul. « Ils prennent les choses moins à cœur que les Français, et savent rire d'eux-mêmes. » Après les chanteurs, les frites et la bière, un autre produit belge à importer en France ?

Louis Thubert


(1) La Belgique est restée 541 jours sans gouvernement, la plus longue crise de ce type à ce jour en Europe.

Repères

PIB/habitant pour 2013 : 34 300 € (source : ministère des Affaires Etrangères).
Taux d'exportation de la France vers la Belgique : 32,8 Md€, (+ 3,3 %).
Taux d'exportation de Rhône-Alpes vers la Belgique : + 6,4 %, alors que les échanges entre Rhône-Alpes et l'UE se sont ralentis en 2013.

Conseils à un ami

- Privilégiez l'anglais. La Belgique est un pays avec deux langues nationales. Même s'ils sont moins réticents à parler la langue de Molière avec un Français qu'avec un Wallon francophone, les néerlandophones préfèrent  le flamand, et savent parler anglais. Ne vous reposez pas uniquement sur le français : selon certains observateurs, il perd du terrain.
- Soyez rapide : les Belges prennent leurs décisions vite, et reviennent rarement dessus. La rapidité sera un gage d'efficacité et de sérieux pour eux.
- Faites attention à la qualité, critère essentiel, surtout pour une relation commerciale à long terme.



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